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Nicolas Sarkozy parviendra-t-il à être candidat en 2017 ?

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Alex Baptiste Joubert et Camille Chevalier, vice-président de l’UMP SciencesPo. Photographie : Maximilien Bouchet

« Le patron ». Voilà comment les militants et sympathisants sarkozystes surnomment parfois leur grand gourou, a mi-chemin entre fascination et culte de la personnalité. Pour autant, si une part importante des sympathisants UMP désire actuellement voir Nicolas Sarkozy gouverner le parti et se positionner en candidat pour la présidentielle de 2017, quelques poids ralentissent son fameux coup de pédale.

A commencer par les conflits à répétition entre juppéistes, coppéistes et fillonnistes, détériorant véritablement le climat stable si nécessaire à l’UMP ; en cause, notamment, la polémique sur la primaire ouverte en 2017 qui pourrait se voir abandonnée. De plus, les bien nombreuses « affaires » jalonnent le chemin parcouru par l’ancien président : l’affaire des écoutes, le supposé financement libyen de la campagne de 2007, l’affaire Bygmalion, l’affaire Tapie, Karachi etc. Pour l’heure, la reconquête que convoite ardemment Nicolas Sarkozy devra nécessairement passer par un renforcement de sa crédibilité. Alors, Nicolas Sarkozy parviendra-t-il à être candidat en 2017 ?

 

Sarkozy a raté son retour et son avance va s’effondrer

par Alex Baptiste Joubert, rédac’ chef de La Péniche

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Avant toute chose, précisons que la question qui est posée ici n’est pas de savoir si le retour de Nicolas Sarkozy est une bonne ou une mauvaise chose. La question nous invite à nous prononcer objectivement, au-delà de tout préférence partisane, sur la probabilité de voir Nicolas Sarkozy être le  candidat de la droite républicaine au premier tour des prochaines élections présidentielles.

Or, contrairement à Camille Chevalier, je ne pense pas que l’ancien président de la républicaine soit en position d’obtenir cette investiture aujourd’hui. Je pense même que cette position va se dégrader d’ici la tenue des primaires qui auront lieu en 2016, c’est à dire dans deux ans.

 

Sarkozy a raté son retour et se retrouve dans une position délicate

Deux ans, c’est un siècle. Dans deux ans, l’UMP n’existera d’ailleurs peut-être plus. Il serait ainsi bien malaisé d’avoir des certitudes trop affirmées sur l’état du paysage politique français à l’horizon 2016. A une exception près : pour être investi candidat, pour battre François Fillon et Alain Juppé, Nicolas Sarkozy devra très certainement remporter des primaires ouvertes.

Son retour n’ayant pas été le vol d’Aigle espéré et les grognards fillonistes et juppéistes ne s’étant pas soumis comme le 5ème régime d’infanterie à Laffrey, Nicolas Sarkozy n’aura pas le droit à un retour triomphal de l’île d’Elbe. Il n’a pas réussi à revenir en messie, et de ce point de vue là, c’est un retour qui a le goût de l’échec.

Nicolas Sarkozy sera très probablement élu président de l’UMP, certes. Mais au vu de son retour décevant, de la dynamique de campagne de Bruno Le Maire et de la résistance de bon nombre de barons, son avance risque d’être insuffisante pour avoir la stature lui permettant d’annuler les primaires comme François Baroin l’a suggéré la semaine passée.

Or, dans la perspective de ces primaires de l’opposition ouvertes à tous les sympathisants de droite, Nicolas Sarkozy n’est pas en bonne position. Selon un sondage Harris Interactive pour LCP publié le 11 septembre, il est crédité de 37% d’intentions de vote chez les sympathisants de droite. 37%, c’est autant qu’Alain Juppé.

 

Il ne peut que s’effondrer d’ici 2016

Nicolas Sarkozy ferait donc aujourd’hui jeu égal avec Alain Juppé en vue de la primaire de l’opposition. On est loin de la position du candidat naturel et pour le prétendu messie Sarkozy, la campagne des primaires risque d’être avant tout un long chemin de croix. Il y a tout d’abord la question des affaires dans lesquelles Nicolas Sarkozy est impliqué et qui ne manqueront pas de plomber sa campagne.

Par ailleurs, Nicolas Sarkozy ne bénéficiera plus de l’effet d’attente et d’éloignement dont il a savamment pu profiter depuis mai 2012. La présidence de l’UMP va lui imposer un retour aux réalités de la politique politicienne qui peut lui porter préjudice. L’ancien président de la république qui prend soin de distiller ses interventions et dont la parole se fait rare était nettement plus populaire que le futur chef de parti d’opposition.

Enfin, pour palier ces deux failles, pour éviter de perdre du terrain sur Alain Juppé, Nicolas Sarkozy pourrait théoriquement compter sur son meilleur atout, c’est à dire lui-même et son énergie. D’aucuns me diront qu’il saura bénéficier de l’incroyable engouement charismatique qu’il sait susciter et qu’on lui reconnaît à gauche comme à droite.

