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Le marché est-il la solution ?

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Le terme « marché » peut être entendu comme « un mécanisme par lequel des acheteurs et des vendeurs interagissent pour déterminer le prix et la quantité d’un bien ou d’un service » selon Paul Samuelson et William D. Nordhaus. De là, émerge le modèle de l’économie de marché, désormais universel, système économique fondé sur la confrontation de l’offre et de la demande établie par le libre jeu du marché.

Inversement, le modèle de l’économie planifiée a été progressivement abandonné, comme en témoigne l’éclatement du bloc soviétique ou encore la transformation par le Parti communiste chinois de son système d’économie planifiée en « économie de marché socialiste » en 1978 ; distinction faite avec l’économie sociale de marché, héritière de l’ordolibéralisme allemand, prônée par les socialistes français.

Si économie de marché et capitalisme sont à distinguer selon Braudel et si économie de marché et libéralisme sont à dissocier pour Monti, l’économie de marché reste critiquée, notamment par Polanyi qui dénonce l’encastration de la société dans l’économie. Développement des marchés (financiers, monétaires, des travails, droit de polluer voire de l’humain), dérives capitalistiques associées, perte de la puissance publique, subordination de la société civile, sont autant de points sur lesquels l’interrogation est légitime. Alors, le marché est-il la solution ?

 

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Le marché, c’est nous 

par Louis Rouanet de L Think Liberal

 

L’échec du XXème siècle est celui des économies planifiées et dirigistes. Quand le bloc communiste implosa, les socialistes opérèrent, selon l’expression de Jean François Revel, une « grande parade » pour sauver les meubles de leur idéologie en pleine déliquescence. Paradoxalement, leur position devint plus confortable. Ils n’avaient plus à expliquer les résultats déplorables et les atrocités du « socialisme réel ».

À travers le prisme de l’idéal socialiste, ils pouvaient désormais s’indigner contre le système capitaliste. En soulignant ses imperfections, ils croyaient remettre en cause son principe même et justifier l’intervention (plus imparfaite encore) du gouvernement. Mais qui a prétendu que les marchés étaient parfaits ? Personne.

Les libéraux montrent juste que pour certaines activités, le marché (les moyens volontaires) sont plus efficaces que l’intervention gouvernementale (les moyens coercitifs) et il faut bien l’admettre, sur nombre de sujets, l’expérience leur a rendu justice.

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Le triomphe du marché

Clarifions certains points. Le marché n’est pas une institution désincarnée qui agit par elle-même. Le marché est une institution sociale, polymorphe selon les cultures et les époques. Nous participons tous au marché et donc dans un sens, le marché, c’est nous. Quand nous parlons du triomphe du marché, nous voulons simplement constater que dans la majorité des situations les individus résolvent plus facilement leurs problèmes et ceux de leurs congénères quand ils sont libres de leurs choix et libre de disposer de leur propriété.

La réussite des économies de marché est incontestable. Il fallut attendre l’arrivée du capitalisme pour que la condition des plus pauvres commence à s’améliorer. Après la deuxième guerre mondiale, l’Italie et l’Allemagne qui acceptèrent l’économie de marché dans sa forme la plus aboutie en réaction au planisme des dictatures fascistes connurent un miracle économique. Parmi les pays en voie de développement, ceux qui réussissent le mieux sont ceux qui maintinrent un gouvernement limité laissant faire leurs citoyens. Pensez au cas de Hong Kong ou encore à celui du Botswana dont le PIB est passé de 70$ à 16 400$ par habitant entre 1966 et 2011.

Une multitude de libéralisations furent des succès éclatants. En 2001, quand l’Irlande libéralisa le secteur des taxis, leur nombre tripla et les prix baissèrent. Quand Reagan libéralisa le marché du gaz, nombre d’intellectuels annoncèrent la hausse des prix et l’engraissement des géants pétrolier. Résultat : les prix baissèrent de 40%. Mais les détracteurs des libéralisations se protègent derrière l’exemple d’une finance qui serait soit disant un symbole du libéralisme contemporain. Cela ne les gêne pas du tout d’omettre que la gestion de la monnaie n’est pas soumise au marché mais à des institutions planificatrices : les banques centrales. Ils omettent également le fait que le secteur bancaire est l’un des secteurs les plus règlementés par les gouvernements.

