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Non, nous ne regrettons pas d’avoir parlé de CRE dans notre article sur la droite de la droite

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Capture d’écran de l’article « Droite de la droite à SciencesPo: qui sont-ils ? »

Soucieux de traiter plus attentivement de la vie politique interne à SciencesPo, nous avons dédié un article publié hier aux différentes associations et sciencepistes qui partagent des convictions pouvant légitimement être considérées comme figurant à droite du spectre politique. Ce papier écrit par Loris Boichot (cf. « Droite de la droite à SciencesPo : qui sont-ils ? ») a été visionné en moins de 24 heures par plus de 2500 visiteurs uniques, preuve de l’intérêt qu’ont pu porter les étudiants aux thématiques abordées par notre rédacteur.

Malheureusement, cet article a essuyé un certain nombre de critiques relativement virulentes, notamment de la part de l’association « Critique de la Raison Européenne » qui a publié dans la matinée un statut Facebook dans lequel il regrettait que nous « l’ayons catégorisé dans un article consacré à la droite de la droite ». Les responsables de l’association qui se définit comme euro-mécréante ont ainsi tenu à ce que nous publiions un droit de réponse, ce que nous avons fait ce matin : http://lapeniche.net/droit-de-reponse-du-cre-a-notre-article-sur-la-droite-de-la-droite/. Nous le rééditons également ci-dessous afin de mieux pouvoir y répondre :

Les militants de Critique de la Raison Européenne ont découvert avec stupéfaction l’article intitulé Droite de la droite à Sciences Po : qui sont-ils ?, publié par lapéniche.net le mercredi 17 septembre.

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Ce papier – tout en amalgames faciles et en idées préconçues, avec un soupçon de terrorisme intellectuel pour saupoudrer le tout – nous paraît porter gravement atteinte à l’image de notre association par son assimilation aux autres structures mentionnées. De mauvais esprits pourraient y voir la marque d’un certain penchant « euro-béat » largement représenté au sein du site internet concerné, son rédacteur-en-chef étant notamment l’un des responsables de Europeans Now dans notre école. D’aucuns y distingueront simplement le reflet d’une idéologie journalistique que de jeunes aspirants à la carte de presse ont visiblement déjà assimilé avec enthousiasme.

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Non, notre association ne se situe pas à la « droite de la droite ». Nous sommes issus des horizons politiques les plus divers, du Front de gauche (particulièrement bien représenté par une dizaine de militants) au gaullisme traditionnel, en passant par le chevènementisme et une masse de non-affiliés. Lassés des vieux clivages fossilisés que les organisations installées tentent de nous imposer, nous avons le sentiment de partager un grand nombre de convictions essentielles : l’attachement au principe de souveraineté nationale – corollaire indispensable de l’exercice démocratique –, le refus du libre-échangisme comme dogme suprême de notre temps, le rejet d’une Union européenne dont le caractère oligarchique ne fait plus l’ombre d’un doute…

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Et aussi, disons-le : l’amour de la France, que les esprits bêlants aiment à suspecter de tous les maux mais qui n’est l’apanage d’aucune tendance politique. Les autres associations et initiatives citées dans cet article ont évidemment le droit de développer à leur manière cet amour qu’elles revendiquent aussi. Il ne nous appartient pas de les critiquer, pas plus que de les applaudir, tout simplement parce que nous ne nous situons pas dans le même champ d’action que celles-ci : notre question fondamentale est celle du rapport de vassalisation à l’égard de Bruxelles dans lequel nos dirigeants successifs ont enfermé le pays.

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Il va donc de soi que l’idée d’un ralliement de CRE à une vaste « association des droites » n’a strictement aucun sens. Les promoteurs dudit regroupement n’ont d’ailleurs jamais songé à nous inclure dans leurs plans. Nous avons des opinions extrêmement variées sur le mariage homosexuel, le modèle économique souhaitable ou les questions identitaires. Nous sommes « de gauche » comme « de droite », certainement pas une aile euro-centrée d’un « bloc des droites » apparemment très fantasmé. Gageons que l’auteur de l’article ait voulu obtenir une conclusion écrite d’avance, comme on bâcle une copie de dissertation mal pensée.

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A l’heure où la présidence Hollande ne parvient plus à cacher ses ressemblances troublantes avec la présidence Sarkozy, nous demeurons plus que jamais irréductibles aux catégories toutes faites. La vision simpliste développée par lapéniche.net ne fait que nous renforcer dans la conviction que notre démarche est nécessaire. Nous invitons les sciencespistes intéressés par notre projet à prendre contact avec nous, pour se faire une idée juste de ce qu’est Critique de la Raison Européenne.

