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Nathalie Kosciusko-Morizet à Sciences Po pour convaincre

Ce mardi 4 octobre, les Républicains Sciences Po organisaient une conférence à laquelle participait Nathalie Kosciusko-Morizet, seule femme engagée dans la bataille électorale de la primaire de droite et du centre. Devant la centaine d’étudiants réunis dans l’amphithéâtre Jean Moulin, elle a souhaité faire part de son programme, de ses idées mais aussi de son vécu.

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Nathalie Kosciusko-Morizet à Sciences Po en janvier 2016. Photographie : Ulysse Bellier

Une campagne loin des polémiques politiques

Elle commence ainsi sa présentation en se remémorant la dernière fois qu’elle avait mis les pieds dans cette salle emblématique, symbole de l’époque où l’ENA était encore située en plein cœur de Paris. C’est ici qu’elle avait appris, en 2009, que son rôle de secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie prenait fin et qu’elle s’occuperait désormais de la Prospective et du Développement numérique.

Sa madeleine de Proust ainsi évoquée, elle s’adresse à nous : « Je suis venue vous parler de vous et du monde dans lequel vous allez vivre ». Le ton est donné. Elle balaye d’un revers de main les débats pernicieux qui ont monté les français les uns contre les autres : terrorisme, déchéance de nationalité, droit du sang, burkini, la liste est encore longue. Elle ne veut pas entrer dans ce jeu de polémiques ayant envahi la sphère politique. Par conviction sûrement, mais surtout car ses soutiens ne se reconnaissent pas dans de tels thèmes, elle n’a donc aucun intérêt objectif à s’en emparer.

« Je suis venue vous parler de vous et du monde dans lequel vous allez vivre ».

Libérale et progressiste dans un monde en mouvement

Elle nous explique que deux droites sont en mouvement au sein des Républicains : une droite de conservation, identitaire, repliée sur ses acquis ; et une droite de mouvement, progressiste et libérale. Se plaçant dans le giron de cette dernière, elle est d’ailleurs favorable à ce que les électeurs, même de gauche, puissent participer à la primaire.

Elle ne manque toutefois pas d’égratigner certains de ses concurrents. Son programme est concis, une douzaine de propositions seulement, contrairement au kilo de mesures proposées par Bruno Le Maire. Exit aussi les polémiques lancées par le chef de son parti : « je ne viens pas pour vous parler des gaulois », nous glisse-t-elle, un sourire en coin. La question centrale à ses yeux n’est pas celle de l’immigration, mais bien celle de l’émigration qui touche la France pour la première fois dans son histoire. Il faut remobiliser les forces vives du pays, surtout la jeunesse, afin d’éviter que notre société ne s’effondre et que la France se réduise à une périphérie du monde globalisé en perpétuelle redéfinition.

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Crédits : Romain Boé/Sipa Press

« Je veux être le porte-parole d’une société en plein bouillonnement, créative et optimiste, parce que je connais les talents des français et je veux les valoriser ». Pour l’élue, notre système est sclérosé par son fonctionnement basé sur la cooptation et une hiérarchie rigide. Elle souhaite redéfinir le système politique, car sa survie dépend de son adaptation à la société et à un monde qu’elle juge plus complexe que jamais, bouleversant les structures héritées du 20ème siècle. « Je veux faire émerger une nouvelle France». A ses yeux, la France des années 1980 a raté la révolution robotique, elle ne doit surtout pas rater la révolution numérique.

« Je veux être le porte-parole d’une société en plein bouillonnement, créative et optimiste, parce que je connais les talents des français et je veux les valoriser. »

Lorsqu’elle commence à nous présenter son programme, elle se défend d’emblée d’être abstraite. Celui-ci est libéral, moderne mais vise aussi à garantir une justice sociale qu’elle ne perçoit plus dans notre société.

Elle insiste également sur le fait qu’une nouvelle société doit s’appuyer sur de nouvelles libertés : notre vieille démocratie représentative doit intégrer une part la démocratie participative, par exemple en supprimant le Conseil Economique, Social, et Environnemental au profit d’une plateforme numérique ouverte à tous. La liberté accrue pour les travailleurs indépendants de changer de statut sans perdre leurs acquis est une autre des clefs de voute de son programme.  Selon Nathalie Kosciusko-Morizet, l’uberisation de la société ne doit plus être une insulte mais le signe de nouvelles opportunités. Enfin, elle plaide pour davantage de flexibilité pour les entreprises croulant sous les charges.

Une refonte du système social

Consacrer de nouvelles libertés doit aller de pair avec la création de nouvelles protections. Elle prône une réforme fiscale urgente pour donner de la lisibilité à un système trop complexe, où tout le monde a l’impression d’y perdre.

« Je ne suis pas libérale pour tout. Je suis pour l’autonomie, mais il y a des sujets pour lesquels il faut une solidarité obligatoire. »

Elle ajoute enfin qu’il faut aller vers l’individualisation des droits : un revenu de base universel, une flat taxe pour l’impôt sur le revenu, payé par tous même s’il s’agit d’un euro symbolique. Elle souhaite réformer le système des retraites, et individualiser les droits familiaux : ce n’est plus de la responsabilité de l’Etat que d’influencer la natalité, et elle défend des allocations similaires pour chaque enfant et plus élevées lorsqu’ils sont adolescents.

Elle synthétise ainsi son programme : « Je ne suis pas libérale pour tout. Je suis pour l’autonomie, mais il y a des sujets pour lesquels il faut une solidarité obligatoire ».

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Crédits : Romain Boé/Sipa Press

Sa conférence aura donc été marquée par des prises de positions divergentes de celles des habituels cadres des Républicains, et c’est ce qui fait la valeur de sa candidature. Entre libéralisme teinté de volontarisme en matière sociale, souhait de modernisation de la société et d’un système politique « plus très sexy », refonte du système des droits et des solidarités et mobilité des travailleurs indépendants, son programme est résolument centré sur les questions économiques et sociales. On peut néanmoins regretter qu’elle ne se soit pas prononcé en matière de défense, de sécurité et de diplomatie, qui, s’ils ne sont pas ses sujets de prédilection, sont le propre des attributions d’un Président de la République.

Retrouvez notre live avec NKM en début de conférence : https://www.facebook.com/lapenichenet/?fref=ts