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De Lesbos à Boutmy : portrait de Pascal Brice

A l’heure où l’Elysée propose de le reconduire pour trois ans à la tête de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), Pascal Brice retrouve le terrain en parcourant l’île grecque de Lesbos, afin de mesurer par lui-même le dispositif d’entrée en Europe des migrants. Le 16 décembre 2015, lendemain de l’audition devant le Parlement qui a entériné son renouvellement, c’est dans la boue de la « jungle » de Calais qu’il traîne ses souliers. C’est cet homme, animé par la volonté de résoudre la question migratoire en France, qui dispensera la leçon inaugurale des 1ères années en ce mercredi 30 août. Portrait.

Un homme de gauche passionné d’Histoire

Né le 24 septembre 1966 à Nantes, Pascal Brice est diplômé de l’IEP de Paris, titulaire d’un DEA en économie appliquée et ancien élève de l’ENA (promotion «Léon Gambetta», 1993). Jeune militant passionné d’Histoire, il se rend au Chiapas ( Mexique ) où il rencontre le sous-commandant Marcos, en Syrie, à Derry, bien avant les accords de paix entre les deux Irlande, au Nicaragua sandiniste… L’actuel directeur de l’OFPRA fait par ailleurs son premier stage à l’ENA au Chili. Le pays d’Allende correspond pleinement à l’identité de cet homme de gauche, engagé et attaché à la diversité dans sa famille politique.

Par la suite, il débute sa carrière diplomatique comme premier secrétaire auprès de l’ambassade de France au Maroc (1993-1996) avant de rejoindre le ministère des Affaires Etrangères, à la direction de la Coopération Européenne (1996-1998). Il devient ensuite conseiller technique de Louis Le Pensec et de Jean Glavany (1998-1999), Ministre de l’Agriculture, puis d’Hubert Védrine, Ministre des Affaires Etrangères (1999-2002). Il qualifie ce dernier  « d’homme à la capacité d’analyse hors-pair ». Après un bref retour quai d’Orsay, Pascal Brice est, enfin, nommé consul général de France à Barcelone de 2006 à 2010 avant de rejoindre la Cour des Comptes. Dans la ville du Barça, cet incontestable fan de foot se lie d’amitié avec l’ex-Bleu Lilian Thuram. Ce dernier assure que Pascal Brice « a le souci de prendre soin des personnes ».

De « Monsieur Pascal » à « Monsieur migrants »

Son retour sur la scène politique sera marqué par la campagne présidentielle de 2012, où il coordonnera notamment le pôle « International » de l’équipe de campagne de François Hollande. Il devient alors conseiller diplomatique au cabinet du ministre de l’Economie et des Finances (Pierre Moscovici) et au cabinet du ministre du Commerce Extérieur (Nicole Bricq) en 2012.

Le 19 décembre 2012, il est nommé Directeur général de l‘Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides (Ofpra). Ce moment coïncide avec le début des vagues de migrations qui suivent les Révolutions Arabes de 2011. « Monsieur Pascal », comme l’appellent les migrants qui ont eu affaire à lui, aime le terrain au moins autant que les ors de la République. Ce chevalier de la Légion d’Honneur, renommé « Monsieur migrants », par Le Monde a désormais comme objectif de réduire de moitié le délai de traitement des demandes d’asile en France.

Rappelons qu’en 2016, ce sont 97 300 personnes qui ont déposé une demande d’asile, selon les chiffres de l’Ofpra et des préfectures. Sachant que le quart de ces demandes sont acceptées, il reste à l’Ofpra et à son directeur de belles choses à faire pour répondre au défi que constitue l’arrivée de la plus grande vague migratoire depuis la Seconde Guerre mondiale. Avant cela, « Monsieur Pascal » sera présent en Boutmy, afin de faire la lumière sur son Histoire et sur l’Histoire à laquelle il est confronté, une Histoire faite de guerres, de révolutions, de migrations et d’exils.