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Ecole d’affaires publiques: un an après, quel bilan ?

A la rentrée 2015, 600 étudiants ont découvert l’école d’affaires publiques de Sciences Po. Antichambre de l’ENA dans l’imaginaire collectif, l’école cherche, entre ouverture à l’international et réorganisation des masters de Sciences Po, à être « la grande école d’affaires publiques en Europe ». Un an après, quel bilan peut-on en tirer ?

Yann Algan, doyen de l’Ecole des Affaires Publiques de Sciences Po, lors d’une conférence-débat organisée avec Manuel Valls, le 3 novembre 2015 à Paris, par l’association de l’école (AEAP). Photo: Yann Schreiber

Yann Algan, doyen de l’Ecole des Affaires Publiques de Sciences Po, lors d’une conférence-débat organisée avec Manuel Valls, le 3 novembre 2015 à Paris, par l’association de l’école (AEAP). Photo: Yann Schreiber

 

Voulue par Richard, Repensée par Frédéric

En octobre 2010, Richard Descoings évoque, dans un entretien accordé aux médias étudiants de l’école, l’amélioration dans un avenir proche du Master d’affaires publiques. Celui-ci devrait intégrer la nouvelle dimension multinationale des politiques publiques qui se décident désormais non plus à niveau purement français, mais à une échelle européenne voire mondiale. Après la disparition de Richard Descoings et une année de vacance du poste de directeur de l’école, Frédéric Mion décide de « remettre la maison en mouvement et, à l’occasion, de repenser le Master d’affaires publiques dans la continuité de la stratégie de l’établissement à organiser le second cycle en « écoles » thématiques.

 

Une école davantage ouverte sur le monde

Ainsi, à la rentrée 2015 ouvre l’Ecole d’affaires publiques de Sciences Po qui entend devenir, selon les mots du doyen Yann Algan, « la grande école d’affaires publiques en Europe ». Les 100 étudiants internationaux, qui représentent pas moins de 40 nationalités, permettent à leurs semblables de se confronter à l’ailleurs et à des expériences diverses, idée centrale du projet Sciences Po. L’école s’est en effet donné pour mission de s’ouvrir davantage à l’international, en particulier sur l’Afrique est le Maghreb, l’Asie ou l’Amérique latine. Cette dimension internationale de l’école s’observe également par l’enseignement en anglais des cours fondamentaux, ce qui prouve, confie Yann Algan, « la rupture avec l’enseignement traditionnel » ; rupture amplifiée par une pédagogie renouvelée.

 

Plusieurs programmes réunis pour trois grands débouchés

L’école d’affaires publiques de Sciences Po regroupe désormais plusieurs formations prenant en compte l’évolution des politiques publiques des 15 dernières années. Au-delà du Master politiques publiques, dont la spécialité « administration publique » constitue la voie rêvée pour beaucoup de sciencespistes ou aspirants sciencespistes vers « l’antichambre du pouvoir » qu’est l’ENA, ou du Master affaires européennes, l’école d’affaires publiques propose un ensemble d’exécutive programmes destinés à de jeunes professionnels ayant au minimum cinq années d’expérience professionnelle. Savoir-faire historique de Sciences Po, la préparation aux concours administratifs français comme européens complète l’offre de formation de l’école d’affaires publiques. 30 des 43 admis 2015 de l’ENA sont passés par le 27. Et Yann Algan de confirmer : « La préparation aux concours, c’est notre force, pas question d’y renoncer ».

Le doyen de l’école d’affaires publiques considère qu’il peut exister trois types de grands débouchés. Le premier concerne l’administration publique et la formation des professionnels de l’État évoluant au sein de ses institutions. Le second regroupe les organisations de la société civile quand le dernier est le secteur privé dans la mesure où les politiques publiques influencent les actions du privé.

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Manuel Valls participe à une conférence-débat le 3 novembre 2015 à Paris, organisée par l’association de l’Ecole des Affaires Publiques de Sciences Po (AEAP). Photo: Yann Schreiber

Après un an d’existence, il est encore trop tôt pour évaluer les conséquences de la création de l’école vis-à-vis du monde professionnel publique ou privé. Pour autant, le regroupement des différentes formations de Sciences-po ayant trait aux politiques publiques a permis d’amplifier le caractère international de l’école en accueillant davantage d’étudiants étrangers. Preuve de son augmentation de visibilité à perpétuer, l’Ecole d’affaires publiques entend bien continuer de « former des acteurs du bien » commun, selon les termes de Yann Algan.

Pour plus de renseignements sur l’Ecole d’affaires publiques, vous pouvez consulter son site internet.