Le Mag’

Du 6e au 7e (ciels) : Les femmes du 6e étage, Philippe Le Guay

Fabrice Lucchini en bourgeois volubile comme vous ne l’avez jamais vu ? Ce film est fait pour vous. C’est l’histoire d’un banquier et de sa femme, bien établis dans la communauté bcbg du XVIe arrondissement, dont la bonne, après la mort de « Madame votre Mère », décide de claquer la porte, ne supportant pas les idées de réaménagement de la belle-fille. Les deux vieux sont perdus, Monsieur manque de chemises et il est hors de question que Madame s’y mette, elle est trop « épuisée » par ses journées chez le couturier, chez Ladurée, chez Marie-Suzanne, et enfin flûte quoi, il faut préparer la prochaine réception. Pôle emploi n’existant pas encore, tout se fait par bouche à oreille. Maintenant, ce ne sont plus les bretonnes mais les espagnoles qui sont en vogue. Meilleur rendement, meilleure productivité, forcement ça fait plaisir au papa banquier. La nièce de la bonne d’au-dessus vient juste de débarquer d’Andalousie, accent à couper au couteau, elle aime la paella, elle est jolie, elle fait du bon boulot, elle est engagée. Et là, c’est l’engrenage.

Un pas de deux éclatant, Black Swan de Darren Aronofsky

On peut toujours avoir la critique facile. Les mauvaises langues trouveront toujours des défauts mineurs à des films majeurs. J’en fais sans doute partie.
Je dois donc parler ici du dernier film du cinéaste américain Darren Aronofsky, que l’on connaît notamment pour son précédent film, remarqué, qui remettait Mickey Rourke et le catch sur le devant de la scène. Ici, on est moins violent : on parlera de danse classique et de Natalie Portman. A priori, on aurait pu penser le film plus soft, doux, agréable. En réalité, il est tout le contraire. Le succès du film réside en ce que l’auteur ne se sert de la douceur qui émane de la danse que pour surligner le désastre de la folie.

Paul : une rencontre du troisième type

Greg Mottola est un cinéaste discret, trop sûrement. Il faut avouer que les sociétés de distribution françaises ne l’aident pas à le rendre plus visible. Superbad avait été vendu comme un vulgaire ersatz d’American Pie, alors qu’il était, au contraire, un film tendre, drôle et juste. Adventureland, quant à lui, et malgré son casting trois étoiles (Jesse Eseinberg, Kirsten Stewart, Ryan Reynolds…), avait été sorti directement en dvd : manque de bol, c’est probablement son plus beau long-métrage à ce jour.

Love like a sunset: Somewhere de Sofia Coppola

somewhere.jpgChaque nouveau film de Sofia Coppola est un petit événement en soi. Depuis son tout premier, Virgin Suicides, la fille du Parrain a su imposer une vision, un style et un univers particuliers. Somewhere, son petit dernier qui sortira dans les salles françaises le 5 janvier prochain, aura peut-être des airs de déjà-vu pour les amateurs de la réalisatrice ; en effet, on n’a cessé de répéter à tort et à travers que le film n’était qu’un remake déguisé du fameux Lost in Translation (voyez par vous-même : http://FunnyOrDie.com/m/4297). N’ayant personnellement pas vu ce dernier, il m’est impossible de juger sur ce point.