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Ma 1A à Sciences Po : le bilan

Samedi 14 mai, midi sonne et « vous vous levez et posez vos stylos ». La première année à Sciences Po est officiellement terminée. En écho à l’article qui retraçait nos débuts de jeunes étudiants, nous vous proposons une rétrospection de ces deux semestres passés entre les murs de la rue Saint-Guillaume.

© Yann Schreiber pour le BDE Sciences Po

 Du statut de bizut au Bizuth

Au commencement était la ponctualité. Véritable challenge, il s’agissait d’arriver 5 minutes avant les amphis pour s’assurer de contempler Frédéric Gros. Début du réseautage, tu envoyais un sms à un ami pour qu’il te garde une place. Tu te sentais rebelle de passer dix minutes du cours sur Facebook, sur le mur de promo. Force est de constater que ta motivation s’est délitée. Bilan de ce 2e semestre ? Les textos que tu as envoyés relevaient plutôt du « T’es où ? On t’attend au Bizuth » par un beau mercredi d’après-midi à 14h45, heure du début de l’amphi Energie, Population et Climat (ravie de vous l’apprendre).

Au retour de six semaines d’« interruption pédagogique », dont tu as d’ailleurs profité en organisant un petit voyage pas du tout cliché avec tes potes dans une capitale européenne, tu t’es dit que tu serais, cette fois-ci, prêt pour les inscriptions pédagogiques. Deux écoles s’opposent: la version optimiste de celui qui a programmé le temps exact qu’il doit passer sur le choix de chaque matière, contre la version jemenfoutiste de celui qui est persuadé que ça ne peut pas être pire que la dernière fois. Foutu pour foutu, tu hérites dans tous les cas du charmant atelier artistique « Exploration en mouvement », où tu as enfin pu apprendre à exprimer tes émotions en te roulant au sol.

Un dilemme fondamental a agité ton année : l’éternelle alternative bibliothèque versus cafet, selon l’intensité du niveau de procrastination. Procrastination n’étant faite que de courbes d’indifférence sécantes du temps passé à bronzer dans le jardin. Autre problème, celui de l’optimisation des jokers. Aussi connus sous le nombre de maximum d’absences avant la défaillance, ce seront les seuls calculs que tu mèneras à bien (ou pas).

 

 Sociologie jusqu’au bout de la nuit

En revanche, là où on a pu te compter présent, c’est aux soirées sciencespistes. Doutant de ta capacité à gérer travail et sortie au 1er semestre, tu as réalisé que la constitution d’un réseau est primordiale. Cash and Trash, Médiatique, Fêtes du BDE : aucune ne s’est faite sans toi. Revers de ton dévouement sans faille, tu as désormais abandonné l’idée de conjuguer réputation et dignité. Tu ne t’en souviens peut-être pas, mais la Minute Yep, si.

Malgré tout, ton année n’a pas été de tout repos. Exposé à rendre pour le lendemain, échéance pour la fiche de lecture, s’assurer une note décente au galop pour prévoir un éventuel tôlé au partiel, ou encore trouver un stage de terrain pour la fin de l’année (ce problème te concerne peut-être encore. Si c’est le cas, haut les cœurs). Mais cela t’a permis de révéler des talents insoupçonnés jusqu’alors : savoir élaguer les détails, apprendre à paraître serein en plein oral d’IP puis développer ta capacité à improviser, finir le e-learning en 24h (chrono).

Est-ce que tu viens pour les vacances ?

Ce sont tous ces éléments qui permettent d’affirmer que oui, tu as bel et bien fini ta première année à Sciences Po. Cela, mais aussi les merveilleux professeurs d’amphithéâtre qui t’ont, plus ou moins, inspiré, les professeurs de conférence que tu as, ou non, découvert sous un tout autre angle lors des dîners de conférence, les amitiés que tu as liées, ou pas, avec les camarades de ta triplette. Et c’est aussi grâce à tous les élèves qui forment la promo 2020 -bien que tu en découvres encore à chaque amphi – que la deuxième année promet d’être aussi mémorable.