Le Mag’

Belle du Seigneur d’Albert Cohen, ou le leurre de la passion amoureuse

Roman considéré comme le chef d’œuvre de la littérature amoureuse du XXème siècle, Belle du Seigneur est aussi celui de l’aliénation et l’ennui de l’amour, celui qui enferme et coupe de la vie des amants que l’on pensait éternels. C’est Roméo et Juliette qu’on désacralise, Tristan et Yseult qu’on assassine. L’Amour avec un grand A est démythifié. Pour une fois… La première page est celle de l’arrivée de Solal, le Grand, le Beau Solal, vers sa Belle, son aimée Ariane. Ariane mariée à la médiocrité incarnée, Adrien Deume, homme arriviste, sans consistance ni esprit. Arrive son preux chevalier, le Valeureux Solal, dont on tombe amoureux dès la première ligne.

M. Assouline: Knut l’ourson et vin blanc

Huh, huh, huh… Quand un prof de lecture à Sciences Po pond un livre, ça peut être redoutable, féroce, sanglant même. En tout cas, c’est ce qu’on espère… J’ai ouvert Rosebud, éclats de biographie hier soir, et j’y croyais à mort. Pierre Assouline mon super ex maître de conf de lecture, le Johnny Montana de la littérature… Avec lui rien ne passait, tout trépassait, et ensuite on disséquait… Un peu de Simenon par ci, un morceau de Cioran par là, et entre les deux une oreille de Van Gogh. Bref, pour son livre j’étais archi-partante. Et puis j’ai attaqué la première page, et là boum ! J’ai senti la première piqûre de la mouche tsé tsé… Brrr… Mais je me suis accrochée, parce que c’était lui, parce que c’était moi… En refermant la dernière page – ouf ! – j’ai su que j’avais bien fait. Votre livre Mr Assouline, il faut le lire quand même, voilà pourquoi…

Petite nouvelle mordante : Carmilla, un amour de vampire.

Ça n’arrive pas souvent parce que l’on sait la méthode risquée. Mais parfois c’est comme ça on n’a plus le choix. On ne sait plus quoi lire. Et c’est important d’avoir un livre en fil rouge pour les moments de lassitude. Alors on rentre dans une librairie et on en prend un par hasard, comme ça, parce qu’il n’est pas cher ou parce que la couverture a l’air sympa. Et mine de rien c’est comme ça que l’on fait parfois des découvertes extraordinaires.

Je suis rentré dans la librairie, sanctuaire du plaisir intellectuel et Am, Stram, Gram j’ai choisi Carmilla. Je ne regrette pas mon choix.