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Meet Frédéric Mion : un premier bilan positif

Frédéric Mion nous a reçu dans son bureau pendant les vacances pour évoquer la campagne "Meet the Dean".

Frédéric Mion nous a reçu dans son bureau pendant les vacances pour évoquer la campagne « Meet the Dean ». Photographie : Manon Oiknine.

C’est dans un mail envoyé à toute la communauté Sciences Po le 11 décembre dernier que Frédéric Mion annonçait son intention de réserver une plage horaire de son agenda pour rencontrer les étudiants, dans le cadre d’une campagne intitulée “Meet the Dean”.  Ce dispositif permet à quelques étudiants d’obtenir un entretien de quinze minutes avec le directeur, afin d’aborder le ou les thèmes qu’ils souhaitent. En janvier, Monsieur Mion avait déjà rencontré une dizaine d’élèves.

Ce dispositif qui apparaît au départ comme une tentative pour Frédéric Mion de répondre aux reproches d’un certain manque de proximité avec les étudiants entame son troisième mois d’existence. Il est donc l’heure de dresser un premier bilan de l’expérience, grâce aux témoignages de Frédéric Mion himself- qui nous a accordé une interview et des étudiants qui l’ont rencontré.

Frédéric Mion lors du Bal du Bachelor du BDE en train d'échanger avec des étudiants. Photographie : Amal Ibraymi.

Frédéric Mion lors du Bal du Bachelor du BDE en train d’échanger avec des étudiants. Photographie : Amal Ibraymi.

Des échanges avec les étudiants sans règles définies

L’initiative de la campagne vient du directeur lui-même, qui souhaitait « rencontrer les étudiants sans médiation, sans enjeu prédéfini ». Il explique ainsi que « ce qui manquait dans (s)on emploi du temps et dans (s)a capacité à sentir ce qui se passe dans Sciences Po, c’est un espace d’échanges sans règles prédéfinies, sinon un cadre de temps, qui (lui) permette d’avoir avec des étudiants qui le souhaiteraient des échanges sur tous les sujets de leur choix, (…) et ainsi de les connaître un peu mieux. » Une fois ce projet exprimé, c’est donc l’équipe de communication du directeur qui a installé le dispositif d’organisation de ces rendez-vous, sur le principe du « premier arrivé, premier servi ».

Depuis décembre, Frédéric Mion rencontre, une fois toutes les deux semaines, des étudiants de tous les niveaux et cursus. « Ce qui m’a beaucoup frappé, c’est la très grande diversité des interlocuteurs rencontrés, même dans ce très bref laps de temps : diversité de parcours, d’origines, diversité des préoccupations, diversité aussi de motifs de participer à ces entretiens. Certains ne venaient rien dire de très spécial (…), d’autres signalaient des points qui leur paraissaient ne pas fonctionner comme ils le devraient, d’autres venaient pour essayer de faire soutenir une initiative, d’autres encore pour suggérer un projet» explique-t-il. 

« La parole portée par les syndicats représentant les étudiants ne peut évidemment rendre compte de toute la richesse de l’expérience étudiante à Sciences Po »

Lorsqu’on lui demande si une telle initiative ne risque pas d’éclipser le rôle de médiateur joué par les syndicats à Sciences Po, Monsieur Mion est catégorique. « Je pense que les syndicats ont un rôle absolument primordial de représentation des étudiants à Sciences Po. (…) Ils sont indispensables à la vie démocratique de notre établissement. Mais la parole portée par les syndicats représentant les étudiants ne peut évidemment rendre compte de toute la richesse de l’expérience étudiante à Sciences Po. D’où mon envie de proposer un espace dans lequel, sans aucune médiation, les étudiants peuvent venir s’exprimer et parler avec moi des sujets qu’ils souhaitent.» Ce dispositif vise donc à compléter les structures existant déjà à Sciences Po, et rend ainsi le directeur plus accessible aux revendications étudiantes.

Photographie : Amal Ibraymi.

Photographie : Amal Ibraymi.

