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Mais à quoi sert la 2A ?

« Choisir quelques enseignements électifs tout en gardant la perspective pluridisciplinaire qui caractérise Sciences Po. » C’est ainsi qu’est décrite la 2A sur le site de notre bien aimé établissement. Pourtant, entre les différents électifs aussi insolites les uns des autres, la 2A est aussi l’année de la spécialisation. Alors entre 1A et 3A, entre découverte de la vie étudiante et départ à l’étranger, à quoi sert vraiment la 2A ?

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Des étudiants en amphi Boutmy. Photographie : Lina Skoglund

Un cursus encore très généraliste

 « L’objectif de la 2e année reste d’approfondir la formation générale dispensée en 1ère année ; elle n’a pas pour objet d’offrir une spécialisation, qui est mise en œuvre en master. » explique Sylvie Herlicq, Directrice exécutive au Collège universitaire. Il ne s’agit donc pas de se spécialiser mais d’encourager la curiosité des étudiants pour une matière en particulier.

N’en déplaise aux principaux concernés.  « La 2A devrait être plus spécialisée »  regrette Léonor, cette ex-élève de deuxième année, fut déçue de l’enseignement resté « très/trop général » malgré sa spécialisation en droit. Mais c’est aussi cela SciencesPo, la pluridisciplinarité, la possibilité pour les élèves de ne se fermer aucune porte. Cet aspect est illustré par l’expérience de Fatima : « J’étais au premier semestre en approfondissement économie et j’ai changé au deuxième semestre pour un approfondissement droit. Il est donc possible de changer entre les deux semestres (…) C’était une démarche vraiment facile. »

Malgré cette possibilité et la caractéristique pluridisiciplinaire, les deuxièmes années semblent plutôt se décider en préparation de leur avenir, à l’image de Camille : « J’ai choisi de me spécialiser en économie. C’est en effet la matière qui m’intéresse le plus, et qui est la plus cohérente avec mon projet de master. »

 
Une 2A plus professionnelle avec SciencesPo 2022 ?
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Le document d’orientation stratégique SciencesPo 2022 présenté par la direction avant l’été

 « J’attends que la deuxième année soit professionnalisante. » C’est sur cette voie, chère à Camille actuellement en deuxième année, que s’engage l’administration avec le document d’orientation stratégique « SciencesPo 2022 ». Il y est notamment proposé de mettre en place « des programmes [qui] faciliteront la réflexion des étudiants sur leur parcours à venir ».  Cette décision est très bien accueillie à un moment où la question du choix de master se pose : « J’hésite encore entre deux masters et pourtant je suis allée à la semaine de l’orientation, il y a donc une marge de progression. » déplore Fatima.

Prolonger l’expérience professionnelle du stage de terrain de première année avec une meilleure information des étudiants au sujet de leur orientation semble être adéquate. Ce contact avec la vie active se prolongerait par la participation à des « enquêtes en lien avec les centres de recherche ». Actuellement proposé uniquement en master, cette mesure permettrait aux étudiants de se découvrir un intérêt pour la poursuite de leurs études en doctorat – à SciencesPo ou ailleurs.

Malheureusement, aucune précision n’a pu être obtenue sur la forme que ces deux mesures prendraient. « la réforme n’est pas encore formalisée : un comité de réflexion a été créé, qui va proposer des aménagements pour les trois années du Collège. » explique Sylvie Herlicq. La réforme paraît donc encore bien loin mais « risque d’amoindrir l’aspect « vacances » du collège U » plaisante Léonor.

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Et à côté ?

Comment aborder la scolarité à SciencesPo sans parler de la vie associative ? En deuxième année, elle paraît en effet beaucoup plus présente. Léonor et Fatima s’accordent toutes deux à dire que leur engagement était beaucoup plus marqué en 2A. Fatima, elle, en a même profité pour mener son propre projet en créant sa propre association. « Sciences Po nous offre des opportunités qu’on ne retrouve pas ailleurs. Il faut en profiter (…) C’est un investissement personnel conséquent et très enrichissant ! » remarque-t-elle. L’organisation de conférences ou l’établissement de partenariats, par exemple, peut s’avérer être un « plus » sur un CV et constituer une véritable expérience.

Le président du BDE Pierre-Louis Lagnau dans un épisode de la série 27 sur la préparation de la 3A

Préparer sa 3A, c’est crevant ! Le 27 – Préparer sa 3A https://www.youtube.com/watch?v=lP8fBqdBpZA

On prépare aussi sa 3A évidemment. Que ce soit en révisant son anglais en faisant des séances intenses d’e-learning pour majorer l’IELTS ou en parcourant par centaines les sites d’universités étrangères, la 3A occupe toutes les têtes. Mais ne vous en faites pas quant à vos affectations, les résultats aux examens ne comptent pas tant. « Tout dépend du projet et de la lettre de motivation. Je ne le répète pas assez, mais vous pouvez être Summa ou Cum et avoir votre 3ème ou 4ème choix si vous ne montrez pas que vous êtes fait pour CETTE université et pas une autre. » explique Fatima. Et Léonor d’ajouter : « Ma moyenne très moyenne (justement) m’a tout de même permis de demander une bonne université au Canada ! » Voilà de quoi être rassuré !

Finalement c’est peut-être Camille qui résume le mieux la 2A telle qu’on l’attend : « La 2A est pour moi l’année qui doit nous permettre d’affiner notre projet professionnel, tout en ayant le temps de s’enrichir à travers des activités culturelles, sportives et associatives. » Alors quel souvenir ? « Le collège U me laisse des souvenirs incroyables, dans quelle autre école bénéficie-t-on à la fois d’un excellent enseignement et d’une opportunité de sociabilisation pareille? » répond Léonor. A la veille, du départ en 3A se mêle excitation et amertume, « J’ai envie de redoubler ma 2A pour tout recommencer ! » avoue Fatima, alors qu’elle entre au King’s College de Londres.