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Le show de Noël : quand Boutmy étincelle

Il est dix huit heures trente, Boutmy s’impatiente. Les vidéos teasers disponibles sur la page Facebook d’Art’ Core, les permanences dynamiques en Péniche et les affiches scotchées un peu partout ont fait leur effet : l’amphi’ est plein à craquer. Des applaudissements disparates se font entendre de ci, de là : certains ont même apportés leurs pancartes de soutien. Ce soir, la compagnie de danse Art’Core et la Comédie Musicale de Sciences Po s’apprêtent à mettre le feu aux planches.

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Pourquoi ce show commun ?

Il y a des différences entre Art’Core et la « Co’Mu » (comme le surnomme les habitués). Les premiers dépendent de l’AS, les seconds du BDA. Les premiers rassemblent tous les styles de danse, de la salsa au hip-hop en passant par le classique. Les seconds revisitent Balzac à travers le chant, la danse et le théâtre.

Il y a aussi de nombreux points communs. Plusieurs membres de la Comédie Musicale sont également danseurs chez Art’Core. Ils ont partagés les salles de répétition et les permanences en Péniche. Et ils ont en commun, il faut le dire, un sacré sens du spectacle.

Enfin, on peut le dire : les danseurs d’Art’Core et les acteurs de la Co’Mu sont de ces gens brillants qui en plus d’être bons en cours, sont tellement talentueux qu’ils pourraient être choristes de Mika (ce qui est le cas d’une des fille de la Co’Mu), à Broadway ou au West End. On ne peut que les admirer.

Art’Core « jusqu’à la mort » (Kery James)

C’est Marianne Hobeika, fondatrice d’Art’Core, qui est la première à grimper sur scène. Elle prend le micro pour rappeler ce qu’est la compagnie : « une association de danse, ce qui manquait tant à Sciences Po ». Art’Core rassemble les danseurs de tous les horizons, qui mixent volontiers les styles et créent eux-mêmes leurs chorégraphies. L’asso’ est très récente, elle a à peine un an, et elle rassemble déjà les meilleurs talents que Sciences Po offre en matière de danseurs, sélectionnés à travers des auditions qui ont duré toute une semaine. Trois remerciements plus tard, le show peut commencer.

Imaginez une salsa sur le dernier tube de Stromaë « Tous les mêmes ». Art’Core l’a fait. Imaginez des danseurs classiques revisiter la BO d’ « Amélie Poulain ». Art’Core l’a fait. Imaginez du contemporain sur du Bon Iver, du mélange hip-hop classique, un final de feu et de flammes sur « Kotch ». Cela aussi, Art’Core l’a fait. La demi-heure accordée à la compagnie de danse a plus que rempli ses promesses, tantôt en électrisant Boutmy aux sons suaves d’Ayo Technology, tantôt en l’envoûtant à travers la poésie et l’incroyable émotion vibrant à travers le trio de danseurs sur « Formidable » (je l’avoue, mon passage préféré). Cette variété de danses, de chorégraphies (les vrais auront reconnus les chorés du CRIT’ et de la Cash & Trash côtoyant les créations plus récentes) fait la richesse d’une association qui, bien que toute jeune, a prouvé ce soir qu’elle n’a plus à faire ses preuves et qu’elle a trouvé sa place au Panthéon sciencespiste. Naomie, une des trois capitaines (avec Claire et Marielle), pulpeuse et surmotivée, du « crew », nous confie backstage sa joie et sa fierté : « le public était au rendez-vous ».

La Comédie Humaine, le retour

Certains danseurs auront à peine eu le temps de reprendre leurs souffles qu’ils enfilent déjà leurs costumes pour rentrer dans les rôles de Maxime ou Delphine et commencer la Comédie Humaine. L’adaptation de l’œuvre de Balzac, version sciencespiste, showbiz’ et paillettes, a déjà été racontée ici. Cependant, il faut reconnaître que la « Co’Mu » a bien changé depuis l’année dernière. Ils étaient bons : ils sont devenus excellents. Les chorégraphies sont époustouflantes de maîtrise et de synchronisation, notamment celle de Eye of the Tiger qui a été complexifiée et redynamisée. Les chansons ont été revisitées et retravaillées : Set Fire to the Rain ainsi, est devenue un solo, une modification qui fait ressortir la beauté de la voix de la chanteuse et l’émotion générale de la chanson. La troupe a un peu changé (la faute aux départs en 3A des uns et des autres), mais affiche toujours plus d’entente et de dynamisme. Même les costumes ont été retouchés : à saluer, notamment, celui de Madame Vauquier, la concierge !

 Un succès qui dépasse les frontières du 27 : la Comédie Humaine s’est ainsi produite à la Cité Universitaire de Paris, en Normandie et plus récemment au Grand Théâtre de Calais. Ce soir, ils sont de retour, en forme olympique, et interprète les Beatles, Carmen ou Beyoncé pour le plus grand plaisir des yeux et des oreilles.

Quand le rideau tombe

De la danse, du chant, du théâtre : bref, du SHOW qui nous ambiance et change agréablement de la voix (sensuelle, on en doute pas) des professeurs qu’on a plus l’habitude d’entendre en Boutmy. C’était beau, c’était chaud, c’était pro, et c’était exactement ce qu’il fallait aux 500 personnes dans la salle pour oublier leurs deadlines de mémoires ou le partiel de microéconomie prévu pour la semaine prochaine.

Un seul bémol : la sono de l’amphi’ est clairement plus habituée à Jean-François Chanet qu’à Beyoncé. Résultat, quelques cafouillages entre deux chorégraphies d’Art’Core et des difficultés à entendre les voix des chanteurs de la Co’Mu par-dessus la musique.

Malgré tout, on peut retenir un beau spectacle et souhaiter tout le succès mérité par nos talents de la Co’Mu dans leur tournée en attendant la représentation de Chicago, en pleine répétition à l’heure qu’il est. Évidemment, le show d’Art’ Core nous donne envie d’en voir plus et on attend avec impatience d’autres vidéos, d’autres spectacles, et pourquoi pas d’autres happenings en Péniche ou ailleurs…

Des paillettes aux pirouettes, de Beyoncé à Montagné, du rêve : ce six décembre, on pourra dire qu’on aura reçu, en avance, un très beau cadeau de Noël.

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