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2017 à Sciences Po : un an pour convaincre (2/2)

Le programme pour vous convaincre cette année ? Des tracts, des débats, des conférences, …oui, mais pas seulement. En 2017, il en faudra bien plus aux partis et mouvements de Sciences Po pour se différencier les uns des autres et faire chavirer vos sensibilités politiques.

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Un dessin d’Amandine Le Bellec

 

Comment vont-ils tenter de vous convaincre ?

Au premier semestre, les deux principaux partis préparant les primaires à droite et à gauche devront respecter la neutralité de leur section, tout en préparant le terrain à la campagne de la seconde partie de l’année. Chez Les Républicains Sciences Po, un représentant d’institut de sondage sera à Sciences Po mardi pour discuter de la fiabilité des chiffres produits (évènement en partenariat avec la Péniche).

Ensuite, ils recevront juste après la constitution des listes, Thierry Solère, organisateur de la Primaire de la droite et du centre. Ils essayeront également d’inviter tous les candidats aux Primaires, et débattront autour des thèmes qui leur sont cher : « On aime bien parler de sécurité en ce moment », remarque Alexandre Hennion, mais « on verra après ce qui vient sur la table ». Autre initiative notable des Républicains Sciences Po, ils prévoient d’organiser des élections fictives du 20 au 27 novembre, ouvertes à leurs membres et aux étudiants de Sciences Po.

Au PS Section Jean Zay, d’ici la fin de l’année 2016, des visites d’institutions sont prévues (Assemblée Nationale en octobre, Sénat en novembre), mais également une grande conférence avec un ministre, dont le nom ne tardera pas être dévoilé. Au sein même de la section, l’axe thématique sera celui de l’éducation et de l’enseignement supérieure, « parce que c’est là où le bilan de la gauche est le meilleur actuellement », admet le secrétaire adjoint, avant d’ajouter : « C’est vrai qu’on est dans une période difficile pour le PS Sciences Po comme pour le PS national. Mais on espère qu’avec la présidentielle qui va se lancer, les gens vont prendre conscience qu’il y a une nécessité de rassembler la gauche, et que quel que soit le candidat qui gagnera à la Primaire, il faudra se mobiliser pour faire gagner nos valeurs, et ce en partenariat avec, j’espère, les autres partis de gauche de Sciences Po. » En effet, le PS Sciences Po se réclame « encore plus ouvert que le PS national » et en tant que section de jeunes, souhaite « dialoguer avec les autres forces de gauche ».

Au FN Section Jean Moulin, on compte « faire vivre le message du Front National à Sciences Po », autour d’« Apéros Républicains » ou encore de débats avec des partis, des associations ou penseurs. C’est lors de ces évènements que les membres du FN vous parleront du « projet politique comme les autres » que porte Marine Le Pen. « Le thème principal, c’est la souveraineté » : la sortie de l’Union Européenne, l’écologie-patriote, « la fraternité par la Nation », « la réduction de l’immigration », « l’opposition au néo-libéralisme », l’affirmation de l’autorité « dans le pays comme dans une salle de classe », et la réaffirmation de la laïcité dans l’espace public, « pour nous, tout découle de la souveraineté », explique une militante de la section.

Des idées qu’ils espèrent pouvoir défendre à Sciences Po dans un cadre plus serein que celui de leur première année d’existence : « L’année dernière c’était plus compliqué pour nous car on était moins nombreux, les médias tournaient beaucoup autour de nous, dès qu’on faisait la moindre action, les caméras accouraient », ajoute-t-elle.

les membres du FN vous parleront du « projet politique comme les autres » de Marine Le Pen