 

Les étudiants saluent des « échanges forts »

Pablo Ahumada, élève en préparation aux concours administratifs, fut parmi les élèves chanceux qui ont obtenu un rendez-vous avec le directeur. Il affirme avoir apprécié « l’accessibilité de Monsieur Mion, sa préoccupation pour connaître l’étudiant et son parcours. Il m’a semblé répondre sincèrement et sans aucun filtre aux questions, sans jamais les éluder quand elles auraient pu être gênantes. ». Un autre étudiant salue le format de ces entretiens individuels : « le ‘one on one’ a été privilégié, rendant l’échange beaucoup plus fort. »

Les sujets abordés varient selon les étudiants et leurs parcours. Alors qu’un étudiant international avait souhaité montrer à Frédéric Mion les leçons que l’on peut tirer du fonctionnement d’universités étrangères, un autre élève entré par la procédure CEP voulait parler de l’évolution de ce système et de ses failles.

« Frédéric Mion contrôle naturellement la conversation et l’image qu’il renvoie, par son éloquence notamment (…) Je sentais qu’il m’amenait subtilement où il voulait aller. »

Tous s’accordent sur l’habileté avec laquelle le directeur sait défendre son point de vue et convaincre son interlocuteur : « Il contrôle naturellement la conversation et l’image qu’il renvoie, par son éloquence notamment (…) Je sentais qu’il m’amenait subtilement où il voulait aller. A l’image du costume sur mesure, chaque geste est calculé. Au-delà du choix des mots, son ton s’adapte à chaque tournure, à chaque idée. Il ne laisse rien passer. »

Seul inconvénient de ces rendez-vous, leur durée d’un quart d’heure, jugée trop courte par les élèves. « La durée de l’entretien ne permet pas d’aborder tous les sujets souhaités. (…) Il me semble que cela rend les entretiens assez superficiels, sans permettre d’obtenir de réponses satisfaisantes ou d’aborder des problématiques » explique Pablo. Cependant, le directeur justifie ainsi cette contrainte : « Si je veux arriver à voir plus d’une personne dans chaque plage de rendez-vous, je dois hélas fixer une limite temporelle. »

Autre détail décevant qui pourrait décourager les plus grand(e)s fans de Frédéric Mion : ces rendez-vous ne se transforment jamais en conversations décontractées ou familières. Un étudiant décrit ainsi le directeur : « Parfois, il est si politiquement correct que c’est difficile de déceler des traits de caractères particuliers. Si je devais le décrire, je dirais qu’il arrive à cerner les gens très rapidement, il est attentif et songe rapidement aux compromis – comme s’il essayait de compléter le grand puzzle qu’est Sciences Po. Ce qui m’a aussi frappé, c’est qu’il sait quand parler, quand attendre et quand intervenir; tout ce qu’il fait est juste. »

« Si je devais le décrire, je dirais qu’il arrive à cerner les gens très rapidement, il est attentif et songe rapidement aux compromis »

Cependant, beaucoup d’étudiants ont relevé et apprécié les efforts faits par le directeur pour montrer aux élèves que leur présence comptait réellement à ses yeux : « Il accueillait chaque personne à l’entrée de son bureau par leur prénom et avec une gestuelle de politesse travaillée. Il y avait aussi des mini-viennoiseries et des boissons à disposition sur la table comme pour des invités de choix.”

Ainsi, d’après les différents témoignages, il semble bien que « Meet Frédéric Mion » soit plus qu’une simple campagne de communication destinée à redorer l’image du directeur. Tous les élèves ont ressenti que Monsieur Mion souhaitait mieux connaître la communauté qui vit à Sciences Po au quotidien. Comme le résume l’un de ces étudiants, « cette fois-ci, il a ouvert ses portes pour écouter une génération. ». Reste à savoir si les problèmes portés aux oreilles du directeur seront vraiment entendus.

  • Mitu

    « Frédéric Mion nous a reçu (sic)… »

    Bon, on va pas aller plus loin.

  • Jano

    Cet article est à chier

  • Amine

    Franchement, j’ai moi-même été convié à cette initiative et je peux vous dire que c’était juste génial. C’est rare et ça permet d’avoir un moment unique avec le directeur. L’article dit simplement la vérité.

  • Pimping Péniche

    Putain j’ai rarement lu La Péniche sucer à ce point la direction. article intéressant mais sérieux les meufs et les gars, faut se ressaisir. Entre des articles partisans de droite et des articles qui sucent la direction, c’est La Pravda ou LaPéniche.net ?