Vie du campus

3A au Royaume-Uni : Compte rendu de la réunion d’information

UKCoup d’envoi de la longue période de stress pré-troisième année, la réunion d’informations organisée par la DAIE pour les étudiants souhaitant partir ou bien au Royaume-Uni ou bien en Irlande s’est déroulée jeudi dernier. Amphi comble, sourire gêné de la responsable qui nous balance dès le début que si 400 étudiants sur les 500 présents veulent partir à Londres, 399 auront en fait le choix entre Sheffield et Birmingham. Bref, une réunion classique qui entame le cycle de conférences dédiées aux pays anglophones. Elle a eu le mérite de fixer un calendrier précis et de mettre les points sur les i en listant les éléments principaux de la préparation à l’année « hors les murs ».

Pourquoi partir ? Premier titre du power point. Pintes et rugby ? Pas assez crédible pour l’administration. Mme Agueda Perez, chargée de Mission pour le Royaume Uni et l’Irlande, nous donne donc quatre sérieuses raisons d’y aller : des universités d’excellence (une fac sur cinq dans les Top 100 mondiaux est britannique et/ou irlandaise) ; un projet éducatif très différent, qui responsabilise l’étudiant en lui laissant beaucoup de temps libre pour travailler et lire seul ; un marché de l’emploi très souple (aucun inconvénient à voir un étudiant en psycho-socio à Exeter devenir analyste financier à la City) ; l’avantage du « proche… mais si différent » : les flippés de la distance n’auront pas besoin de partir en Patagonie pour être dépaysés (preuves à l’appui avec un power « vive les clichés » point, où se suivent Big Ben et les Highlands enneigés, dont on peut largement profiter pendant les vacances, les cours ne commençant qu’en octobre) ; une destination accessible financièrement : en effet de nombreuses bourses (notamment Erasmus) sont octroyées pour les destinations européennes et il est (apparemment) assez simple de trouver un job, à Londres aussi bien que dans les villes-campus comme Oxford.

Bien qu’il soit évident que tous les étudiants présents veuillent partir au Royaume-Uni et/ou en Irlande – ces réunions n’étant pas reconnues pour leur fun – Mme Perez tente une dernière fois de nous convaincre des avantages que présente la désormais divine Albion. Et se livre donc à une bataille sans merci contre les clichés les plus répandus : la pluie, les villes « industrielles donc moches », l’ennui maximal dans les petites villes-campus (qui en vérité fonctionnent autour et pour la vie étudiante), la peur que suscitent les accents…

IrlandeLa réunion continue et l’on passe à des aspects plus pratiques. Démarche, projet, CV. Le voyage de troisième année au Royaume-Uni et/ou Irlande se déroule dans le cadre européen Erasmus, c’est-à-dire que les facs partenaires de Sciences Po nous ouvre un seul département : Business, Economics, European Studies, Politics, Geography, Law, Social Sciences, mais aussi le très ouvert Modern Languages ou enfin Journalism. Il faut donc établir son projet en fonction du département dans lequel on souhaite étudier. Cependant, en s’y prenant correctement, le cadre n’etant pas si rigide, on peut suivre des cours dans d’autres départements. Pensez d’ailleurs à choisir votre université en fonction des programmes undergraduate, bien différents des masters. Les classements mondiaux fondent souvent leurs appréciations sur les cycles de masters, et peuvent donc être trompeurs. L’université écossaise de Saint-Andrews est alors évoquée : elle offre un excellent programme undergraduate, bien qu’elle soit souvent oubliée par les étudiants.

La liste des universités partenaires se trouve sur le site de la DAIE. Mme Perez est revenue durant la réunion sur trois nouveaux accords, ouverts cette année : Journalism à la City University de Londres, History à la Durham University, General Course à la LSE.

Sciences Po pense la troisième année comme une expérience d’ouverture de longue durée : découvrir de nouvelles matières, de nouvelles pédagogies, de nouvelles approches. Bien que l’administration insiste sur le fait que cette année soit une opportunité pour préparer et affiner votre projet professionnel, partez pour étudier ce qui vous plait, pas forcement pour préparer votre master.

Vient le temps des « règles générales » et de la « procédure » : on nous indique d’abord que quatre de nos six choix d’université seulement peuvent se faire dans un même pays. On nous enseigne ensuite comment élaborer un dossier : pierre angulaire de notre future réussite, grosse pression. La lettre de motivation est l’élément essentiel du dossier : elle comporte sept paragraphes et explique au jury les raisons de notre motivation. L’un est consacré à la présentation générale de notre projet, qu’il soit pédagogique, professionnel, personnel, ou linguistique. Les six autres sont consacrés à chacun des six choix d’universités. Elle peut, dans le cas du Royaume-Uni et de l’Irlande, être rédigée en anglais ou en français, sans distinctions. La lettre étant relativement courte (deux pages grand maximum), il s’agit d’être net et précis : Mme Perez nous supplie d’éviter les banalités pour se consacrer véritablement à une dissection du projet, d’expliquer le pourquoi du comment ce celui-ci. L’originalité et la fantaisie payent, alors n’hésitez pas à sortir des sentiers battus. A cette lettre s’ajoutent pêle-mêle un CV, un certificat de test de langue (IELTS/TOEFL en fonction de la faculté que l’on veut fréquenter), ainsi qu’un bulletin de notes de première année. Oxford et Cambridge réclament au moins 14 de moyenne générale, et LSE exige 13 minimum.

Pour les indécis, des rendez-vous individuels sont nécessaires. Mme Perez élaborera une liste de choix avec vous, en fonction des matières, du « cadre » qui vous intéresse et du projet professionnel dont vous lui ferez part. Ne pas arriver bille en tête : se rouler par terre pour exiger LSE ou King’s est le meilleur moyen de ne pas l’obtenir.

Les sources d’informations sont nombreuses : à Sciences Po même, la DAIE se tient à votre disposition, et a mis en place un moteur de recherche pour vous aider à mieux réfléchir à votre projet. Les rapports de stage, mines d’informations subjectives, ont depuis longtemps remplacés Proust sur les bancs de Sciences Po, aucun intérêt à revenir là-dessus. Ne pas négliger non plus la présence à Sciences Po d’étudiants en échange. N’hésitez pas à les contacter par l’intermédiaire de Cheers, l’association franco-britannique de Sciences Po, qui mettra rapidement en place un Buddy Program dans le but de nous faire rencontrer ces étudiants. Regarder également les classements mondiaux et se renseigner directement sur les sites des universités, pour capter la teneur des cours proposés et des associations présentes, complète le tableau.

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