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Carnet de voyage #3 : L’aventure avec Zellidja

Un article écrit par Ismaël Amiar pour La Péniche

Trois à quatre mois de vacances, une envie d’aventure, du temps à ne plus savoir qu’en faire : la temporalité de la scolarité à Sciences Po se prête aisément à la vadrouille estivale. Mais si ce n’est pas le temps, c’est bien l’argent qui manque. C’est ainsi par hasard, en discutant avec une amie partie en Ukraine l’année d’avant, que j’ai découvert Zellidja, une association m’ayant permis de financer mon voyage d’un mois en Italie.

Logo de l’association Zellidja

Zellidja, qu’est ce que c’est ?

Zellidja est une association oeuvrant sous l’égide de la fondation de France, et agréée par le ministère de l’Education Nationale. Sa mission est de distribuer des bourses de voyage aux jeunes de 16 à 20 ans grâce à l’argent récolté par ses donateurs (Etat, mécènes, sponsors divers). Chaque année, 150 bourses d’un montant maximal de 1100 euros sont allouées après sélection par un des 22 jurys régionaux présents dans toute la France.

Capri, île située dans la baie napolitaine. Crédits photo : Ismaël Amiar

Chaque rapport de voyage publié – 6000 depuis le début de l’association – est archivé à Bibliothèque Nationale de France. Les meilleurs rapports reçoivent des prix et certains se voient même proposer une publication par une maison d’édition.

Pour son fondateur Jean Walter, la philosophie de l’association est de “donner aux jeunes le moyen de compléter leurs études par des connaissances qu’ils n’ont pas acquises dans les établissements scolaires et n’acquerront pas davantage dans les grandes écoles ou en faculté” . Un credo ambitieux mais qui fonctionne depuis la création de l’association, en 1939 !

Comment postuler ?

Le processus de candidature se déroule en deux temps, ce qui n’est pas sans rappeler un processus d’admission familier aux sciences pistes : il faut constituer un dossier, puis passer un oral. C’est donc un dossier détaillé de huit à dix pages qui doit être soumis avant le 31 janvier fondé sur l’explication du projet et du pays choisi ainsi que sur la personnalité et le parcours du candidat.

Coucher de soleil sur le Tibre, à Rome. Crédits photo : Ismaël Amiar

Si l’étude du dossier s’avère concluante, le candidat est convoqué à un oral ou il fait face à son jury régional composé d’anciens boursiers et de membres de l’association. Supposé durer une vingtaine de minutes, cet entretien sert à tester les motivations et l’intérêt du candidat pour son sujet. Si l’objectif n’est pas de poser des questions pièges, il faut garder en tête que les candidatures sont chaque année très nombreuses et que le jury doit faire un choix : il faut donc se distinguer ! Le format est par ailleurs très similaire à l’oral d’admission de Sciences Po.

En cas d’entretien fructueux, l’étudiant se voit notifier par mail de la validation de sa demande de bourse et un courrier contenant le chèque ainsi que la convention Zellidja lui sont envoyés dans la foulée.

Il est à noter que l’étudiant boursier est soumis à des obligations vis à vis de Zellidja, qui sont spécifiés dans la convention que les étudiants doivent signer dans une cérémonie dédiée. Parmi elles, le rendu d’un mémoire de voyage, d’un carnet de comptes et d’un journal de bord ainsi que la réalisation d’actions de promotion pour l’association (articles, conférences, interventions dans les lycées…). Si la totalité de ces contreparties ne sont pas honorées, l’étudiant boursier peut se voir demander un remboursement total ou partiel de la somme !

Et au final, c’était comment ?

Mon projet portait sur les séismes en Italie, et partait de plusieurs interrogations que j’espérais préciser au fur et à mesure de mon voyage. Comment gérer un patrimoine culturel richissime tout en ayant une menace sismique aussi importante ? Quelle est la réponse apportée par les pouvoirs publics ? Qu’en est-il de leur manipulation à des fins politiques ? Quel est le rapport de la population aux séismes ? Cela m’a conduit à remonter la péninsule du Sud au Nord, avec un trajet plus ou moins établi en fonction des sites les plus sujets aux tremblements de terre.

J’ai ainsi visité la Sicile, Naples (et donc Pompeii), l’Aquila dans les Abruzzes, Rome, Florence et enfin Venise, notamment pour sa région septentrionale, le Frioul, touchée par un séisme en 1967.

Un an après le tremblement de terre à Amatrice ( Abruzzes ), la ville demeure un champ de ruines. Crédits photo : Ismaël Amiar

Je n’avais prévu mon logement que sur les dix premiers jours, ayant dû ensuite jongler entre bouts de canapé et AirBnb. Ma chance a été te de tomber sur un certain nombre d’étudiants de Sciences Po arrivant pour leur 3A en Italie, ce qui m’a permis de trouver un toit et de la bonne compagnie, la solitude pouvant être parfois pesante.

Mon italien s’est aussi grandement amélioré, autant grâce à la pratique de la langue dans la vie quotidienne que grâce aux interviews que j’ai mené lors de mon mois de pérégrinations. Toujours pas fluent, mais c’est toujours ça de pris. Eh !

Plus d’infos : zellidja.com

Et sinon, en italien, ce mot signifie « boisson ». ( finissons en finesse )