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2017 : Un an avant, quels pronostics chez les sciencespistes ?

Quel candidat soutenir, quel vainqueur ? A un an de ce grand rendez-vous politique que sont les élections présidentielles françaises, l’émulation ne cesse de croître. A l’aube d’une campagne plus chargée que jamais, La Péniche a rencontré les sections politiques de Sciences Po qui rythmeront l’année universitaire à venir. Tour d’horizon de leurs différents sensibilités… et pronostics !

© Un dessin de Gabrielle Radet

Quel candidat soutenir ? Entre évidence et prudence

À un an de l’échéance, le doute plane encore. Qui seront les candidats officiels et définitifs ?

Si du côté du Front National, la candidate Marine Le Pen semble déjà investie de la légitimité et de la confiance de son parti, les autres candidats ne sont encore pas formellement désignés. Attente des primaires pour la droite, incertitude quant à la décision du Parti socialiste d’ouvrir des primaires ou de reconduire le président sortant, et tergiversations à l’UDI sur un accord « centro-compatible » avec le candidat sortant de la primaire de la droite laissent planer le doute.

Ces clivages se ressentent au sein même de sections politiques à SciencesPo. Sans surprise, la section « Jean Moulin » du Front National soutient sans réserve la candidate Marine Le Pen, chef de file réunificatrice du « camp patriote » de par « son énergie » et « sa cohérence ».

Les Républicains de SciencesPo, eux, ne soutiennent officiellement aucun candidat aux primaires. Ouverts à toutes les tendances de la droite et du centre, nul n’est jugé suffisamment hégémonique. Avis aux fillonistes, juppéistes, sarkozystes ou lemairistes, la section est « tout cela à la fois, et bien plus encore ». Attendons novembre 2016 pour voir se dessiner des positions plus précises.

© Les Républicains Sciences Po

Au niveau national comme sciencepiste, l’UDI suit la volonté des adhérents s’étant prononcés à 66,56% contre la participation de leur parti à une primaire de la droite. Ils soutiendront un candidat indépendant si le candidat désigné par la primaire n’est pas capable de défendre un accord de gouvernement faisant consensus chez les centristes. Avec pour mot d’ordre de ne pas faire de prosélytisme, bien que les critiques et les discussions soient les bienvenues.

Quant à la section  « Jean Zay » du Parti Socialiste, elle soutiendra le candidat Hollande si celui-ci atteint l’objectif ultime de son quinquennat : la diminution du chômage. Patience donc.

 

Un phénomène en plein essor : les primaires   

A droite comme au centre, les primaires préoccupent, tandis qu’elles ne sont pas encore définitivement écartées à gauche. Introduite pour la première fois de manière ouverte à tous les électeurs inscrits sur les listes en France par le parti Socialiste en 2011, cette pratique tend aujourd’hui à s’intensifier.

Cependant, les positions divergent : outil démocratique reconnu et permettant le débat d’idée selon le PS, l’UDI déplore néanmoins que ce soit surtout un rendez-vous de parti dans une période ou le débat devrait être plus participatif.

Autre son de cloche chez Les Républicains, qui se basent sur la légitimité d’une majorité de militants soutenant ce processus dit de primaires ouvertes. Sans toutefois balayer l’inquiétude légitime chez certains de voir ces primaires devenir un théâtre de division, elles doivent permettre de désigner clairement un candidat capable de contrer François Hollande et Marine Le Pen. Notons également une nostalgie d’un temps où le leader s’imposait naturellement sans passer par un tel biais…

A revers, le FN s’oppose à ce principe. Le parti déplore en effet un « non-sens », la présidentielle devant être selon lui la rencontre entre un homme ou une femme avec un peuple. Dès lors, les primaires enfermeraient le candidat dans une logique partisane : faut-il rassembler une couleur politique avant une population ? Pour ou contre, l’épée de Damoclès formée par les primaires doit être intégrée par les partis avant qu’elle ne s’abatte sur eux dès le mois de novembre.

© FN Sciences Po

Quel engagement des sections dans la campagne présidentielle ?

Nous le savons, les sections politiques de SciencesPo sont souvent un vivier de militants très impliqués dans les différentes campagnes mais également un relais au sein d’une institution où la politisation est importante.

Elles auront ainsi à cœur de proposer des évènements, des débats et des confrontations afin de défendre et de donner une visibilité à leurs positions. Dès ce 26 avril vous pourrez par exemple assister à un débat entre la section « Jean Moulin » du FN et la section de l’UDI.

Les Républicains soulignent que les sciencepistes ont d’ores et déjà pu rencontrer Nathalie Kosciusko-Morizet ou encore Bruno Le Maire ce semestre. Les sections n’en oublient pas pour autant le monde extérieur et actif.

« Les cahiers de la présidentielle » pour la section Jean Zay et le projet de l’UDI Jeunes porté par Simon Holley et Alexandre Misplon s’articulant autour d’une dizaine de commissions thématiques, sont autant d’exemples de la participation à des projets de réflexion plus larges.

Des actions militantes plus concrètes viennent les compléter, entre collage d’affiches et tractages aussi bien du côté du FN Sciences Po que de la section PS.

Les Républicains soulignent la « source précieuse » que sont leurs militants. Un grand nombre d’entre eux comptent parmi les dirigeants nationaux des comités de campagnes des candidats. La section se revendique d’ailleurs d’être un tremplin direct vers les équipes des candidats.

 

Quels résultats ?

A un an, rien n’est joué. Craintes et visions divergentes laissent libre cours à toutes les spéculations. Premier état de fait, les primaires tourmentent Les Républicains. Peur d’abord de voir une participation inférieure à la primaire de la droite et du centre qu’à celle organisée par le PS en 2011, mais aussi crainte d’accusations de fraude, ou encore d’avoir un vainqueur qui ne serait pas loyalement soutenu par les candidats défaits. Le pire des scénarios resterait quand même pour eux de voir les français devoir choisir entre Marine Le Pen et François Hollande au soir du 1er tour.

L’UDI redoute la réélection d’un président impopulaire, de gauche ou de droite autant que l’éclatement de son propre parti et plus largement du centre.

© UDI Sciences Po

Le Parti socialiste craint un score élevé de l’extrême-droite tout comme le retour au pouvoir d’une droite qui s’est radicalisée.

Enfin, le Front National ne confie aucune crainte, et se dit confiant de par son « programme cohérent », sa « légitimité accrue » à l’issue des dernières élections régionales, pour la section, l’important est de continuer à rassembler.

Enquête réalisée sur la base d’un questionnaire envoyé à toutes les sections politiques de Sciences Po. Les sections mentionnées dans l’article sont celles nous ayant donné des réponses exploitables.

  • #JLM2017

    Ne manque-t-il pas les soutiens du candidat en 3ème place dans les sondages, le candidat de la France Insoumise ?