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Carnet de bord d’un stage avec l’AIESEC

 

A 18 ans, on ne rêve pas tous de départements administratifs et de cabinets de conseil pour notre stage de terrain. On a parfois envie d’aller voir plus loin. Les examens de première année à peine achevés, une de nos rédactrices s’est envolée pour le Brésil avec AIESEC (association internationale des étudiants en sciences économiques et commerciales) pour une mission volontaire de 6 semaines dans une école publique. L’aventure vous tente ? Découvrez son carnet de bord.

Crédits photo: Juliette Geay

Crédits photo: Juliette Geay

 

GRU International Airport – San Paulo – 06/06/16- 6:45 am

Après plus de 20h de voyage, je débarque le 6 juin à Itajubá dans le Minas Gerais, ma région d’accueil pour le mois à venir. Des membres du comité local d’AIESEC m’attendent à la gare routière et me conduisent dans ma famille d’accueil, qui a préparé mon arrivée et avec qui le contact passe très rapidement. Première conversation en portugais, mes douze semaines d’initiation à Sciences Po me paraissent toutefois bien loin…

 

Ma mission : enseigner l’anglais dans une école publique de la ville

Quelques jours plus tard, je débute ma mission volontaire au sein de l’école Carneiro Junior. En duo avec Jana, une étudiante originaire de Hong-Kong, nous enseignons l’anglais à une petite classe de quatre à huit élèves tous les matins durant deux ou quatre heures. Quizz de vocabulaires, Jeux de questions-réponses et mimes sont au programme. Nous nous attachons très vite aux enfants, des plus assidus aux visiteurs occasionnels ! Ils ont entre dix et douze ans, et font preuve d’une grande motivation pour apprendre. C’est une première belle surprise, qui nous permet de réaliser à quel point cette ouverture à l’étranger leur est rare.

Durant les semaines suivantes, des étudiants du Mexique, du Maroc et d’Espagne nous rejoignent pour animer notre salle ; nous offrant l’occasion d’organiser une semaine culturelle où nous présentons nos langues, nos traditions et notre cuisine : les petits sont ravis. Lors de chaque matinée de cours, l’école nous offre un petit-déjeuner et un déjeuner, et la délicieuse cuisine brésilienne rime avec le partage de superbes instants avec les enfants.

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Professeurs et enfants au sein de l’école, crédits photo:  Juliette Geay

 

Se sentir utile

Un stage AIESEC ne vous fera donc pas découvrir les rouages des métiers sans qualifications. Vous y développerez cependant des compétences de leadership, de travail en équipe et une ouverture d’esprit extrêmement bénéfiques pour de futurs projets.

Au-delà des discours, j’ai réalisé sur place combien les systèmes d’éducation sont une urgence contemporaine, celui du Brésil reproduisant les inégalités sociales considérables du pays. La sensation de remplir ma mission et nos progrès en équipe m’ont fait prendre conscience de l’impact qu’avait ce stage, autant personnel qu’envers les élèves. Ceux issus des écoles publiques brésiliennes n’ont quasiment aucune chance de poursuivre des études dans le supérieur. Pour la majorité d’entre eux, nous sommes les seuls étrangers qu’ils verront dans leur vie, et c’est souvent le souvenir de ces quelques rencontres qui les incitent à partir à l’étranger si l’opportunité se présente. Ce n’est pas grand-chose, mais ça peut changer un pan de leur vie. Soudain, on sent qu’on a réussi à être utile, ce qui nous fait repartir doublés d’énergie.

 

L’été de ta vie

Un mois à l’étranger avec AIESEC, c’est aussi profiter du meilleur été de ta vie. Ce n’est pas marqué dans le contrat, et c’est un peu vicieux de vous spoiler la surprise. Tant pis. Le projet terminé, les journées et les nuits sont encore longues pour découvrir la vie et la fête brésilienne, ainsi que pour profiter de son propre exotisme à la française – qui a beaucoup de succès. Toute la journée, nous parlions deux ou trois langues (je parle désormais couramment portugais) en parcourant les rues de cette superbe ville étudiante.

Six hong-kongais, quatre mexicains, deux marocains, deux allemands, deux français, un espagnol et une portoricaine, ajoutés une quinzaine de brésiliens, c’est le groupe d’amis dont vous avez toujours rêvé, qui va voyager avec vous les week-ends, et au sein duquel vous créerez des liens pour bien plus que cinq années d’université.

Pour les amateurs de soirées européennes, il est temps de filer outre-Atlantique et ainsi découvrir la fête étudiante qui ne s’arrête pas une nuit de la semaine, sur des rythmes de samba et de fank à jamais dans vos playlists, et qui vous laissera vos meilleurs souvenirs. Le Brésil a également une tradition d’accueil et une chaleur humaine bien plus développée qu’en Europe. On vous fait un câlin pour vous dire bonjour, on vous y apprend à danser en couple sans que vous n’ayez osé demander, on vous fait découvrir les Republicas, des maisons autogérés d’une dizaine d’étudiants où la lumière ne s’éteint jamais. La ville est une attraction, et il est agréable d’être l’attraction de la ville.

 

Des week-ends pour voyager

Pour finir, le Brésil c’est Rio, le Christ Rédempteur et Copacabana, San Paolo, de multiples randonnées en montagnes. J’ai pour ma part voyagé trois week-ends sur six, un bon rythme qui peut encore être accéléré. Ma proximité avec Rio m’a permis d’y passer quatre jours incroyables. Les îles en bordure de l’Océan Atlantique offrent des plages et des chutes d’eau paradisiaques, comme Ilhabela que nous avons visité avec des amis brésiliens, la meilleure option pour voyager. Les week-ends étaient aussi l’occasion de profiter de ma famille d’accueil. Entre visites dans les villages voisins chez les grands-parents, restaurants typiques brésiliens, et jeux avec mon petit frère d’accueil, ils m’ont permis de profiter réellement des trois pans de mon séjour : ma famille, mon projet et mon groupe d’amis.

 

Un engagement à poursuivre

Pas encore convaincu ? Peut-être me reste-il une dernière chose à vous avouer : le départ fut particulièrement difficile à vivre, je ne me suis d’ailleurs toujours pas remise du décalage horaire une semaine après mon retour. Je demeure au rythme brésilien, et m’y complait. Les étudiants d’AIESEC ont coutume d’évoquer le meilleur voyage de leur vie, ils ne vous mentent pas. C’est pourquoi je souhaite m’engager personnellement à la rentrée prochaine au sein d’AIESEC Sciences Po.

C’est souvent le premier voyage que vous faites seul à l’autre bout du monde. C’est un challenge que vous vous lancez un matin, ça devient une histoire de rencontres, ça reste de formidables souvenirs. Vous ne reviendrez pas le même, je vous le promets. Plutôt une bonne option pour un stage de terrain…

Si l’aventure vous tente, n’hésitez pas à contacter l’AIESEC à Sciences Po.