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Bilan d’une année de campagne(s) aux Républicains de Sciences Po

En cet entre-deux tours mouvementé, une autre campagne a débuté au sein de la section Chaban-Delmas, plus connue sous le nom d’association des Républicains Sciences Po. En effet, le 2 mai prochain, la section élira celui qui sera son président pour l’année 2017/2018. Deux candidats sont dans les starting-blocks : Jason Graindepice et Omar Ben Abderahmen, tous deux en 3A cette année. Pour obtenir les suffrages des membres de l’association, les deux prétendants à la direction de la section ont dû se plier à un certain nombre de règles. Publication d’une profession de foi, débat opposant les deux candidats, militantisme auprès des jeunes étudiants…

Après avoir soutenu la campagne de François Fillon pendant plusieurs mois, Jason Graindepice et Omar Ben Abderahmen n’ont pas hésité à s’investir de nouveau dans cette élection tout aussi déterminante pour l’avenir des Républicains Sciences Po. Mais quelles sont les qualités que doit réunir un étudiant aspirant à diriger une section politique de 168 adhérents ? Selon Camille Chevalier, actuel président de l’association, ce sont « le dynamisme et la motivation qui l’emportent », bien qu’il soit également nécessaire d’avoir « des contacts au niveau national, pour convaincre les élus de venir à Sciences Po ».

 

« Nous sommes des étudiants, pas des ministres ! »

Les deux candidats à la présidence peuvent en tout cas s’appuyer sur un CV plutôt bien rempli et sur plusieurs années de travail sur le terrain. Au-delà de son investissement à Sciences Po, Omar Ben Abderahmen est actuellement engagé en politique dans son département, la Haute-Loire. Il y est devenu le « plus jeune délégué de circonscription de France », travaillant auprès du député Jean-Pierre Vigier. Le jeune candidat, qui revient d’une 3A à Bangkok, déclare avec enthousiasme : « Je me suis engagé dans cette association dès le premier jour de ma scolarité ». Pourtant, après deux ans de militantisme au sein de la section, l’étudiant considère que celle-ci est parvenue « à la fin d’un cycle » et que « l’association doit avoir une image beaucoup plus sympa, beaucoup plus ouverte ». Comment y parvenir ? En mettant en place des événements susceptibles d’intéresser des élèves qui ne seraient pas forcément de droite. Omar Ben Abderahmen souhaite par exemple organiser des visites de start-ups, ainsi que des conférences en anglais afin d’y convier des hommes politiques étrangers. Le délégué de circonscription prône donc un renouvellement des activités de la section Chaban-Delmas. Après 2 années de militantisme de la section, il considère que si l’ association des Républicains Sciences Po veut préserver son rang au sein de l’école, cette dernière doit avoir une meilleure image. L’année prochaine serait donc l’occasion de débuter un nouveau cycle. Mais la condition sine qua none est de maintenir une ambiance paisible et bon enfant au sein de l’association. Omar Ben Abderahmen l’affirme lui-même : « Nous sommes des étudiants, pas des ministres ! »

 

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Omar Ben Abderahmen ( 3A )

« Recréer du lien » entre les adhérents

Si Omar Ben Abderahmen souhaite donc voir un renouvellement au sein de la section, son opposant va plus loin en parlant d’une véritable rupture. Adhérent aux Républicains depuis son adolescence, Jason Graindepice partage le diagnostic de son adversaire : les Républicains Sciences Po commencent « à s’essouffler ». Après un an passé à Bruxelles, où l’étudiant a travaillé en tant qu’assistant parlementaire de l’eurodéputé Philippe Juvin, Jason Graindepice brigue la présidence de l’association avec une priorité : recréer « du lien entre les étudiants ». Le dialogue sera donc au cœur de son projet pour la section. Jason Graindepice déclare notamment à ce sujet : « Je veux que mon bureau puisse me mettre en minorité : si un vote du bureau dit non à l’une de mes propositions, c’est non. » On l’aura compris, celui qui fut vice-président des Jeunes avec Fillon à l’occasion de la campagne présidentielle ne se voit pas en monarque despote et tyrannique. Loin d’être laissés à l’écart, les adhérents de la section seraient au contraire partie prenante du processus de décision. Par ailleurs, Jason Graindepice ambitionne de « faire de la section l’une des plateformes de la nouvelle politique ». Comment y parvenir ? En consultant régulièrement les adhérents de la section en ligne pour une politique plus participative, mais aussi en organisant par exemple un « concours annuel de l’idée politique la plus novatrice ». Le leitmotiv de Jason Graindepice semble être le suivant : « mettre en place une politique qui soit attrayante ». Sur ce point, les visions des deux prétendants à la direction convergent.

 

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Jason Graindepice ( 3A )

 

Un bilan « très satisfaisant » pour 2016/2017

« Je pense que ce qui est important, c’est l’unité de la section», Camille Chevalier

La course à sa succession étant ouverte, Camille Chevalier peut quant à lui faire le bilan de cette année 2016/2017 où il a été à la tête de la section Chaban-Delmas. Un bilan qu’il estime « très satisfaisant ». Il est clair que le travail accompli au sein de l’association science-piste est loin d’être fictif. En cette année électorale, l’association a tablé, tracté, milité, et multiplié les événements, avec des invités tels que Valérie Pécresse, Jérôme Chartier, Bernard Accoyer ou encore Nathalie Kosciusko-Morizet. Ce large panel d’intervenants a permis de « déjouer le piège de la division à l’intérieur de la section pour que chaque courant puisse s’exprimer », selon le président des Républicains Sciences Po. Et ce dernier d’ajouter, satisfait : « Je pense que ce qui est important, c’est l’unité de la section. Ce n’était pas gagné d’avance, cette année, que ce soit avec les divisions autour de François Fillon au second semestre ou autour de la primaire au premier ».

Finalement, en dépit de la tempête traversée par le navire de la droite, aucune défection n’a été à déplorer au sein de la section Chaban-Delmas. Avec 168 adhérents, celle-ci est à ce jour l’une des premières forces politiques de Sciences Po en termes d’adhésions. Qu’en sera-t-il l’an prochain ? Un début de réponse sera apporté le 2 mai prochain, lorsque les membres de l’association choisiront de porter Jason Graindepice ou Omar Ben Abderahmen à la tête des Républicains Sciences Po.