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Le renard compte sur l’Etat pour construire le poulailler

Il est largement admis que le marché, c’est la loi de la jungle. Le ministre de l’économie Emmanuel Macron a lui-même écrit sur son compte twitter que « le libéralisme, c’est la loi du plus fort, l’esprit des réformes que nous proposons, c’est tout l’inverse ». La loi du plus fort, c’est quand la coercition est utilisée par des criminels ou par l’Etat pour violer son droit à être libre et à posséder sa propriété.

Dénoncer la loi du plus fort c’est ignorer la question : le plus fort à quoi ? Sur le marché, ceux qui sont récompensés sont ceux qui servent le mieux les consommateurs, sur le « marché politique », le plus fort est celui qui obtient faveurs et privilèges de la part de la puissance publique. Les aides aux banques, les subventions aux entreprises… ceci n’est pas le résultat du marché, c’est le résultat de l’étatisme sans limite.

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La moralité du marché

Adam Smith l’avait compris, le capitalisme développe le sentiment d’empathie. Le commerce ne se résume pas à l’intérêt. Le commerce, c’est aussi des sourires, des poignées de main et de nouvelles amitiés. L’amicalité est une caractéristique des sociétés de marché.

Chacun, dans une société libre, doit se mettre à la place de l’autre pour comprendre ses besoins et les satisfaire au mieux. Le progrès matériel a pour origine l’intelligence d’entrepreneurs souhaitant servir le mieux possible leurs consommateurs et non des monopoleurs cherchant à soustraire des profits indus grâce à l’obtention de privilèges.

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Le marché, généralement injuste et inefficace 

par Oscar Bockel de Contre-Courant SciencesPo 

Non, malgré les prétentions libérales, l’unique solution à l’ensemble des problèmes du monde n’est pas l’extension sans fin de la sphère marchande à tous les domaines de l’inanimé et du vivant. Il ne s’agit aucunement de nier les bénéfices que peut procurer le marché dans certains secteurs; une économie pleinement planifiée, entièrement contrôlée par une administration bureaucratique n’est probablement pas un modèle d’optimalité, l’initiative privée a du bon, mais non, le marché seul ne peut pas tout faire, il ne sait pas tout faire !

L’inanité du modèle fantasmé d’un marché concurrentiel pur et parfait n’est plus guère à démontrer. Le marché, laissé en autonomie, aboutit généralement à une situation d’oligopole ou de monopole, l’opposé d’une concurrence pure et parfaite. De pléthoriques externalités, naturelles dans une société faite non pas d’individus hors-sol mais de liens et d’interdépendances, ne peuvent que s’y accumuler, faussant tout mécanisme de prix. Comme Keynes l’a théorisé, la nature du marché n’est pas l’équilibre mais le déséquilibre, c’est d’autant plus juste pour les marchés financiers, par nature irratiques et instables. La concurrence libre n’est jamais parfaite, le marché pleinement autonome n’est qu’un fantasme, il faut qu’une force de régulation veille, ne serait-ce que pour pallier aux imperfections inhérentes au marché, dans l’optique d’approcher un tant soit peut un modèle de concurrence parfaite.

Mais cela n’est pas suffisant, le marché, et qui plus est son déploiement libre et sans limites, est source d’injustices criantes, comme suffit à le prouver une simple partie de Monopoly. En effet, par essence, les mécanismes de marchés sont ajustes et amoraux, ils ne prennent pas en considération les efforts effectués mais uniquement le résultat, obtenu par les facteurs contingents de l’offre et de la demande. Le salaire très élevé du trader par rapport au médecin n’est ni le témoignage du mérite supérieur de ce dernier, ni la reconnaissance d’une utilité sociale plus importante, mais résulte de la mobilité très forte des opérateurs de marché et de l’exploitation financière qu’ils font d’actes par nature collectifs de créations de richesses.

Si le marché est généralement injuste, dans certains domaines il est même inefficace. On peut citer l’exemple criant de la santé. Aux Etats Unis, le système de santé, grandement privatisé et soumis aux règles de la concurrence, représente 18 à 19% du PIB, contre 13% seulement en France, pour une espérance de vie inférieure de deux ans, et un mortalité infantile supérieure d’un tiers. La concurrence acharnée, résultat mécanique de tout système de libre marché, n’aboutit pas nécessairement à plus d’efficacité : elle multiplie les dépenses improductives de marketing, déstructure les liens sociaux et accroit la pression sur les employés, sans même préciser que les inégalités qui en sont le produit endommagent la croissance économique (cf. Le Prix de l’Inégalité, Stiglitz).

