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Le Grand Oral de NKM en dix phrases

Hier soir, Sciences Po TV et La Péniche recevaient Nathalie Kosciusko-Morizet pour la troisième édition du Grand Oral. Dans un amphithéâtre bondé, c’est avec courtoisie et un peu d’humour que l’ancienne porte-parole de Nicolas Sarkozy s’est pliée au jeu. Retour sur les dix phrases que vous avez peut-être manquées.

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© Ulysse Bellier

« En temps de crise, on ne devrait pas toucher à l’identité des gens. » Alors que la déchéance de nationalité séduit le gouvernement et une partie de son propre camp, Nathalie Kosciusko-Morizet refuse de s’approcher de cette « ligne à droite toute ». Celle-ci ne serait « ni juste, ni efficace ». « Il faudrait une vraie dynamique économique pour régler ce genre de préoccupations », ajoute-t-elle.

« Notre mode de scrutin ne protège plus. » Fonctionnant assez bien lors d’une alternance droite-gauche, Nathalie Kosciusko-Morizet appelle à repenser notre système d’élections, au regard de la montée en puissance du FN. Face à Jean-François Kahn, écrivain et journaliste, elle n’hésite d’ailleurs pas à confirmer qu’elle serait opposée à toute alliance avec le parti d’extrême-droite et à rappeler son attachement à la « stabilité gaulliste ».

© Ulysse Bellier

« Nicolas Sarkozy ne m’a pas encore envoyé son livre. C’est comme les voeux, ça peut arriver jusqu’à la fin du mois. » Derrière les rires du public, le ton est amer. Si la rupture semble presque actée, sa main reste-t-elle tendue ?

« Je ne vous annoncerai pas aujourd’hui ma candidature aux primaires. » Candidate peut-être, mais NKM ne le déclarera pas ce soir. « Je vous remercie de penser à moi, ça ne m’est pas venu à l’esprit », s’amuse-telle. Quant à la participation plus que probable du chef du parti Les Républicains, l’invitée n’en pipe mot.

« Revenir sur les 35h était à faire en 2002. » A croire l’ancienne maire de Longjumeau, le  code du Travail est dépassé depuis un certain temps. Défendant « l’abolition du temps de travail unique », elle recommande aussi de « l’adapter selon les branches ». Nathalie Kosciusko-Morizet n’hésite pas à rappeler son idée de créer des « zones franches » dans le fameux code.

© Yann Schreiber

« Il n’y a pas assez de diversité de formations au sein du gouvernement. » Diplômée de l’X, Nathalie Kosciusko-Morizet refuse tout complexe sur le fait de ne jamais être allée à l’ENA. L’ancienne porte-parole de Nicolas Sarkozy déplore la proportion presque nulle de scientifiques au sein de la classe politique. « Il n’y a pourtant pas de raison. Prenez le parti communiste chinois, il est composé presque exclusivement de scientifiques », ajoute-t-elle.

« En politique, quand vous ne gênez personne, vous ne servez pas à grand chose. » Jacques Chirac l’ayant un jour qualifiée d’ « emmerdeuse » en 2002, la députée de l’Essonne l’assume. Ca serait même, pour elle, un compliment !

« Je rêve du jour où une femme présidente ne sera plus un tabou. » Considérant pourtant que la France est en avance sur la plupart des pays européens, Nathalie Kosciusko-Morizet pointe du doigt des inégalités de genre encore persistantes. Se revendiquant d’un « féminisme universaliste », la députée n’hésite pas à recommander la lecture du Deuxième Sexe, de Simone de Beauvoir.

« Je me souviens des 75%, de la guerre contre la finance… » En réponse à Jean-François Kahn, le Grand Témoin de ce Grand Oral, Nathalie Kosciusko-Morizet accuse François Hollande d’avoir dupé son électorat. Les députés frondeurs ont, de leur côté, été victimes de « duplicité ».

© Ulysse Bellier

« L’accord universel de la COP21 est une performance. » Ancienne ministre de l’écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet salue le « talent diplomatique de Laurent Fabius » ayant conduit à l’accord de Paris. Néanmoins, le contenu du texte reste, pour elle, insuffisant sur le fond. Il faut une vraie dynamique à l’échelle locale pour préserver l’environnement. NKM en profite pour critiquer la gestion de la municipalité de Paris, aujourd’hui à gauche. « Je suis sidérée par la lenteur avec laquelle on transforme la flotte de voitures parisiennes », s’indigne-t-elle. La mairie, ayant acheté des véhicules diesel, ne serait pas exemplaire vis-à-vis des particuliers.