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Pour synthétiser les propos qui précèdent, ce droit de réponse s’articule autour de trois arguments majeurs : celui selon lequel notre article serait tendancieux de par un penchant europhile largement diffusé au sein de la rédaction de La Péniche, celui selon lequel nous aurions catalogué Critique de la raison européenne à la droite de la droite de l’échiquier politique et un dernier argument nous accusant d’avoir trop rapidement affirmé que CRE s’apprêtait à rejoindre un grand pôle des droites science piste.

Il se trouve que ces trois arguments ne sont pas véridiques et désobligeants à l’égard du travail mené par Loris Boichot. Les membres du CRE ont vu un amalgame là où il y avait maladresse, mais cela ne valait pas les attaques, les reproches et les taxations de ce droit de réponse basé sur trois arguments qui sont contestables :

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1- Non, notre article n’est pas tendancieux. Il se contente de présenter un panorama objectif des différents étudiants de notre école qui partagent un certain nombre de convictions politiques (souverainisme, patriotisme, conservatisme sociétal) et de sensibilités les amenant à former un groupe relativement homogène.

Ce dernier se cristallise autour d’un même rejet de la droite orléaniste libérale : tel est le constat qui est formulé, sans aucun jugement de valeur implicite ou explicite laissant deviner la position de notre rédacteur sur les questions européennes. Le fondateur de CRE que Loris Boichot a rencontré a été traité avec la plus grande objectivité. L’article, son titre et son angle thématique lui ont d’ailleurs été soumis sans qu’il n’ait suggéré aucune modification.  Je tiens par ailleurs à préciser que je n’ai à titre personnel aucune responsabilité dans l’association EuropeansNow, contrairement à ce qui a été affirmé dans le droit de réponse et que mon appartenance à cette association n’a aucune conséquence sur la ligne éditoriale de notre site.

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2 – Non, nous ne regrettons pas d’avoir évoqué le CRE dans un article intitulé « Droite de la droite à SciencesPo: qui sont-ils?« . Notre rédacteur s’intéressait moins à l’association qu’aux individus qui la composent, à l’image d’Alexandre Loubet. Nous aurions été en tort si nous avions affirmé que le CRE était une association souverainiste qui revendiquait son positionnement à la droite de l’échiquier politique : cela n’est bien évidemment pas le cas et Loris Boichot a souligné à juste titre que l’association regroupait « aussi des souverainistes de gauche« . Il n’y en réalité aucune incohérence entre les propos tenus dans le droit de réponse de CRE et ceux de l’article.

Le seul reproche que l’on peut nous formuler est d’avoir sous entendu que le CRE était à la droite de la droite de par notre titre et nous reconnaissons ce qui a pu apparaître comme une maladresse : mais là encore, cet argument n’est pas pertinent. Non, CRE n’est pas à la droite de la droite. Mais son président fondateur Alexandre Loubet, adhérent actif du mouvement Debout la République l’est et nombre des membres de l’association le sont. A partir de ce moment là, inclure ces adhérents du CRE dans notre typologie apparaît comme  légitime : ce n’est pas CRE qui est à la droite de la droite, ce sont certains de ses membres. C’est ce qu’a précisé notre rédacteur.

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3 – Non, contrairement à ce qui est avancé dans le droit de réponse, La Péniche n’a jamais affirmé que CRE s’apprêtait à rallier un grand pôle des droites interne à SciencesPo. A aucun moment Loris Boichot n’a affirmé que Critique de la Raison Européenne se fondrait dans cette structure, si ce n’est dans la dernière phrase de son papier qui peut prêter à la confusion. Son ambition était simplement de présenter les objectifs de Nicolas Bauer et Charles-Hugo Lerebour.

Mais cette association qui pourrait être créée lors de la rentrée 2015-2016 a naturellement vocation à rassembler les militants souverainistes et gaullistes du CRE puisqu’une des potentielles commissions de l’association serait dédiée au souverainisme et à la critique de l’Union Européenne. Une association eurosceptique, patriote et « défendant la famille » a d’après Nicolas Bauer vocation à séduire un militant de Debout la République : c’est tout ce que nous affirmons.