Il est nécessaire que des forces publiques et démocratiques interviennent pour réguler le marché, circonscrire sa sphère d’influence et canaliser la concurrence. Tout n’a pas vocation a être rentable, la démarchandalisation, et l’accès libre universel et gratuit garanti par l’idée de service publique, est nécessaire dans des sphères aussi cruciales que l’éducation, la santé ou la culture, or ce sont les domaines d’avenir. La seule solution aujourd’hui, c’est de se diriger vers une économie mixte comme celle défendue par Polanyi : une économie composée de marchés sévèrement régulés, d’entreprises démocratiques enracinées dans des tissus locaux de production, avec un Etat

Providence et des services publics efficaces, mais également une solide économie sociale et solidaire. Pour parvenir à cela, il nous faut non pas accroitre la sphère d’influence du marché et son pendant prédateur, mais casser son arrogance en réencastrant les marchés, les soumettant aux besoins sociaux réels, à la démocratie.

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  • Du travail d orfevre, vous nous faite reellement plaisir.

  • Louis Rouanet

    Mon adversaire fait de faux procès tout le long. Ceci n’est pas un face à face puisque Mr. Bockel attaque des hommes de paille et donne des coups d’épée dans l’eau.

    Les anti-libéraux réglementent tellement sévèrement les marchés que des monopoles apparaissent. Comme leurs politiques n’a pas les effet espérés, ils accusent le marché de créer des monopoles. Donnez moi un seul exemple de monopole qui ne jouit pas d’un privilège gouvernemental?

    « L’inanité du modèle fantasmé d’un marché concurrentiel pur et parfait n’est plus guère à démontrer. » ==> Je suis bien d’accord surtout que tout le monde l’est. Personne n’a prétendu qu’un tel modèle existe dans la réalité. Cet « argument » est un coup d’épée dans l’eau. Je tiens à signaler qu’un grande partie des libéraux sont d’accord avec l’école autrichienne d’économie qui s’est efforcée bien avant Keynes de critiquer le modèle néoclassique et la notion d’équilibre. Mr. Bockel omet ceci ou tout simplement ne le sait pas. (voir un court texte d’Hayek: http://lthinkliberal.org/la-concurrence-nest-ni-pure-ni-parfaite-and-so-what/)

     » De pléthoriques externalités » et les asymétries d’information ==> L’existence d’asymétries d’information ne répond pas à la question : en quoi l’intervention gouvernementale est-elle une meilleure solution que le marché ? Après tout, la situation la plus flagrante d’asymétrie d’information est celle concernant les relations entre le contribuable et l’Etat. En effet, l’Etat sait bien mieux que le contribuable ou va l’argent prélevé par l’impôt. Persister à croire que l’asymétrie de l’information est un problème qui requière une intervention coercitive de l’Etat, c’est admettre implicitement le modèle néoclassique de concurrence pure et parfaite selon lequel l’allocation des ressources est optimale qu’à la condition ou les acteurs sur un marché connaissent l’ensemble de l’information. C’est une illusion bien propre aux néoclassiques de penser que les asymétries requièrent l’intervention gouvernementale. Dans bien des cas, les hommes trouvent des moyens pour régler ces problèmes. (Voir une analyse autrichienne:
    https://mises.org/journals/qjae/pdf/qjae14_2_6.pdf)
    Concernant les externalités, certaines sont gérées par la propriété, soit par des règles de juste conduite librement admises. Enfin, certaines externalités comme les externalités inframarginales ne posent aucun problème.

