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Henri Guaino : le Grand Oral d’un convaincu peu convaincant ?

C’est Henri Guaino, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy et actuellement député des Yvelines, qui a emboîté le pas à Benoit Hamon et s’est prêté, jeudi 28 octobre, au jeu du Grand Oral. Conjointement organisé par La Péniche et Sciences Po TV, avec la participation de Sciences Polémiques, ce second épisode a de nouveaux suscité commentaires et réactions sur les réseaux sociaux et dans l’amphithéâtre Boutmy. Vous n’y étiez pas ? La Péniche fait le point sur les dix phrases qu’il ne fallait pas manquer.

© Yann Schreiber pour Le Grand Oral

« Vous aimez autant les sorties verbales que les sorties de plateau. »

C’est un homme du sud au sang chaud, plus connu pour ses emportements sur les plateaux de télévision que sa longue carrière administrative, dont Pierre Chellet dresse, en guise d’introduction, le portait au pupitre de l’amphithéâtre Boutmy. Invité à réagir sur son comportement, Henri Guaino se justifie tant bien que mal et c’est sur un air d’Edith Piaf qu’il ne cessera alors de répéter tout au long des deux heures qui suivront, ne rien regretter. Décrit comme un homme de lettres par Pierre Chellet, Henri Guaino, ancienne plume de Nicolas Sarkozy, en a profité pour réciter quelques célèbres vers de Paul Valéry, tirés du Cimetière marin.

Pierre Chellet, président de Sciences Polémiques © Capucine Personnic pour Le Grand Oral

« Il y a des voyous aussi dans la magistrature. »

Dans la deuxième séquence de ce Grand Oral, L’interview politique menée par Benjamin Duhamel, Henri Guaino a été invité à commenter sa désaffection affichée pour la magistrature. Le 28 octobre dernier, lors des questions au gouvernement, le député des Yvelines n’avait pas hésité à taxer les magistrats de « pervers », « psychopathes » ou encore de « militants aveuglés par leur idéologie ». Henri Guaino explique que le problème n’est pas tant qu’il y ait effectivement de tels individus parmi les magistrats. Ce serait, d’après lui, leur responsabilité au regard de « pouvoirs exorbitants » qui ferait défaut.

« Je la respecte, cela n’a rien à voir avec un rapprochement avec le FN. »

Quelques heures à peine avant son Grand Oral, Henri Guaino avait déclaré sur BFM-TV ne pas être opposé à une éventuelle collaboration avec la benjamine de l’Assemblée, Marion Maréchal-Le Pen, sur un rapport ou une mission. Invité par Benjamin Duhamel à réagir sur ces propos qui ont fait le bonheur de frontistes comme Robert Ménard, Henri Guaino se défend pourtant de tout rapprochement avec le FN. Interdire le FN serait d’après lui faire du parti de Marine le Pen un parti différent, or « le FN est un parti comme les autres », assène-t-il.

« Je pense que Twitter rend fou les hommes publics, ca n’a jamais permis à personne de se faire élire. »

Henri Guaino et Twitter, c’est toute une histoire. Ceux qui étaient présents jeudi l’auront bien compris. Interrogé sur son absence du réseau social pourtant chéri des politiques par Siane de Camas, Henri Guaino explique ne pas ressentir le besoin de s’exprimer en 140 caractères. C’est, pour lui, le « niveau zéro de la pensée ». Regards dans l’assistance, alors même qu’une partie du public était en train de commenter ses paroles sur ledit réseau social à l’aide du hashtag créé pour l’occasion (#LGOGuaino). Accusé de ringardise lors des Questions du public, Henri Guaino lance alors vivement au public : « C’est ringard d’être gaulliste en 2015, mais j’assume, et je l’assume très bien ».

