Vie du campus

Mourinho : Pas de régime spécial pour «The special one»

José Mourinho : dehors. La sentence est dure pour un entraîneur au palmarès époustouflant. 13 titres en 6 ans dont 6 avec Chelsea, qu’il a rejoint en juin 2004 après son exploit en Ligue des Champions avec sa précédente équipe de Porto. A première vue il semble donc que Roman Abramovitch, le multi-milliardaire russe (41eme fortune mondiale) propriétaire du club londonien, ai traité J. Mourinho comme n’importe quel entraîneur, sans prendre en compte son pedigree. Chelsky connaît effectivement un très mauvais début de saison avec seulement 3 victoires en 6 matchs, et un nul à domicile contre le très faible équipe norvégienne de Rosenborg. Les blessures de Drogba et Lampard deux éléments majeurs des blues ne peuvent être des excuses, ce départ est loin des espérances du propriétaire qui a investi plusieurs centaines de millions d’euro dans ce club.

Mais dans un pays où les entraîneurs sont très respectés, où les boss rivaux, A.Wenger et A. Fergusson, commencent respectivement leur 11eme et 21eme année à la tête du même club, ce départ surprend, voir choque : les supporters ont manifesté pour protester contre l’éviction de leur manager favori.

Mais les raisons profondes de ce divorce se trouvent ailleurs que dans le début de championnat calamiteux. Elles sont plus anciennes. J. Mourinho a un fort caractère. Par exemple, il affirme – en toute modestie – lors de sa présentation a la presse en 2004 : « Please don’t call me arrogant, but I’m European champion and I think I’m a special one ». Le mot est lancé et toute la presse anglaise ne l’appel plus que par son surnom : « the special one». Il s’est ensuite spécialisé dans les interventions provocantes, les critiques de l’arbitrage et de l’adversaire grâce à une verve hors du commun. Il provoque des incidents, comme l’agression de l’arbitre A.Frisk par des « supporters » de Chelsea après que Mourinho est affirmé qu’il avait favorisé Barcelone durant les huitièmes de finales de la Champions’ league 2005. Il n’hésite pas non plus à s’opposer violemment à son puissant patron russe, quand celui-ci critique sa tactique ou ses choix de joueurs. Abramovitch reproche plusieurs choses à son manager portugais. D’abord, et c’est le nœud de la discorde, Chelsea n’a toujours pas gagné la ligue des champions malgré des bonnes performances (demi-finales en 2005 et 2007, défaite contre le futur vainqueur de l’épreuve en 2006). J. Mourinho a été recruté pour cela et au vu des sommes investies dans les transferts (134 millions en 2004, 291 millions en 2005) le propriétaire de Sibnet – la cinquième compagnie pétrolière russe – estime qu’il a le droit à un retour sur ses investissements.

Face à ce qu’il considère comme un échec, malgré les titres de champions et les coupes remportés, la première fortune de Grande-Bretagne a décidé de s’occuper personnellement du secteur sportif en supervisant le recrutement et en nommant ses fidèles à des postes clefs. Ce fut l’occasion de nouvelles discordes entre le président et l’entraîneur. L’achat de l’attaquant ukrainien Shevtchenko en est le meilleur exemple. Décidé uniquement par Abramovitch et ses hommes cette arrivée n’était pas désirée par Mourinho. En effet, l’ancien milanais est un redoutable chasseur de but mais est un peu lent et n’est donc pas adapté au jeu rapide et musclé de la premiere league. Il fut donc souvent relégué sur le banc, ce qui ne plut pas du tout à Abramovitch qui apprécie beaucoup l’Ukrainien sur et en dehors du terrain. Le cas Shevtchenko provoqua une nouvelle dispute début 2007 qui conduisit les deux hommes à ne plus se parler pendant plusieurs mois. Le nouvel échec en ligue des champions en avril ne réchauffa pas les relations entre l’oligarque et le coach.

Le recrutement hasardeux de 2007 (Ben-Haim, Alex…) et les mauvais résultats ne sont donc que l’épilogue de longs désaccords entre le propriétaire de Chelsea et le responsable du secteur sportif. Si le club assure que ce départ a eu lieu « by mutual consents » il est certain que la décision finale ai appartenu au russe. Si Mourinho peut se consoler grâce à la somme astronomique qu’il devrait toucher (environs 25 millions d’euro !!), il devra se relancer ailleurs qu’en Angleterre son contrat précisant qu’il n’a pas le droit de s’engager pour un club de premier league pendant les douze mois suivant son départ. Pour lui succéder chez les blues, les plus grands noms sont annoncés. Il sera bien difficile de remplacer le portugais dans les cœurs des supporters qui ont, fait rare dans le football, dressé une affiche à sa gloire durant le match suivant son renvoie. A l’ouest de Londres malgré son départ brutal, the special one is becoming a legend.

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  • Claire D

    moi je dis, Chelsea sans Mourinho, c’est comme Roland-Garros sans Coria (oui oui oui, je suis mono-obsessionnelle), déprimant ! M’enfin, du moment qu’ils gardent Didieeeeer…