Mais le monstre de campagne qui est passé près d’une “remontada” hors du commun en 2012 est-il l’ancien président de la république aux cheveux grisonnants que l’on a vu s’adresser sans beaucoup de verve à Laurent Delahousse il y a quinze jours ? “« Le «tigre» Nicolas Sarkozy prépare son retour », titrait il y a peu Le Figaro. C’est un chat d’appartement, les griffes coupées, que nous avons vu.”. C’est Laurent de Boissieu qui le dit, et on ne peut pas faire meilleur constat.

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Crédits : Paris Match

 

Sarkozy prêt pour les trois nages qui l’attendent

par Camille Chevalier, vice-président de l’UMP SciencesPo

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Oui, Nicolas Sarkozy sera candidat en 2017, parce qu’il est un politicien/sportif surentraîné, habitué aux compétitions.

Après son retour en politique annoncé sur Facebook et par interview télévisée sur France 2, Nicolas Sarkozy se présente à la tête de notre famille politique. La question de sa candidature en 2017 fait peu de doute mais elle mérite qu’on s’y intéresse. Plusieurs obstacles pourraient en effet bloquer son accession à l’élection présidentielle mais il se prépare depuis l’été 2012 à trois grandes épreuves :

 

Les 50 mètres brasse ou l’obstacle des élections internes en 2014

C’est la première épreuve à surmonter. Il doit se plier aux règles établies et dispose de peu de temps. Alors que ses deux adversaires s’y préparent depuis quelques mois, l’ancien Président entre dans la course sans échauffement. Pourtant, 8,5 millions de téléspectateurs étaient présents dimanche 22 septembre au 20h de Laurent Delahousse pour regarder son départ en live.

C’est une course éprouvante et à enjeu très important puisqu’il doit convaincre les militants UMP qu’il est la bonne personne pour diriger notre mouvement. Il connaît les campagnes politiques et les meetings : il s’est entouré d’une équipe de jeunes et apparaît comme renouvelé.

De plus, il jouit d’une médiatisation plus importante que ses deux adversaires. Nicolas Sarkozy est de loin la personnalité que les sympathisants UMP (68%) souhaitent pour diriger le parti, devant Bruno Le Maire (18%) et Hervé Mariton (1%) selon un sondage publié par le Journal du dimanche (Ifop – dimanche 5 octobre).  Il a deux fois plus de parrainages d’adhérents et de parlementaires que les autres et devrait remporter cette petite course haut la main.

 

Les 10 km en eau libre ou l’obstacle de la crédibilité entre 2014 et 2016

Le plus grand risque dans cette longue période de deux ans est l’essoufflement. Il doit utiliser ses atouts pour réussir sa présidence de l’UMP. D’abord, grâce à sa victoire éclatante à la première course il aura l’autorité nécessaire pour placer ses fidèles aux postes de commande, moderniser les structures de notre parti et taire les voix discordantes. L’UMP paraîtra véritablement rassemblée. Cette union contrastera avec les clivages grandissants de la Gauche divisée entre socio-démocrates et Frondeurs.

A côté, l’ancien Président pourra s’appuyer sur des intellectuels divers, des jeunes, des think-tanks : il proposera aux primaires ouvertes de 2016 un programme novateur et convaincant aux yeux des Français. D’ailleurs, Nicolas Sarkozy a déjà commencé à développer des thématiques nouvelles lors de ses meetings (sur le gaz de schiste par exemple).

Enfin, l’omniprésence médiatique montre bien que sa parole présidentielle est toujours écoutée (plus que celle de tous ses concurrents) : il restera la seule voix qui porte au niveau national et mondial. Les affaires judiciaires qui le poursuivent relayées (à tort, exemple du faux document de Médiapart sur le financement libyen) par tous les médias ne l’empêcheront pas de se présenter  aux élections successives.

 

Le relais 4×100 mètres nage libre ou l’obstacle des primaires ouvertes en 2016

C’est l’épreuve la plus dangereuse pour Nicolas Sarkozy avant l’accès à la candidature présidentielle. Mais il réussira à rassembler autour de lui les principaux ténors de l’UMP. Il proposera son programme original aux Français et réussira à s’imposer en principal adversaire de la Gauche et du Front national. Il gardera une portée médiatique supérieure de très loin à celle de ses futurs concurrents Alain Juppé, Bruno Le Maire ou François Fillon. De plus, ce sera le seul à pouvoir réconcilier les différentes ailes de notre parti (de la Droite populaire à la France Droite de NKM) comme il réussit à le faire depuis 2004.

Auréolé des victoires dans ces trois courses différentes, Nicolas Sarkozy pourra mettre le cap vers les élections présidentielles de 2017.

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  • Michel Michel

    Bonsoir,

    Je cherche une boulangerie dans le quartier pour acheter des chocolatines ? Quelqu’un peut-il m’aider ?

    Michel Michel

  • Antoine

    Euh ça ne vient à l’idée à personne dans un débat sur les chances de Sarkozy d’évoquer les affaires pour corruption, trafic d’influence, abus de confiance ou encore financement illégal de campagne ?

    • Antoine

      J’avais mal lu, au temps pour moi.