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LE MAG – Le Louvre et Orsay, incontournables de novembre

Las de errer en Péniche ? Besoin d’une pause entre deux heures de cours ? Tente une escapade culturellement enrichissante ”hors les murs” du 27 en (re)découvrant deux des plus beaux musées de la capitale.

 

Une programmation qui défie le temps

Ce mois-ci, deux colosses culturels proposent des rendez-vous incontournables autour du thème du temps.

Avec le changement d’heure, la rédaction vous propose de réfléchir à cette notion qui interroge l’Homme par son interminable course.  

Le musée du Louvre redéfinit la notion du temps avec l’exposition Une brève histoire de l’avenir jusqu’au 4 Janvier 2016.

De son côté, le musée d’Orsay fait appel à ses artistes les plus fidèles pour bousculer les conventions sociales le temps d’une exposition controversée, Splendeurs et misères. Images de la prostitution 1850-1910 jusqu’au 17 janvier 2016.

Ces deux projets culturels déclarent la guerre aux lieux communs de la création artistique avec l’ambition de démolir les idées préconçues du grand public. Leur victoire ne fait cependant pas l‘unanimité.

 

Retour…vers le futur !

Pour se faire, le musée du Louvre joue l’atout de la richesse de sa collection de repères historiques. Ces pièces témoins du temps passé sont mêlées à des productions artistiques contemporaines.

Le Destin des empires. La destruction, de Thomas Cole.

L’ordre chronologique est ainsi réorganisé : l’intervention de l’Homme sur son environnement est au centre du parcours d’analyse. Des objets techniques et artistiques de diverses civilisations sont mis en perspective. Ainsi, des poids en forme de canard de marchands mésopotamiens côtoient  un réseau relationnel d’une banque américaine au coeur des réseaux financiers contemporains.

L’évolution du commerce est, en règle générale, mise en exergue par la dématérialisation de l’échange. Un artiste a tout de même tenté de matérialiser le temps. A. Saraceno a pensé à donner une consistance au temps qui s’écoule avec le travail d’araignées, infatigables tisserandes naturelles.

Les échos raisonnant entre les oeuvres exposées déstabilisent le sens logique. Le visiteur découvre la dimension où le temps s’arrête : celle appartenant au rêve.

L’effet est garanti dans ce tourbillon d’oeuvres diverses et variées, chacune plus surprenante que l’autre. Une salle mérite une attention particulière : le cycle de tableaux de T. Cole Le destin des empires. Ce peintre dresse le portrait d’une civilisation imprégnée de culture néoclassique. En quatre panneaux, il reconstitue les étapes de son développement, de la naissance à l’âge d’or, jusqu’à l’inévitable chute. Ce schéma a une propriété universelle troublante.

Toutefois, le manque d’indications est déplorable. Une explicitation plus claire des parcours intellectuels des artistes aurait rendu la visite plus fluide. En effet, le visiteur a pour mission de produire sa propre interprétation face aux sinuosités de ce parcours, ce qui aplanit l’art et la technologie sur un même espace temps.

 

Prendre du bon temps au XIXème siècle

De l’autre côté de la Seine, au musée d’Orsay, les bornes temporelles sont clairement définies.

Les oeuvres proposées se rassemblent autour du « plus vieux métier du monde ».  Le parcours de visite explore différentes dimensions du phénomène selon le milieu social, le lieu et la période. Ainsi la vie des filles de joie n’est pas la même dans la rue ou dans une maison close, voire dans un cabaret.

Dans ce cadre, l’art est un témoignage à valeur inestimable. La sensibilité et l’émotion du peintre permettent de nouvelles mises en perspective d’un aspect social souvent dénigré.

Rolla de Henri Gervex

Le visiteur a le plaisir de pouvoir admirer des oeuvres des plus grands maitres impressionnistes de l’époque : Degas, Manet, reconnaissable par sa palette riche en constrastes soulignée d’un trait noir inimitable, Monet, Toulouse Lautrec, habitué des cabarets parisiens, et bien d’autres…

Ne ratez pas des pièces phares comme la scandaleuse Olympia de Manet ou l’absinthe de Degas, mises en scène de femmes de vice dans leur quotidien.

Les dernières salles élargissent les horizons en proposant un panorama européen de la condition des prostituées au début du XXème siècle, Picasso et Munch à l’appui.

L’art filmique et photographique sont également à l’honneur avec des pièces rares remontant au début du siècle dernier.

Cet aspect plus concret se rapproche de la vision contemporaine du visiteur. Des chambres sont aussi reconstituées dans un souci de réalisme, au détriment de la poésie de la production picturale, qui, malheureusement, disparaît totalement.

Il est intéressant de confronter la cruauté de la vie quotidienne de ces vendeuses de charmes à l’image gravée dans l’imaginaire collectif : celle de femmes oisives et superficielles, habitées par le vice.

Mais l’Art rend magistralement à ces femmes toute leur fragilité et leur humanité. Insérer des éléments du réel est superflu, puisque la réalité fini toujours par prendre le pas sur le germe de lyrisme apporté par l’artiste.

Ces deux expositions peignent un panorama anthropocentré à 360°. L’une se retourne vers le passée pour mieux comprendre le présent tandis que l’autre a pour ambition de se projeter l’avenir. Ce tournis temporel riche en émotion s’offre à vous sans plus attendre.

Et …parce que le temps est argent…on ne saurait se priver d’une entrée gratuite ! Sous présentation de carte étudiante européenne, l’accès aux expositions n’a jamais été aussi facile. Même pas besoin de faire l’interminable queue ni d’acheter un billet.

 

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  • Tim

    Le tableau n’est pas L’Attente mais Rolla de Gervex!