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Carton plein pour la collecte au profit des réfugiés

A Sciences Po, la solidarité est une valeur souvent évoquée, mais l’honorer est tout autre engagement. C’est dans cette logique d’entraide que de nombreuses associations (Genepi, Amnesty international, G.A.R.C.E.S, IJM, Salaam, Paris Solidaire, Baden Power, Sant’Egidio, UNICEF et l’UNEF) ont rallié leurs forces pour organiser une collecte au profit des réfugiés.
Une semaine durant, bénévoles se relayent en péniche pour récolter les dons des sciences pistes. Les cartons grossissent d’heure en heure.

© Yann Schreiber

Une idée qui a germé dans l’urgence

Morgann Pernot, 2A co-présidente de l’antenne Genepi de Sciences Po, est à l’origine de cette initiative. Militante pour l’amélioration des conditions de vies en milieu carcéral sensible à la défense des droits de l’homme, il lui est paru évident d’apporter de l’aide aux réfugiés.

© Yann Schreiber

D’autres associations sont venues prêter main forte. Une vraie collaboration logistique s’est mise en place pour recueillir les dons, les trier, les stocker dans le local de l’UNEF, et enfin les distribuer. Une attention particulière est portée à la communication sur l’événement. Sans la contribution de chacun de nous, l’opération perd tout son sens.

Donnez utile !

Les trois premiers jours ont été un franc succès.

La quantité des dons est impressionnante mais le manque de variété préoccupe les bénévoles. La co-présidente de Genepi rappelle qu’il faut s’adapter aux besoins des migrants pour leur être utile. Une profusion de vêtements a été récoltée mais il est urgent de fournir des médicaments et des produits de premiers soins. Plus insolite : des tickets de métro, des cartes mobiles prépayées, des plans de Paris… pensez à la praticité ! Les chaussures à talon, par exemple, sont à bannir.

Le principal problème reste la nourriture. « Une alimentation exclusivement à base de féculents peut causer des carences », rappelle Morgann. Il est mieux de privilégier des encas sucrés aux fruits ou lactés ou même des jus de fruits.

Débordante d’énergie, Morgann trouve une solution à tout. Elle est même parvenue à convaincre un horticulteur de donner ses denrées invendues le soir. Rien ne peut égaler le plaisir de manger des fruits et légumes frais. Un petit geste grâce auquel les bénévoles espèrent redonner le sourire à ces réfugiés aux portes de l’indigence.

© Yann Schreiber

Une action collective prête à porter ses fruits

La redistribution aura lieu mercredi et vendredi prochains.

La tournée compte des centres d’accueils, comme la maison pour femmes de Reuilly-Diderot, ou de stockage, comme le lycée Budé.

Le temps fort à venir est la visite des camps montés à la sauvette par les réfugiés. Ils y vivent dans la promiscuité et l’insalubrité, sans aucun accès à des services sanitaires ou sociaux. Ils ne sont jamais à l’abri de risques comme l’expulsion ou les maladies.

Ainsi ceux de Saint Ouen et de la gare d’Austerlitz ayant été démantelés dimanche laissent femmes, hommes et enfants à la rue. Les associations veulent donc amener leur soutien en vue d’une amélioration de cet incertain quotidien.

Donner n’est qu’une main tendue au bras des personnes engagées. La dimension collective de l’opération honore la solidarité.

N’hésitez pas à consulter La minute Yep de nos amis de Sciences Po TV sur le sujet