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Contre la surveillance, un lâcher de ballons en péniche

Mais que signifient ces petits morceaux de ballons rouges qui gisent sur le sol de notre chère péniche ? Ce sont les restes des ballons qui, en début d’après-midi, ornaient le plafond du hall d’entrée de Sciences Po. Lesdits ballons furent placés là-haut en signe de protestation contre « l’oeil qui voit tout » : la caméra du hall. Ce  » lâcher de ballons «  intervient en préambule d’un événement particulier : la Semaine contre l’État d’Urgence. Si ce régime d’exception a officiellement pris fin en France le 1er novembre 2017, les participants dénoncent une généralisation du système de surveillance des personnes, y compris entre les murs du 27, rue Saint-Guillaume.

Des ballons côtoient une caméra dans le hall du 27. Photo issue de la page Facebook « Semaine contre l’État d’Urgence »

Les ballons ont été installés aux environs de 13 heures par des étudiants membres du collectif organisateur de la Semaine contre l’Etat d’urgence. Selon le communiqué publié sur la page Facebook de l’événement, « Sciences Po a profité de l’état d’urgence pour instaurer un contrôle accru sur ses étudiant.e.s, qui perdure aujourd’hui encore ».

Plusieurs ballons lâchés dans les couloirs du 199, boulevard Saint-Germain. Photo issue de la page Facebook « Semaine contre l’État d’Urgence »

Seul hic ? L’absence d’autorisation d’une telle installation, qui reste pourtant obligatoire comme stipulé par le règlement de la Vie étudiante. La réponse des appariteurs a été un refus légitime et sans appel. Ce qui n’a pas empêché les protestataires d’appeler quelques ballons en renfort, et, par la suite, de refuser de décliner leur identité en fournissant une carte étudiante. Poussés dans leurs retranchements, les appariteurs n’ont eu d’autre choix que de crever les ballons protestataires.

Un plan montrant les caméras installées dans Sciences Po. Photo issue de la page Facebook « Semaine contre l’État d’Urgence »

Il est à ce stade impossible de donner tort à des appariteurs qui ne font, rappelons le, que leur travail. De la même façon, il est difficile de blâmer des étudiants qui souhaitent protester dans la plénitude du droit accordé par la liberté d’expression. Pas de camp choisi par notre rédaction si ce n’est celui des victimes: les ballons rouges. 

Dans le cadre de la Semaine contre l’État d’Urgence, d’autres événements seront organisés dans les jours à venir. Lien de la page Facebook de l’événement : https://www.facebook.com/Semaine-contre-l%C3%A9tat-durgence-530189827348046/

  • Louise Michel

    un peu léger comme article… je pense que les organisateurs de l’action sont bien conscients que les appariteurs « ne font que leur travail » et critiquent plutôt l’administration qui définit ce travail justement, notamment en interdisant toute expression politique spontanée dans l’espace commun de l’école : est-ce vraiment normal qu’on ait besoin de demander l’autorisation à l’admin pour TOUT ce qu’on fait dans les lieux qu’on occupe au quotidien ? Allez voir dans d’autres facs, je vous garantie que c’est différent et beaucoup plus libre, et que les étudiants s’approprient les lieux, les font vivre. Enfin franchement c’est ridicule de vouloir relever les identités des étudiants et les menacer de convocation chez le directeur pour un lacher de ballons d’hélium…bienvenue en maternell