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Loi Travail : Des étudiants bloquent un amphi de Sciences Po

Une centaine d’étudiants a bloqué et occupé, dans la nuit de lundi à mardi, l’amphithéâtre Caquot de Sciences Po au 28 rue des Saints-Pères pour la tenue d’une assemblée générale. Y étaient notamment demandés le retrait pur et simple du projet de loi El Khomri ainsi que des dispenses d’assiduité pour les étudiants s’étant mobilisés.

Un dessin d’Albane Miressou-Got

 

Retrait de la loi et dispense d’assiduité

« Puisque l’administration refuse de nous laisser nous mobiliser, nous manifesterons au sein de nos locaux jusqu’à nouvel ordre », ont affirmé les étudiants de l’assemblée générale dans un communiqué publié lundi. Ils accusent Sciences Po de « chercher à empêcher la mobilisation » en n’assouplissant pas les règles d’assiduité. « Contrairement à de nombreuses universités et IEP », peut-on d’ailleurs lire dans ce document.

« Il faut que l’administration comprenne que le milieu Science-Piste n’est pas hermétique au reste de la société », a déclaré Laura Cazalot-Duquesne, une responsable de l’UNEF. Elle dit ne pas vouloir prédire jusqu’à quand l’occupation de l’amphithéâtre continuera, et que « tout dépend de la direction. »

© Yann Schreiber

« Demain, à 12h30, une nouvelle Assemblée Générale se réunira pour décider de la suite immédiate de la mobilisation », a écrit le collectif « Sciences Po contre la Loi Travail » sur Facebook. « Des ateliers de lecture de la loi travail seront organisés dans la journée », a-t-il ajouté.

L’action est connue sous « #OccupyScPo » sur Twitter, où le hashtag est entré aux Trending Topics lundi soir.

Les étudiants, réunis à partir de 19h, n’ont pas quitté les locaux à 21h15, heure de fermeture du bâtiment, ont indiqué des employés de l’IEP. L’assemblée générale a voté l’occupation de l’amphithéâtre pour toute la nuit, et la journée de mardi.

150 étudiants étaient présents en début de l’assemblée, selon les syndicats ; « une centaine » était encore dans l’amphithéâtre vers 1h du matin, selon plusieurs étudiants sortant du bâtiment. Une cinquantaine de personnes est restée toute la nuit, a affirmé mardi matin l’UNEF à La Péniche.

Dans un communiqué envoyé aux étudiants aujourd’hui mardi 22 mars vers midi, la direction des études et de la scolarité de Sciences Po a notamment considéré que « décréter la banalisation d’un créneau alors que le semestre est déjà entamé est inenvisageable » et a par ailleurs condamné « avec la plus grande fermeté l’occupation des lieux et la dégradation des équipements ».

 

De légers incidents

« Quand il n’y a plus personne à l’intérieur du bâtiment, normalement [les appariteurs] rentrent chez eux », a déclaré un employé de Sciences Po à La Péniche, ajoutant que lundi soir, le personnel était resté pour « assurer la sécurité des étudiants. » 

© Yann Schreiber

Vers 23h20, une quinzaine d’étudiants a forcé l’entrée dans l’amphithéâtre malgré l’interdiction, ont rapporté des étudiants présents. Après cette heure, seules les sorties étaient possibles, alors que quelques étudiants étaient encore devant la porte d’entrée. La police était brièvement sur place vers 23h45 et a relevé l’identité d’une étudiante ainsi que d’un journaliste sur place.

L’administration a refusé, lundi soir vers 23h45, l’accès au bâtiment à un photographe de La Péniche.

Un employé de Sciences Po a enlevé les autocollants sur la porte d’entrée du bâtiment vers 1h30 du matin mardi. « Je vous comprends, mais j’ai mes consignes », a lâché cet employé envers plusieurs étudiants.

En 2013, un an après la mort de Richard Descoings, des dizaines d’étudiants avaient passé deux nuit dans l’amphithéâtre Boutmy pour demander plus de transparence dans le processus de sélection du nouveau directeur de Sciences Po. Le mouvement était alors baptisé « #OccupyBoutmy ».

  • Lucas Rochette-Berlon

    Merci pour l’article !
    Pour compléter ces photos qui ont été prises pendant des moments de pause la nuit, donc avec évidemment moins de monde qu’en AG puisque des personnes s’occupaient de la cuisine et de l’extérieur.

    Aujourd’hui, 3ème jour de l’occupation, nous sommes 200 dont de nombreux étudiant-e-s et professeur-e-s qui rejoignent l’amphithéâtre pour la première fois de la semaine.

    L’amphithéâtre Caquot est toujours ouvert à tout-e-s étudiant-e-s, professeur-e-s ou salarié-e-s de Sciences Po opposé-e-s à la Loi Travail qui souhaitent nous rejoindre.

    Photo prise aujourd’hui mercredi 23 Mars à 13h30 en Assemblée Générale dans l’amphitéâtre Caquot au 28 RSP.

  • Lucas Rochette-Berlon

    Pour compléter les photos de l’article prises pendant des moments de pause la nuit, donc avec évidemment moins de monde qu’en AG puisque des personnes s’occupaient de la cuisine et de l’extérieur.
    Aujourd’hui, 3ème jour de l’occupation, nous sommes 200 dont de nombreux étudiant-e-s et professeur-e-s qui rejoignent l’amphithéâtre pour la première fois de la semaine.

    L’amphithéâtre Caquot est toujours ouvert à tout-e-s étudiant-e-s, professeur-e-s ou salarié-e-s de Sciences Po opposé-e-s à la Loi Travail qui souhaitent nous rejoindre.

    Photo prise aujourd’hui mercredi 23 Mars à 13h30 en Assemblée Générale dans l’amphitéâtre Caquot au 28 RSP.