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L’Ecole républicaine, la jeunesse au chevet du débat politique

Le 15 février dernier sortait en librairies L’Ecole au chevet de la République, un ouvrage collectif auquel 32 personnalités ont contribué, parmi lesquelles Alain Juppé, Nathalie Kosciusko-Morizet ou encore Nicolas Sarkozy. Ce livre est le fruit d’un long travail de réflexion mené par l’association « L’Ecole républicaine », une association étudiante dans laquelle de nombreux élèves de Sciences Po se sont impliqués. À l’occasion d’une conférence de presse donnée au 27, La Péniche a tenté d’en savoir plus sur cette initiative de réflexion sur l’école menée par la jeunesse.

© L’Ecole Républicaine

Un projet ambitieux et de longue haleine

L’Ecole républicaine est un collectif étudiant fondé en février 2015, à la suite de la décision du Conseil d’Etat de rétablir les bourses au mérite. L’association s’inscrit en fait dans la continuité du mouvement « Touche pas à ma bourse je la mérite« , qui s’était alors battu pour ces bourses récompensant l’excellence académique. Les effectifs ont ensuite grossi jusqu’à atteindre aujourd’hui 31 étudiants, dont 12 master et 19 élèves de licence. En d’autres termes, 60% des membres de l’association ont moins de 20 ans.

C’est donc un projet qui est porté par la jeunesse, issue de tous les milieux socio-professionnels puisque près de la moitié des membres sont boursiers sur critères sociaux. « “certains des membres de l’association ont pu bénéficier de l’ascenseur social républicain, mais ce n’est pas le cas de tous les français. Donc au lieu de profiter du système en laissant les autres sur le banc de touche nous nous sommes mobilisés en menant un projet avec nos valeurs”, explique Anne-Laure Fabre, étudiante en deuxième année.

L’initiative est partie d’un constat simple et assez largement partagé par l’opinion publique : le système éducatif va mal, et il y a urgence à le réformer. Cependant, plutôt que de s’arrêter à de grandes envolées lyriques sur le sujet, l’association a voulu passer des paroles aux actes, ou du moins proposer quelques pistes pour améliorer concrètement la scolarité républicaine.

© L’Ecole Républicaine

C’est ainsi que, pendant près d’un an, l’association a travaillé à la rédaction d’un ouvrage collectif impliquant aussi bien des hommes politiques que des chercheurs. Le but était de poursuivre le combat mené pour les bourses au mérite, mais cette fois en allant plus loin. En effet, “il s’agissait de ne pas uniquement être contre la suppression [des bourses au mérite] et de s’arrêter à ce combat, mais aussi de porter un projet, de démocratiser le débat autour de l’école. Aider 8000 étudiants boursiers, c’est bien, mais qu’en est-il des autres ?” complète Anne-Laure Fabre.

Par ailleurs, comme en témoignent le prix (moins d’une dizaine d’euros) et le format (chacun peut participer à la réflexion en publiant une contribution sur le site de l’association), le projet est complètement pensé pour amorcer un mouvement de réflexion sur l’école plus large au sein de la société française.

 

Une ligne apartisane revendiquée

L’association revendique sa neutralité politique et son détachement vis-à-vis de tout parti politique, deux principes qui sont « l’essence même du livre » selon les mots d’Anne-Laure Fabre. Force est de constater une vraie parité dans la représentation des forces politiques au sein du collectif : « 40% des membres sont à droite et 40% revendiquent une sympathie politique de gauche », détaille-t-on. Et Anne-Laure Fabre d’ajouter : « l’unité républicaine est nécessaire pour un enjeu de cette taille. Cependant, l’ouvrage est comme nous, engagé politiquement – mais de façon transpartisane – et républicainement, puisqu’il mobilise la société civile. »

On retrouve également dans le livre cette volonté d’ouvrir le débat aux idées de droite comme de gauche. Si au niveau politique la majorité des contributeurs sont de droite (citons par exemple Alain Juppé, Nathalie Kosciusko-Morizet, Luc Ferry ou encore Nicolas Sarkozy), certains apportent leurs réflexions de gauche ou du centre, puisque Jean-Luc Lagarde, président de l’UDI, ou encore le sénateur PS du Loiret Jean-Pierre Sueur ont également contribué. 

© L’Ecole Républicaine

La réflexion du livre porte sur l’égalité des chances, et se divise en cinq temps. D’abord, il est question de l’enracinement historique de l’égalité des chances. La partie suivante aborde la mise en oeuvre de cette idée à l’école. Puis le livre aborde sous un angle plus pratique les solutions qui ont déjà été proposées pour répondre à ce défi. La quatrième partie s’intéresse aux moyens de relancer cette égalité dans le futur. Enfin, la dernière partie dépasse le simple cadre de l’école et ouvre le débat autour de la poursuite de l’égalité des chances dans le monde extrascolaire. Tout au long de leurs différentes contributions, les auteurs développent donc leurs idées autour de cette problématique.

 

Après le succès du projet, quel avenir pour l’Ecole Républicaine ?

Le livre a connu un franc succès lors de son lancement, puisqu’il est en rupture de stock. Toutefois, même si la mission principale a été accomplie avec la publication de l’ouvrage,  l’association ne compte pas s’arrêter en si bon chemin : il est en effet d’ores et déjà prévu qu’elle soit présente au Salon du Livre de Paris (qui a commence ce jeudi et qui se termine dimanche soir). L’Ecole Républicaine voit même plus loin. Comme le confie Anne-Laure, le collectif compte bien poursuivre son action. 

 

 

Le livre L’École au chevet de la République, Éd. Connaissances et savoirs, 9,95 € est disponible à la librairie de Sciences Po, en face du 27.

  • Hortus

    C’est Jean-Christophe Lagarde et non Jean-Luc Lagarde qui préside l’UDI.