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BDE : les co-signataires de la pétition pour « plus de décence » à Sciences Po s’expliquent

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A rebours des festivités de la campagne BDE, une pétition pour réclamer « plus de décence à Sciences Po » a circulé la semaine dernière à l’initiative d’Antoine Vermorel, Marine Denis et Davy Rodriguez de Oliveira. Signée par près de 250 étudiants, les trois co-premiers signataires répondent à nos questions pour mieux comprendre leur démarche.

La pétition pour plus de décence à Sciences Po a fait grand bruit cette semaine : quel est l’objectif de cette démarche ? 

Nous avons été nombreux à nous émouvoir de la campagne qui avait cours à SciencesPo . Les dépenses considérables ont interrogé et la question de la transparence abordée sur votre site en parallèle ont été vecteurs de mobilisation. Nous sommes des étudiants actifs et membres de diverses associations. Nous avons estimé qu’il était utile de faire entendre notre voix. La pétition en ligne est le moyen le plus démocratique pour donner la parole à ceux qui votent mais ne se reconnaissent pas dans la campagne.

Vous avez été reçu par la direction de la vie universitaire. L’administration s’est elle dite favorable à votre initiative ?

Soyons clairs : nous ne sommes pas dans une démarche dogmatique, de type « anti-BDE ». Nous pouvons être fiers du dynamisme de notre BDE et les évènements qu’il organise chaque année fédèrent nos différentes promotions. A ce titre, nous tenons à souligner le travail accompli par Pierre Louis Lagnau et le bureau actuel. 

Néanmoins, nous pensons qu’une concertation doit avoir lieu entre la Commission paritaire, l’actuel BDE, le prochain bureau, et tous les étudiants qui souhaitent s’investir pour une campagne démocratique et responsable. Nous avons expliqué cette démarche d’ouverture et de propositions à l’administration. Cette dernière apprécie la méthode.

Votre initiative a été critiqué par de nombreux étudiants sur Facebook qui se demandent au fond sur quel fondement on irait se mêler de la manière dont les listes emploient leur argent. Que répondre à ceux qui considèrent que les listes se sont démenées pour gagner cet argent et qu’il ne serait légitime de les en priver ? 

Notre émoi a été instrumentalisé à des fins pernicieuses. Certes, nous nous interrogeons quant au montant des dépenses, mais surtout quant à son utilisation. Nous ne revendiquons évidemment aucun droit d’ingérence et nous appuyons le travail formidable réalisé par les deux listes.

Lever 25 000€ auprès de sponsors privés nécessite beaucoup d’efforts – et nous sommes suffisamment impliqués dans des associations pour le savoir. Nous voulons simplement interpeller quant à la bonne utilisation de cet argent : avec 25 000€, le BDE ne pourrait-il  pas faire mieux que d’acheter les votes étudiants avec un taureau mécanique ?

Si la campagne BDE est véritablement démocratique, nous pourrions aborder avec le nouveau bureau la question du plafond des fonds accordés, la transparence du fundraising et la tenue des événements organisés. 

« On pourrait envisager que l’argent donné par les sponsors serve à remplir un pot commun électoral. Les candidats élus pourraient disposer de cette somme pour allouer des subventions aux associations ». Cette proposition concrète ne risque-t-elle pas d’amener à des dérives clientélistes ?

Vous le soulignez, nous proposons. Nous ne sommes pas dans une opposition réactionnaire, c’est la raison pour laquelle nous avons échangé avec différents interlocuteurs, y compris syndicaux, et nous sommes arrivés à un constat : une concertation quant au mode d’élections du BDE doit être engagée. 

A titre d’exemple, nous avons pensé qu’un pot commun permettrait d’ajouter un argument supplémentaire à la campagne. In fine, c’est une logique d’output legitimacy : au delà de l’élection les membres du BDE ont une mission de fundraising fondamentale et il est important de la valoriser. Quel nouvel élu refuserait de disposer d’un pot commun de 25 000 € ? Nous pourrions très bien envisager un plafond de dépenses pour les goodies et les tartines au nutella (franchement, nous aussi, nous n’y résistons pas, conservons les). Mais 25 00€ pour la location d’attractions, c’est non. 

Supprimer l’élection BDE et établir un renouvellement par cooptation comme à l’AS ne serait-il pas une bonne alternative ?

Nous devons être cohérents. Nous critiquons le manque de démocratie et de transparence. A nos yeux, seul le dialogue entre les différents acteurs mettra en avant des solutions viables. Les réponses qui seront alors apportées devront répondre à ces exigences.

Mais en tout état de cause, il nous faut d’abord se mettre autour de la table, discuter, concerter et faire changer les choses. Au fond, cette pétition aura eu le mérite d’ouvrir un débat afin d’améliorer la vie associative de notre école. 

Categories: Actualités, Vie du campus

Tagged as:

  • B.

    La campagne du BDE « indécente »?? Les ESC, ingénieurs et autres futurs mèdecins doivent se tordre de rire…

  • GrégoireDurand

    « Notre émoi a été instrumentalisé à des fins pernicieuses. »
    « Nous ne sommes pas dans une opposition réactionnaire (…) »
    « In fine, c’est une logique d’output legitimacy »

    Vous faites un concours de langue de bois ? On peut jouer ?

  • No pasarán

    Qu’elle belle brochette de nazes!

  • No pasarán

    Quelle bande de nazes…

  • Nicolas

    Très bonne initiative! Est-il possible d’avoir le lien pour signer la pétition?

  • H.E

    Ils lèvent des fonds et les gèrent comme bon leur semble. La campagne BDE c’est aussi un moment de folie où oui, on peut se payer un délire à 2000€ and so what? D’ailleurs pourquoi serait-ce au BDE de financer les assos, il n’y a pas de paternalisme. Il faut arrêter de tout vouloir rationnaliser, sans quoi on s’ennuierait sacrément au 27…

  • .

    « Vous avez été reçu »s
    « Votre initiative a été critiqué »e

  • Sacha

    Les puritains arrivent à SciencesPo

  • Émile Boutmy

    C’est pas possible d’être aussi con…