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CRIT 2019 – Second Poteau Bavard #1

Depuis la Gare d’Eaubonne (au moins), on entend percutions et clameurs. Curieux, on en vient à se rapprocher, et la foule se révèle. Dispersés sur les différents terrains et infras du CFDAS, plus de 2 000 Parisiens et provinciaux copinent, entre matchs et tentatives d’impression des différentes délégations. Sur l’herbe des pelouses bronzent des herbivores rouges, bleus, verts, oranges, roses, et quelques carnivores jaunes. En effet, les Parisiens, première délèg’ en nombre, sont tout sourire et se comportent en vrais hôtes avec leurs petits cousins montés sur la capitale pour un week-end découverte, quand bien même ils ne peuvent s’empêcher de se lécher les babines à la simple pensée de leur prochaine victoire.

S’il est un ingrédient qu’on ne saurait dénaturer du CRIT, c’est la chaleur. Alors que printemps et provinciaux pointent timidement leur museau en ce premier jour de CRIT, la chaleureuse hospitalité des Parisiens a rapidement fait grimper le mercure dès ce matin. Pour se rafraîchir, allons faire un tour vers la piscine, à quelques pas. Dans les gradins, batuka et supporters de toutes les IEP concurrencent l’attractivité de la compétition en elle-même par leurs cris, drapeaux, etc. On a vu des ultras sauter à pieds-joints dans l’eau, soûls de la victoire écrasante de Paris à l’épreuve de relais. Il est vrai que gagner reste le leitmotiv de Paris, mais d’autres IEP plus « natures », « honnêtes », semblent être venus là avant tout pour « profiter de l’émulation sportive ». En témoigne la sérénité de l’équipe de Saint Germain, bien que cela n’enlève rien à son charme. Bien que la sardine grenobloise, la truite lyonnaise, ou le hareng lillois ne puissent pas rivaliser avec le saumon parisien, on leur reconnaît un mérite, une mignonne complaisance dans la défaite.

Plus loin, c’est le match de basket Grenoble/Paris qui attire les foules de supporters. Encore une fois, la victoire revient à l’Impératrice, malgré une hargne grenobloise qu’on salue sincèrement. Dans le dojo jouxtant le terrain, pas un bruit. C’est l’arrivée des délégations grenobloises – encore eux – et des Parisiens qui viendra rompre le silence, pour qu’au rythme de la batuka, les judokas des deux écoles entament la finale en dandinant sur le tatami. Et là, c’est le drame. Conflit d’arbitrage. Les règles ont changé, le public est déboussolé. La Province menace de l’emporter sur la Capitale. Le Jaune se mêle au Bleu, délaissant le Noir. Mais pas de larmes pour les tigres parisiens, la fierté et le sens du jeu l’emportent sur la rage et la haine, et le verdict est enfin rendu : c’est Paris qui triomphe. Grands seigneurs, donc, mais hôtes remarquables aussi, puisque vers 18h, les 2500 participants du CRIT 2019 commencent à se presser vers les bus qui les amèneront au RU. L »embrouille – bien que glorieuse – de judo est oubliée, la délégation parisienne brille déjà et a encore deux jours entiers pour le faire, et cette édition du CRIT à la maison, ils sauront la graver dans l’Histoire.

Ce soir donc, l’armée Jaune et Noire se parera de vert, de rouge, de rose, et de bleu, trophées de ses conquêtes du jour. A nos amis provinciaux, s’il est une leçon que vous pouvez retenir aujourd’hui, c’est qu’à trop essayer d’imiter le grand frère, on reste dans son ombre.

Une chose est sûre, c’est que si on ne connaît pas encore le nom du vainqueur de l’édition de cette année, on Paris dès à présent sur une victoire du CRIT, magistrale.

Etienne de Metz

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