A l’UDI Sciences Po, quatre grands thèmes seront défendus : le libéralisme économique, une intégration européenne plus poussée, une action écologique « pragmatique et efficace qui puisse intéresser n’importe quel étudiant dans cette école », et une vision progressiste et humaniste pour la société. Une première conférence avec Louis Giscard d’Estaing se tiendra début octobre, et une autre avec Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI, plus tard dans l’année. Des débats également sont à prévoir, avec des associations aux idées proches (Think Libéral avec qui ils partagent « une affection pour le libéralisme »), mais aussi aux positions différentes (comme avec le FN l’an dernier sur la question européenne). En effet, comme l’affirme Benjamin Gilet, « L’UDI peut débattre avec tout le monde, et a son mot à dire sur beaucoup de choses ». Le parti aimerait de ce fait tenir « un rôle de précurseur » d’idées au sein du débat politique à Sciences Po.

« L’UDI peut débattre avec tout le monde, et a son mot à dire sur beaucoup de choses », Benjamin Gillet, président de l’UDI Sciences Po

Sciences Po En Marche, qui vient d’arriver, attend que le bilan de la « Grande Marche » d’Emmanuel Macron soit effectué pour ensuite formuler des propositions plus précises « d’ici un mois et demi » : « beaucoup de gens ont posé la question du programme quand on a fait la réunion de rentrée » relate Paul Fleurance. « Mais je pense que la première chose, c’est la démarche, et c’est ça qui convainc actuellement les français. » C’est donc une fois les équipes de Sciences Po constituées que la réflexion sur les thèmes et activités à mener au sein de l’école se lanceront : « ce sera sans doute lié soit aux domaines de compétences des étudiants à Sciences Po, soit à la vie étudiante, en tout cas aux thématiques universitaires. »

« Mais je pense que la première chose, c’est la démarche, et c’est ça qui convainc actuellement les français. », Paul Fleurance, président de Sciences Po en Marche

De son côté, La France Insoumise Sciences Po annonce d’ores et déjà qu’elle ne se cantonnera pas aux moyens classiques de faire de la politique à Sciences Po : « A Sciences Po, oui on va faire des conférences, comme tous les partis, oui on va inviter tel ou tel membre [du mouvement national] plus ou moins éminent, mais notre but c’est de rendre la politique sympathique ». Cela passera par la diffusions des éditions programmatiques et des universités populaires de La France Insoumise, par l’organisation de soirées étudiantes, et surtout, parce que le « but est vraiment de travailler sur le terrain », par la mise en place de nouvelles Caravanes Insoumises (« Caravanes pour l’égalité des droits ») en Île de France.

« Notre but c’est de rendre la politique sympathique », La France Insoumise Sciences Po

De manière générale, leurs actions tourneront autour des sept grands points qui guideront les conventions programmatiques de Jean-Luc Mélenchon : le partage des richesses, la planification écologique, la convocation d’une assemblée constituante et le passage à une VIème République, la sortie des traités européens, la restauration de l’indépendance de la France pour la paix, une réflexion sur le progrès humain et sur les frontières de l’humanité. De plus, ils tiennent à rappeler que « La France Insoumise n’est pas une affaire de parti mais d’individus » et que « tout parti, toute association, tout syndicat ou tout citoyen, qui souhaite soutenir la campagne de Jean-Luc Mélenchon, et surtout son projet, est le bienvenu ».

« Faire de la politique autrement », c’est également le but des Ecolos Sciences Po qui souhaitent poursuivre leurs actions sur le modèle des techniques d’éducation populaire. « A Sciences Po, on a organisé ce qu’on appelle des auto-formations » : « ce sont vingt personnes qui échangent ensemble leurs idées, leurs solutions, et une personne spécialiste apporte des outils pour la réflexion » explique Lucas Rochette-Berlon. Cela s’est fait l’année dernière sur des sujets comme la légalisation du cannabis, le fonctionnement du revenu de base, ou encore sur la désobéissance civile. « La Semaine des Alternatives » est également un projet qu’ils aimeraient reprendre cette année, en collaboration avec les autres partis et mouvements de gauche.

Alors, prêt(e) pour 2017 ?