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« Marry Us » vu par Marius, étudiant à Sciences Po

Tignasse brune et petit sourire en coin, vous l’avez sûrement déjà croisé dans les couloirs du 27, rue Saint-Guillaume. Peut-être même avez vous entendu sa reprise de notre Badie national, de Frédéric Gros ou encore des appariteurs de Sciences Po au détour d’un post sur Facebook. Il sort début novembre son premier EP : nous sommes partis à la rencontre de Marius Braud, étudiant en 2ème année et virtuose de la création musicale.

Le premier EP de Marry Us, PRCRSTNÉ, est sorti le 3 novembre dernier

Bonjour Marius. Pourrais-tu nous expliquer pourquoi ton nom de scène, « Marry Us », ressemble à s’y méprendre à une proposition de mariage libre ?

MB: « Marry Us », c’est un surnom qui date d’un voyage à Seattle il y a quelques années. Lorsque je me présentais aux gens que je rencontrais, tous m’appelaient « Marry Us ». Quand je me suis lancé dans la musique, du moins quand j’ai commencé à faire écouter ce que je faisais dans ma chambre, j’ai voulu d’une identité qui parlerait au plus grand nombre et je me suis souvenu de ce voyage. Un surnom anglais qui ressemblait à un jeu de mots avec mon vrai prénom ? C’était parfait !

Donc tu fais de la musique et tu entres à Sciences Po Paris, pourquoi ?

MB: Parce que je sépare vraiment les deux. Je n’ai jamais pensé faire une carrière dans la musique. À vrai dire, quand j’ai commencé, je ne pensais pas un jour arriver à ce stade. À l’époque, j’étais surtout curieux de savoir ce dont j’étais capable avec les logiciels que je téléchargeais illégalement quand ils n’étaient pas gratuits ( pouloulou passé de criminel, ndlr ). La musique c’est ma passion, mais Sciences Po ce sont mes études, mon avenir; si je pouvais finir à un poste qui me permette de faire les deux ce serait le bonheur.

« À vrai dire, quand j’ai commencé, je ne pensais pas un jour arriver à ce stade. »

Pour l’instant, il n’y a qu’une seule fois où j’ai fait entrer en collision loisir et études. Au moment de la création de mon dossier de candidat à Sciences Po, j’ai ajouté 30 secondes extraites de l’une de mes créations ( vous savez, la fameuse rubrique où vous pouvez mettre tout élément permettant à Sciences Po de mieux vous connaitre et vous apprécier ) ? Je l’ai fait en espérant que ça leur plairait. C’est vrai que depuis que j’étudie ici j’en profite pour me faire un peu connaitre du reste de ma promo et je remix les professeurs, les appariteurs et même le directeur, monsieur Mion, et j’espère que ça vous plait de retrouver votre quotidien comme ça, de manière un peu humoristique.

Mozart et Beethoven étaient fils de musiciens, et dans la famille de Van Gogh, on était marchand d’art. Tu es compositeur, ton frère l’est également ; est-ce que chez les Braud, on fait ça en famille?

MB: Mais pas du tout ! ( rires ) Je ne viens pas du tout d’une famille de musiciens et si j’ai fait du piano petit, ça s’arrête là. Que mon petit frère de quinze ans fasse de la musique est presque le fruit du hasard, je ne peux même pas dire que je l’ai influencé ! Par contre nous avons le même label, Fatstep Records: ils ont d’abord découvert mon frère puis mon travail via Submit Hub, c’est avec eux que je sors mon EP !

Pourrais-tu justement nous parler davantage de ton projet, l’EP  » PRCRSTNÉ « 

MB:  » PRCRSTNÉ « , c’est vraiment mon plus gros projet jusqu’à maintenant, avec six chansons, toutes assez différentes mais comme toujours dans des tonalités hautes ( traduction pour les néophytes comme moi: joyeuses ). Il y a « Kit Cat », « L’Étranger », « Hope », « Hell No » qui est un morceau avec des sonorités japonaises; « Man You » bien sûr et « Ludo ». Comme toujours, j’ai essayé de sortir des standards commerciaux tout en restant dans mes inspirations habituelles, à savoir Odesza, Grant, Porter Robinson… Cela représente beaucoup pour moi, puisque l’air de rien c’est un travail énorme ! Alors qu’un professionnel aura un mixeur et un ingénieur du son pour passer derrière lui et parfaire son travail, je suis seul face à mon ordi lorsque je crée. Le rendu n’est donc pas aussi parfait, je dois mettre tout ce que j’ai pour que ce soit audible, que ça plaise.

« Man You, c’est mon plus gros projet jusqu’à maintenant, avec six chansons, toutes assez différentes mais comme toujours dans des tonalités hautes. »

Après, sur cet EP, je ne suis pas seul.  « Ludo » est le fruit d’une collaboration avec Efflam ( Jean Rannou, un autre jeune compositeur de musique électro, ndlr ) et là encore, surtout, le fruit d’un travail acharné ! C’est une collab à l’aveugle puisque nous avons tout fait à distance, sans nous voir, j’avais déjà travaillé avec une étudiante de Sciences Po, Cléo Alduy, mais là c’était tout à fait différent. Efflam est un ami proche, donc le duo que nous formons est forcément différent.

Notre interview touche bientôt à sa fin et je voudrais savoir, question bonus, ce qui est le plus difficile quand tu crées un morceau.

MB: Le plus difficile, c’est d’être satisfait. J’écoute souvent ce que je crée, dans le métro ou dans le bus et souvent un morceau sera modifié à de multiples reprises avant que je le trouve achevé. Et même là tout n’est pas gagné: il y a des morceaux que j’écoute aujourd’hui et que je déteste parce qu’ils ne me correspondent plus mais un morceau qui me plait jusqu’au bout est forcément un morceau dont je peux être fier.

« Le plus difficile, c’est d’être satisfait. »

« L’étranger » par exemple est un des morceaux dont je suis vraiment fier, la première version notamment qui contenait des extrait lus du texte de Camus (qui n’est plus disponible pour cause de respect de la propriété intellectuelle).

C’était un plaisir « Marry Us », j’ai hâte d’écouter ton EP ! On se revoit en cours d’Anglais si tu ne sèches pas le prochain 😉

Pour compléter l’interview, vous pouvez écouter les morceaux de Marry Us, qui sont disponibles sur les plateformes d’écoute telles que SoundCloud, Spotify et Deezer. Lien : https://soundcloud.com/maryus-1

Et pour les morceaux d’Efflam, c’est par ici : https://soundcloud.com/jean-rannou