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Le Mag’ : Diorama au Palais de Tokyo

Saviez-vous que vous pouvez voir l’éruption du Vésuve évoluer devant vos yeux à Paris ? Cela est rendu possible grâce à la technique du diorama. Mais qu’est-ce qu’un diorama, me direz-vous ? En fait, on en a déjà tous vus dans notre vie, que ce soit au musée d’Histoire naturelle ou dans le film La Nuit au Musée. Cette définition reste encore bien floue, mais le Palais de Tokyo propose, à travers l’exposition éponyme, de nous aider à comprendre le sens que recouvre concrètement cette technique.

Inventée par le peintre et photographe Louis Daguerre en 1822, elle est à l’origine du cinéma. Elle consiste à mettre en scène des personnages, événements, paysages ou encore animaux, et ce grâce à des jeux de lumière et de son, qui sont subtilement disposés devant une peinture. Cette dernière a pour fonction d’ancrer la scène dans son espace.

Quand les paysages prennent vie

Reprenons notre exemple de La Nuit au Musée. Si vous avez vu ce film récemment, vous vous souvenez sans doute du moment où le personnage principal tente de communiquer avec la belle indienne Sacagawea, qui ne peut l’entendre derrière sa vitre. Il se trouve que cette dernière n’est en fait qu’une pièce d’un diorama, qui la représente avec Lewis et Clarke lors de la découverte de l’Ouest américain.

L’exposition Diorama met en scène pléthore d’œuvres du même nom et regroupe des artistes de différents horizons. Le visiteur circule à travers quatre grandes salles qui le font voyager dans le temps et dans l’Histoire du diorama. A l’époque de Daguerre, les premiers dioramas ne représentaient que des paysages, très souvent des passages du lever du jour au coucher de soleil sur la mer, sur la plaine ou dans les villes. Ces paysages se transforment sous nos yeux grâce à des jeux de lumière, et ces « effets spéciaux » de l’époque peuvent nous surprendre, de par leur ingéniosité et leur succès.

Diorama et les frontières de l’art

La seconde salle nous mène ensuite aux représentations religieuses des dioramas, qui ont bien sûr servi à diffuser les crèches, qui deviennent au fur et à mesure de plus en plus chargées en détails et dorures. Ensuite, on pénètre dans le monde de la taxidermie. Ce sont les dioramas que nous connaissons tous, à savoir des scènes artificiellement reconstituées comme celle de la chasse d’une lionne. On y observe des animaux empaillés à taille réelle, avec la savane en toile de fond. Ces derniers dioramas avaient au départ des objectifs plus scientifiques qu’artistiques, et c’est ce qui nous mène à nous poser la question des frontières de l’art. Est-ce qu’une crèche ou un assemblage d’animaux empaillés peuvent être considérés comme de l’art ?

Cette question reste présente jusqu’à la fin de l’exposition, dans la dernière salle où cette fois-ci le diorama est utilisé comme instrument artistique contemporain. Le plasticien, à travers son œuvre, dénonce des stéréotypes, exprime ses tourments ou met en valeur la minutie avec laquelle il a réalisé des représentations miniatures extrêmement détaillées de bibliothèques ou de villes. Le diorama n’est donc plus seulement le travail du seul artiste plasticien, ou du peintre, mais aussi celui du taxidermiste, du scientifique et de l’architecte. Il n’a alors plus pour unique vocation d’être un objet d’art.

Pour résumer, il s’agit d’une exposition intelligemment agencée et très documentée, bien qu’un peu longue (il faut compter au minimum 1h, et généralement plus), qui nous permet de découvrir et de comprendre la réalisation d’un diorama, ses différentes techniques, et qui nous plonge dans un univers à la fois déconnecté du présent et pourtant aussi rattaché à notre vie quotidienne. Vous pouvez la découvrir au Palais de Tokyo jusqu’au dimanche 10 septembre 2017. Le monde du diorama n’attend plus que vous !

 

Palais de Tokyo :  13 avenue Président Wilson 75116, de 12h à minuit tous les jours sauf le mardi
Métro n°9 stations Iéna et Alma Marceau, Bus n° 32, 42, 63, 72, 80, 82, 92, RER C station Pont de l’Alma
Tarif réduit (18-25 ans) : 9 € ; Plein tarif : 12 €