Tous les étudiants « à la droite de la droite » rencontrés par notre rédacteur, qu’ils viennent de France Po, du CRE ou qu’ils soient proches du Printemps français comme Nicolas Bauer partagent une combinaison de valeurs qui les amènent à rejeter le rationalisme libéral et à partager une vision organiciste de la société; allant même jusqu’aux frontières de la droite légitimiste, à l’image de Thomas Pellet de France Po qui affirme « porter un regard critique sur l’héritage politique des Lumières et de la Révolution française. »

Ce consensus autour de l’euroscepticisme, du patriotisme et de la défense de la famille qui pourrait d’après Nicolas Bauer se concrétiser structurellement par la future association commune en gestation ne pourra pas laisser indifférent certains souverainistes du CRE. C’est tout ce qu’affirme notre rédacteur dans son billet, ni plus, ni moins. Rien qui ne vaille de grandiloquentes protestations.

  • le communiste

    Depuis quand « porter un regard critique sur l’héritage politique des Lumières et de la Révolution française » signifie aller « même jusqu’aux frontières de la droite légitimiste » ?
    Les communistes portent aussi un regard critique sur la Révolution française, puisqu’ils voient dans cette révolution le moyen par lequel la bourgeoisie s’est imposée en France. Par conséquent, ils pensent que son héritage politique est bourgeois et qu’il doit être critiqué, dépassé, rejeté… Pour autant, je ne pense pas que les communistes puissent être considérés comme des monarchistes !
    Votre assimilation des critiques de la Révolution et des Lumières au légitimisme est donc erronée…

  • WTF

    LOL et allez DLR !!!

  • Wat

    C’est sûr que l’héritage des lumières, tu dois en connaître quelque chose, toi qui ne sais même pas conjuguer un verbe. Et tu pensais qu’on pouvait trouver des gens comme toi à Sciences Po?

  • Wat

    Cher ‘Abrasax’.
    En laissant de côté la question de votre ‘interprétation’ du texte – nous sommes d’accord au sujet de sa qualité intellectuelle -, le raisonnement que vous lui attribuez est tout à fait fallacieux.
    ‘le fondateur de CRE est membre de DLR, DLR est à la droite de la droite, donc affirmer que CRE est à la droite de la droite est une maladresse.’
    Je ne vois même pas ce qu’on peut en conclure. Les fautes logiques sont trop nombreuses pour être résumées en une phrase. En fait, je ne parviens même pas à comprendre comment vous pouvez le qualifier de ‘syllogisme’.
    D’où: Avant de fustiger l’absence de ‘culture philosophique’, apprenez que ‘syllogisme’ ne veut pas dire n’importe quel raisonnement sorti de n’importe quel esprit avec deux prémisses et une conclusion.
    La cerise sur le gâteau: tout ce que vous trouvez à critiquer, c’est seulement qu’il est ‘tendancieux’ parce qu’il ‘trahit au mieux un parti pris, au pire une absence totale de sens critique.’ Ce qui est peut-être la faute la plus mineure (si c’est une faute) de ce ‘raisonnement’.

    Donc vous n’êtes pas charitables dans votre interprétation mais en plus vous même manquez des instruments qui servent à toute évaluation d’un raisonnement simple.

    Et l’on s’étonne de la réputation des étudiants de Sciences Po!

  • C’est sérieux ?

    Rejeter l’héritage des lumières et de la Révolution , je pensait pas qu’on pourrait trouver de çà à SP au 21eme siecle

    • Tristan

      Le fait qu’il soit réproché au rédacteur de /la péniche/ de n’avoir pas assez approfondi le papier sur le … CRE (!), me semble relever d’une logique d’assez bon aloi, finalement.

      Plus sérieusement : triste de constater que les rares articles commentés le sont en des termes le plus souvent discourtois (sans parler du niveau de langue).

  • haha

    On s’en branle.

  • Abrasax

    Le degré d’analyse politique de cet article et de son rédacteur est consternant. Son argument principal se résume au syllogisme suivant: le fondateur de CRE est membre de DLR, DLR est à la droite de la droite, donc affirmer que CRE est à la droite de la droite est une maladresse.

    C’est précisément ce « raisonnement » qui est tendancieux et qui trahit au mieux un parti pris, au pire une absence totale de sens critique. DLR, un mouvement « à la droite de la droite »…? Une maladresse que de confondre le positionnement d’un mouvement et l’engagement politique de ses membres…?

    C’est ce genre de prêt-à-penser affligeant qui nous fait passer, étudiants à SciencesPo, pour des petits catéchistes libéraux dépourvus de toute culture philosophique et de discernement critique. Nous ne le sommes pas tous, heureusement -mais il est regrettable que les rédacteurs de La Péniche soient, pour l’écrasante majorité d’entre eux, les moins bien placés pour démentir cette réputation.