Vie du campus

La césure, mode d’emploi.

cesure.jpegDéfinition du Petit Robert pocket 2005 : n.f. « Repos à l’intérieur d’un vers après une syllabe accentuée. » Bon. Ca doit pas être ça. Wikipédia fait mieux : « Au cours des études supérieures, une césure est une année de coupure avant l’obtention du diplôme, généralement afin de faire une année de stage. ». Voilà, on y est. Sauf que cette définition bien jolie n’éclaire pas la lanterne des moussaillons perdus en mer, qui se demandent bien qui-quand-comment-pourquoi-quel prix, et moult autres interrogations insolubles. LaPeniche vous envoie une bouée de sauvetage : tout ce que vous avez toujours rêvé de savoir sur la césure !

L’année de césure compte plusieurs synonymes qui vous seront peut-être plus familiers : année sabbatique (ah, dès qu’on parle de rien faire…), année de mobilité, hors les murs, etc. Non en fait, pendant son année de césure, on ne fait pas rien. Au contraire, nombre d’étudiants en profitent pour faire de l’utile.

  • Année de césure, pour qui ?

Chaque étudiant peut demander à son directeur de master une année de césure, entre sa 4e et sa 5e année. (Ben oui: après une 3e année de glande, la première année de master, ça fatigue.) Cette demande peut être faite qu’il soit arrivé en 1ère année ou en master à Sciences Po.

  • Année de césure, qu’est-ce que c’est ?

En général, les étudiants profitent de cette année hors les murs pour réaliser un ou deux stages, en France ou à l’étranger, un projet humanitaire, ou un simple break. Actuellement, en remplacement d’un unique stage de 9 mois ou un an, de plus en plus d’étudiants choisissent l’option « Deux stages de six mois ».
On peut bien sûr combiner deux options : 6 mois dans une entreprise à bosser jusqu’à pas d’heure, et passer les 6 mois suivants à construire des huttes au Burkina Faso.

  • Année de césure, combien ?

Et oui, les sous-sous. Malheureusement, quitter le 27 pendant une année n’est pas gratuit. En effet, en plus du logement, du transport si vous allez à l’étranger et des dépenses journalières, vous devrez toujours à Sciences Po 25% de vos frais de scolarité. Pour un étudiant de master, cela atteint on le sait quelques milliers d’euros. Ce qui pourra évidemment en refroidir quelques uns : on se doute que combiner, disons, un stage mal payé à Londres, où la vie n’est pas spécialement bon marché, avec l’administration Sciences Po qui agite la tirelire à côté, ce n’est pas des plus économiques.
Bon, on ne se plaint pas trop, avant c’était 100% des droits de scolarité. Vous l’avez échappé belle, futurs césuriers.
Au fait, quid des boursiers ?: À ce propos, le site Internet de SciencesPo est très clair, stipulant qu’en cas de choix d’une année de césure, la bourse du CROUS ainsi que l’aide de l’école seront « suspendus ».

  • Année de césure, pourquoi ?

Là-dessus, nos témoignages convergent. En ce qui concerne les stages, selon Valentine, ex-pénichiste et césurière, cela change et offre « énormément de choses, apporte de l’expérience mais c’est surtout le meilleur moyen, si ce n’est le seul, d’aborder sa dernière année et son stage de fin d’études en étant à peu près sûr de ce que l’on veut faire, d’où on veut être embauché idéalement après le stage de fin d’études. ». Mais aussi, « mieux connaître et comprendre le milieu dans lequel on souhaite évoluer: les contacts, les manières de travailler, le type de personnes que l’on y croisera ».
Une année de « break » sert donc non seulement à prendre du recul, s’éloigner des cours, de l’ambiance SciencesPo, mais aussi, en cas de stage, d’obtenir une intéressante expérience professionnelle, et de découvrir le monde du travail de manière concrète. Et bien sûr, si la performance est à la hauteur des attentes de l’employeur, vous pouvez espérer être embauché.
Enfin on se doute qu’au vu du contexte socio-économique actuel, il peut être judicieux de retarder son entrée sur le marché du travail, et se constituer un solide « background » avec une expérience professionnelle. Mais je vous vois déjà scruter l’horizon avec inquiétude, moussaillons… Pas de problème, retarder d’une année l’obtention du diplôme ne change rien – si ce n’est un an d’attente pour le bal du gala. Et on peut en plus être dispensé d’un stage de fin d’études (voir plus loin). Et surtout, en fin de compte : au vu de la montagne de formalités à traverser, et grâce à l’expérience et au recul apportés, et bien l’année de césure, elle fait grandir.

