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3 phrases à retenir du Grand Oral d’Arnaud Montebourg

Ce mardi soir, l’amphithéâtre Boutmy était sous le signe du « Made in France » avec la présence d’Arnaud Montebourg. Cette deuxième édition du Grand Oral a voulu se démarquer de l’édition précédente où la présence de Jean François Copé, candidat à la primaire de la droite, avait davantage agité les rangs du public. Candidat pour les primaires de la gauche, l’ancien ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique s’est pris au jeu du Grand Oral : les questions ont fusé et ont touché de nombreux thèmes :  son programme, son expérience au sein du gouvernement, sa vision du patriotisme, son rapport au numérique, jusqu’à sa vision de l’éducation.

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Montebourg a adopté la marinière de la Péniche.

 

Lors de ces deux heures, Arnaud Montebourg, celui qui se décrit « un et indivisible comme la République », a pris le temps de partager ses convictions personnelles, intimes et politiques. Durant ce moment d’échange avec les étudiants de Sciences Po, le candidat s’est livré sur son passé et les évènements qui l’ont construit, avec un ton honnête et sincère. Enfant de la Nièvre, circonscription de François Mitterand, Montebourg a longuement rappelé son attachement à ses racines bourguignonnes, bien différentes de ses années à Saint-Germain-Des-Près.

Plus tard, notre invité a dû faire face à un Grand Témoin de taille : Robin Rivaton, conseiller de Bruno Le Maire et éditorialiste farouchement opposé au programme du candidat anti-libéral. Cet échange d’opinions diamétralement opposées a souligné encore une fois les positions de Montebourg qui souhaite restructurer dans son ensemble l’économie et la politique française. La Péniche revient maintenant sur cette soirée riche en confidences avec trois phrases marquantes.

« Il y a une maladie française qu’il va falloir quand même combattre : c’est un rééquilibrage. »

Face à Robin Rivaton, le débat fût d’entrée de jeu véhément. Montebourg a été rappelé à l’ordre sans ménagement, sur son programme « qui sentait la naphtaline ». Le candidat a alors défendu ce dit programme, qui, contrairement aux dires de son adversaire, était à l’image du renouveau qu’il souhaite pour la France, et non une répétition. « Qu’est-ce qu’il y a dans le monde d’Arnaud pour changer la France ? » L’invité à répondu à cette missive de son opposant avec différentes propositions.

L’ancien ministre a très vite dénoncé la véritable « dégénérescence du système politique » français et européen, et a fait part de quelques projets de réformes plus ou moins concrètes, comme sur le principe d’égalité et la structure économique. « On a besoin de confiance en démocratie comme on en a besoin en économie » martèle le candidat : il faut cesser de suite l’austérité qui ne serait pour lui que synonyme de chaos.

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Crédits : Yann Schreiber

Montebourg veut redonner confiance, et le rééquilibrage qu’il souhaite se fera sans libéralisme : « Je ne pense pas que le monde de la liberté totale est l’avenir de l’humanité : partout la colère gronde ».

« Ma définition du patriotisme, c’est celle de Romain Gary : « le nationalisme c’est la haine des autres, le patriotisme c’est l’amour des siens ». »

Suite à l’immense succès de sa couverture pour le Parisien Magazine, où Montebourg brandit fièrement un Moulinex vêtu d’une marinière, les journalistes du Grand Oral ont voulu revenir sur sa vision du patriotisme, dans la lignée de sa doctrine Made In France. Celui-ci, de manière surprenante, s’est rapidement éloigné de son patriotisme économique traditionnel, pour évoquer à l’assemblée son amour de la Nation. Rejetant les effets néfastes du nationalisme, l’homme de gauche a rappelé à quel point les français étaient « les pires procureurs de la France ». Nous aurions tendance, en effet, à omettre que notre pays est « envié, aimé, chéri, sur les quatre continents ». Ainsi, le grand invité a confié son affection pour la France et ses valeurs en reprenant une citation de Gary, pourtant gaulliste et à la vision politique éloignée de Montebourg.  Une stratégie qui fonctionne, puisque l’ancien ministre en profite pour réaffirmer la beauté de la pluralité de la scène politique française et de la France en général.

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Arnaud Montebourg expose ses convictions. Crédits : Yann Schreiber

« La France a besoin d’écrire son histoire avec ses deux mains : la droite et la gauche. »

Par cette métaphore, Montebourg a voulu rappeler le rôle de la gauche au cœur de l’histoire. Celle-ci aurait eu en effet un rôle crucial dans les temps forts de la société française comme : « ça a été le front populaire, ça a été la résistance, ça a été la libération : ça a été une grande page de l’histoire partagée par les français ». Malgré tout, Montebourg souligne le rôle prégnant de la droite dans l’histoire moderne de la France et vient même à parler d’une « construction bicéphale » de l’histoire entre la gauche et la droite. Ainsi, Montebourg déroge à la tendance actuelle d’effacer le bipartisme traditionnel au sein de la société française, bien qu’il soit conscient que cette construction est mise en danger par le populisme rampant.