    « Non, malgré les prétentions libérales, l’unique solution à l’ensemble des problèmes du monde n’est pas l’extension sans fin de la sphère marchande à tous les domaines de l’inanimé et du vivant. » =>
    Les libéraux n’ont jamais prétendu ça. Regardez les travaux d’Elinor Olstrom, qui est libérale mais qui étudie les cas ou les ressources peuvent être gérées sans propriété simplement avec des règles de conduite librement acceptées.
    L’allégation la moins sérieuse faite à l’encontre des libéraux est surement celle les accusant d’être matérialistes et de consumérisme. Pourtant, elle est surement l’une des plus persistantes. Jacques Généreux fait de « l’abondance de biens, finalité nécessaire de la société » le « neuvième pilier du néolibéralisme ». Par ailleurs, il écrit:
    « Le néolibéralisme s’accommode de toutes les aliénations mentales et de tous les obscurantismes, à la seule condition qu’ils transforment l’individu en automate entièrement occupé à produire et à consommer. »
    Mais qui donc a pu affirmer l’idée ahurissante selon laquelle l’acquisition de biens matériels et l’accumulation de richesses sont des fins supérieures à tout autre ? Que la production est le but ultime de l’humanité ? Aucun libéral un peu soi tant sérieux ne l’a fait. Pourtant, les antilibéraux brandissent la figure du matérialiste pour caractériser leurs adversaires d’une manière bien peu honnête sur le plan intellectuel. Ceci vise à les disqualifier sans même avoir eu besoin d’avancer un argument valable. En effet, qui serait assez fou pour vouloir un monde sans art ni sentiments où chacun s’occupe exclusivement de son bien-être matériel sans faire preuve d’empathie ? Les libéraux (autrichiens tout du moins) ne font que constater que les individus, par leurs choix, affirment des préférences entre le matériel et le non matériel. Cependant ils refusent catégoriquement d’établir un jugement de valeur autre que personnel concernant le matériel et le non matériel. Renouard, l’un des auteurs du Dictionnaire d’économie politique de 1853, constate :
    « Les hommes sont nés pour le travail ; mais ils aspirent au repos, au loisir, à la culture sereine et désintéressée de l’intelligence. »
    Notons que l’un des premiers libéraux, Destutt de Tracy, voyait le consumérisme et le matérialisme comme étant l’action du souverain. Il écrivait ainsi :
    « Si donc le monarque, comme il faut en convenir, a intérêt à encourager et à favoriser le luxe, c’est parce qu’il a besoin d’exciter puissamment la vanité, d’inspirer beaucoup de respect pour tout ce qui brille, de rendre les esprits frivoles et léger pour s’éloigner des affaires, de fomenter des sentiments de rivalité entre les diverses classes de la société, de faire incessamment sentir le besoin d’argent, et de ruiner ceux de ses sujets qui pourraient devenir solidement puissants par l’excès de leur richesse. »
    Ludwig von Mises fait remarquer quant à lui à juste titre dans son magnus opus L’Action Humaine :
    « C’est déformer les faits que de reprocher à l’ère libérale un prétendu matérialisme. Le XIXe siècle n’a pas été seulement celui d’un progrès sans précédent des méthodes techniques de production, et du bien-être matériel des multitudes. Il a fait bien davantage que d’accroître la durée moyenne de la vie humaine. Ses réalisations scientifiques et artistiques sont impérissables. Ce fut une ère fertile en très grands musiciens, écrivains, poètes, peintres et sculpteurs ; elle a révolutionné la philosophie, l’économie, les mathématiques, la physique, la chimie, la biologie. Et pour la première fois dans l’histoire, elle a rendu les grandes oeuvres et les grandes pensées accessibles à l’homme du commun. » (p.116)
    Malgré ces fausses accusations de matérialisme, nous pouvons être à peu près sûrs que celles-ci continueront à être utilisées comme argument car après tout, une technique bien répandue parmi les antilibéraux et d’attribuer des opinions à leurs adversaires alors que ceux-ci ne les ont jamais explicitées, jamais soutenues voir même parfois vivement dénoncées. Jacques Généreux face au fossé qui sépare ses « dix piliers du néolibéralisme » et la réalité des opinions libérales se voit obligé d’admettre :
    « Le fait que les néolibéraux eux-mêmes n’exposent pas la plupart des postulats que je présente ci-dessous ne me contraint pas à les imaginer ex nihilo. Je n’invente ces postulats qu’au sens archéologique du terme : je dé-couvre des hypothèses enfouies et déjà posées par d’autres durant l’histoire de la pensée moderne. » (p.269)
    Ainsi, la prétendue archéologie de Mr Généreux lui permet de faire dire tout et n’importe quoi aux penseurs néolibéraux ce qui lui est fort utile pour étayer ses thèses mais qui l’amène à des erreurs manifestes dont l’accusation de matérialisme en fait partie.
    Dénoncer les sociétés de marché comme étant matérialistes, c’est également admettre implicitement que celles-ci sont bien plus aptes à produire des biens matériels. Or ces biens produits dans ces sociétés sont le résultat des décisions individuelles. Cette abondance ne signifie pas que nous ayons abandonné les bonheurs des belles choses, de l’art et de la solidarité. Bien au contraire, c’est l’abondance matérielle qui ayant satisfait les besoins vitaux des hommes, les ont amenés à se préoccuper d’autre chose que de l’aisance matérielle. Quel est l’utilité d’aller voir un opéra pour le paysan africain affamé qui rappelons-le, est surement exproprié ou menacé d’expropriation en plus d’être victime du protectionnisme agricole des pays riches. Dénoncer le capitalisme de matérialisme ne peut que provoquer l’hilarité tant l’argument est ancien et a prouvé son absurdité. Les premières critiques du capitalisme consistaient à condamner la « dégradation morale » des classes populaires résultant du commerce et du péché matérialiste. Ainsi, dans les années 1830 un anglais comme Gaskell contribua à la critique du capitalisme en admettant que le bien-être matériel des travailleurs c’était amélioré mais que cela avait entrainé une débauche morale de ceux-ci. Ainsi, selon lui, l’Espagne qui était un pays peu commercial, même si elle connaissait des cas répétés de cannibalisme, était trois fois moins vicieuse que la France et sept fois moins que l’Angleterre. Nous voici rassurés, la morale était sauvegardée en Espagne même si les espagnols affamés étaient obligés de manger leurs compagnons ! Ce même Gaskell considérait la consommation de thé par la classe ouvrière comme une dégradation morale. D’autres auteurs dénonçaient la tendance des filles à acheter des habits au lieu de les fabriquer soit même. Autant d’exemples de « dégradation morale » qui étaient en fait le témoignage de l’enrichissement des plus modestes. Ce ne serait pas grave si ces critiques n’avaient pas été courantes et si elles n’avaient pas été récupérées par une partie de ceux s’autoproclamant défenseurs des travailleurs.