  • Année de césure, comment?

L’année de césure, elle ne se fait pas toute seule. Enfin, de facto si, car pour certains étudiants et entre autres joyeusetés, l’administration Sciences Po est totalement absente : ni aide, ni accompagnement. Pour d’autres plus chanceux, le/la directeur(trice) de master aide à déterminer l’intérêt et le bien-fondé d’une année hors les murs. A part ça, ni conseils, ni aide de la part de Sciences Po Avenir, sans parler de l’autorisation de césure qui n’arrive pas même lorsque l’on a déjà un stage.
A noter qu’à la fin de l’année de césure, Sciences Po ne demande quasiment aucun rapport ni compte à rendre.

Certains masters conseillent particulièrement la césure, par exemple l’École de Droit de Sciences Po, qui met en avant « la nécessité d’ancrer les savoirs (…) dans une pratique professionnelle » en effectuant par exemple « un stage dans un cabinet d’avocats (…), en entreprise ou au sein d’un organisme de régulation de l’économie ». A noter également que si le stage choisi lors de la césure est compatible avec la spécialisation choisie pour la 2e année de master, une dispense de stage de fin d’études est possible.
La césure est aussi très populaire parmi les étudiants du Master Finance & Stratégies. De manière générale, la pratique commence à convaincre de plus en plus d’étudiants.

« La pause, elle aussi, fait partie de la musique » disait Stefan Zweig, alors autant en profiter!

Illustration: Monsieur Z. / Blog Grandzecoles

  • Nathan Binet

    Bonjour, l’année de césure ne peut-elle se prendre qu’entre la 4ème et la 5ème année ? Ne peut on pas choisir un autre moment ?

  • C’est un bon article, et vous mettez en avant un point assez comique à observer : une année de césure pour un étudiant, c’est une année ou l’on peut être plus actif que pendant ses études, et une année de césure pour les parents / tuteurs, c’est une année ou l’on ne fait strictement rien à part la fête ! … Bon, ok, on part dans les clichés. Mais c’est sympa à constater 🙂
    Merci pour votre article en tout cas.

  • Adrien

    Bonjour,

    Quand vous précisez que Sciences Po n’aide en rien, cela concerne t’il aussi l’assurance – maladie ? Sinon, peut – on directement s’adresser à la LMDE ou à la SMEREP pour une assurance ?

    Merci beaucoup !

  • Lisa

    Bonjour, savez-vous s’il est possible de demander une année de césure après un deuxième stage de 3A ? A qui faut-il s’adresser dans ce cas, directeur de master ou de campus en région ? Y a-t-il des dates butoir à respecter ? Merci !

  • Barbara

    Bonjour,
    Je me demandais s’il existe à Sciences Po des possibilités pour faire son année de césure avant de rentrer au collège universitaire, comme cela se fait dans la plupart des pays anglo-saxons. Je sais que la demande de report d’admission existe, mais est-elle accordée pour motif de vouloir faire une année de césure après son bac (apprentissage d’une langue, humanitaire, expérience internationale…)?
    Je vous remercie d’avance.

    Barbara

  • jeanne

    Bonjour, une petite question supplémentaire,
    dans le cadre d’une double formation, est-il possible de demander une année de césure entre la troisième année et la première année de master pour pouvoir terminer l’autre formation avant de commencer le master à Sciences po ?
    Si oui, la procédure est-elle la même (demander au responsable de master etc…) ?
    Merci