« L’euro est un mal avec lequel il faut composer. »

Invité à réagir à la victoire de la droite conservatrice aux élections législatives du 25 octobre dernier en Pologne, Henri Guaino s’est dit en faveur d’une Europe gouvernementale. « Essayez de construire l’Europe, le monde contre les nations. Vous aurez le monde des tribus ou le pire nationalisme », justifie-t-il. En faveur de la suppression de la Commission Européenne, c’est selon lui au Conseil Européen d’assumer aujourd’hui ses responsabilités. Sur le plan plus économique, si l’euro a été selon Henri Guaino une « erreur grave aux conséquences lourdes », tout n’est pas réversible facilement et il s’agit aujourd’hui de composer avec.

© Capucine Personnic pour Le Grand Oral

« Chacun ses dérapages, je préfère les miens. »

Henri Guaino n’était décidemment par bavard jeudi dernier. Toujours dans la séquence Le point de vue, il a été demandé à Henri Guaino de commenter un dérapage du candidat aux primaires des Républicains, François Fillon. Invité sur RMC le 12 octobre dernier, François Fillon avait explicitement dit « le sentiment que la France c’est un pays à prendre, c’est comme une femme au fond, et faut vraiment en avoir envie ». A ce propos, Henri Guaino n’a pas hésité à répéter son agacement non dissimulé pour une certaine tendance du journalisme « à la déformation et à la sélection… » C’est noté Monsieur Guaino !

« Nadine Morano n’est pas raciste. »

Le Grand Oral de Henri Guaino a également été l’occasion d’une confrontation entre le député et l’imam Abdelali Mamoun.  M. Mamoun lance le débat. Pour lui, jamais en France il n’a été observée une telle recrudescence d’actes islamophobes et de propos à caractère raciste, y compris de la part de membres de la même famille politique que M. Guaino. Vaste sujet, quelques semaines seulement après le tollé de Nadine Morano chez Laurent Ruquier. Si Henri Guaino ne soutient pas les propos de la député européenne, les propos qu’elle a tenus et le racisme restent deux choses différentes, affirme-t-il. Sur le sujet du voile, Henri Guaino déclare que « c’est une erreur de tout placer sur la question de la laïcité. ». A le croire, la casquette ou le voile, comme la kippa, sont des sujets à classer dans le chapitre du savoir vivre, et non du religieux.

© Yann Schreiber pour Le Grand Oral

« Vous ne transformerez pas la France en pays multiculturel et communautaire. »

Face aux interrogations de l’imam Abdelali Mamoun, Henri Guaino a rappelé avec ferveur son attachement au principe d’assimilation. Transformer la France en pays multiculturel, c’est, selon lui, aller à la catastrophe. Il s’agit au contraire de faire progresser notre capacité d’assimilation. Et à ce titre, il se déclare favorable à un rétablissement du service militaire pour les filles et les garçons, pour une durée de 6 mois ou 1 an. Henri Guaino clame haut et fort qu’« Il y a une forme de civilisation française en mutation permanente, mais la faire exploser, non ! »

 

A l’aise dans une maison qu’il ne connaissait déjà que trop bien, c’est donc un Henri Guaino serein, « blasé », diront certains, qui a répondu aux questions des étudiants. Ringard peut être, mais fier, Henri Guaino n’a cessé de le répéter : non, rien de rien, il ne regrette rien !

  • lachezroger

    D’accord avec @journalopes:disqus, comme dit Michel Onfray, vous n’êtes pas faits pour la pensée… Autant que Sciences Po tv et Sciences polémique. Après ce n’est pas grave vous faites bien dans le divertissement en revanche.

  • Journalopes

    « Quelle note auriez-vous donné au Grand Oral d’Henri Guaino, jeudi dernier ? », demandez-vous sur Facebook. Peu importe la « note » attribuée à M. Guaino, vous – la Péniche, Sciences po TV, Sciences polémiques – ne méritez qu’un zéro pointé, pour cet évènement en dessous de tout. Ou alors, le Prix BFM TV 2015 du journalisme ?
    Votre Grand Oral ne restera pas dans les annales.