    « En effet, par essence, les mécanismes de marchés sont ajustes et amoraux » suivi de « Si le marché est généralement injuste, dans certains domaines il est même inefficace. » ==>
    Donc le marché est injuste ou ajuste? Il faut savoir! Première contradiction sur le sujet. Deuxièmement, le critère de justice ne peut pas être appliqué au marché. Les résultats produits par le marché ne sont ni justes, ni injustes. La justice est une caractéristique individuelle : on peut être juste ou injustes dans nos actes. Le marché quant à lui n’est pas une personne, il résulte « de l’action humaine mais non du dessein humain », personne n’a voulu ou inventé le marché, celui-ci est progressivement apparu et ses résultats ne font pas parti des intentions de départ des acteurs d’un marché. L’idée de justice appliquée au marché n’est donc pas probante. Ce qui est injuste par contre, c’est d’empêcher les hommes d’être libre.

    Sur le système de santé, c’est le plus mauvais exemple de cet article mais c’est aussi le seul. L’intervention gouvernementale dans le secteur de la santé est problématique (cf. http://mises.org/daily/4434/Whats-Really-Wrong-with-the-Healthcare-Industry). De plus il y a des avantages pour le système de santé américain: meilleure qualité des soins, très faible files d’attentes (ce qui réduit le nombre de morts)… Voir, si vous êtes intéressés, le chapitre sur la santé de Thomas Sowell dans « Applied Economics » qui doit pouvoir se trouver en pdf sur internet.

    Face à tant de mythes véhiculés, il est impossible d’argumenter dans un court article ou dans un bref commentaire. Devenir libéral est un chemin qui prend des années et je n’attends pas que quiconque parmi les antilibéraux soient convaincus par cet article. Mais tant qu’à faire, je m’efforce de rétablir quelques vérités dans ce commentaire.

  • Hugo

    Les bons vieux clichés des ultra-libéraux…

  • Damien S

    Les bons vieux clichés des anti-libéraux …