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Occupation de Sciences Po, jour 2

Vous n’aurez pas pu y échapper si vous êtes passés devant le 27 rue Saint-Guillaume dans les dernières 36 heures : Sciences Po est actuellement bloqué par un mouvement de protestation étudiante, à l’instar de nombreuses autres universités dans tout le pays, en opposition à la réforme de l’université et notamment à la loi ORE (Orientation et Réussite des Etudiants) adoptée en février dernier au Parlement. Les cours restent très perturbés, et l’établissement a été renommé « Institut Clément Méric » du nom d’un ancien étudiant de Sciences Po et militant d’extrême gauche tué en juin 2013.

Le mouvement a été condamné par les syndicats de l’UNI et Nova, ou encore LR Sciences Po, mais est soutenu par l’antenne Génération.s de Sciences Po, le PS Sciences Po ou encore l’UNEF.

L’entrée du 27, rue Saint-Guillaume. Crédits photo : Louise Benoit-Gonin

 

De son côté, Sciences Po a choisi de condamner l’accès du 27 rue Saint-Guillaume et du 56 rue des Saints-Pères. Par ailleurs, depuis ce matin, le bâtiment du 28 rue des Saints-Pères et celui du 13 rue de l’Université ont été fermés par l’administration à la suite de tentatives de blocage du mouvement de protestation, et si le 13 rue de l’Université a été rouvert autour de 11 heures, le 28 reste inaccessible.

Enfin, une partie des élèves en lutte a rejoint la manifestation des syndicats pour la « convergence des luttes » organisée aujourd’hui à 14 heures.

Plusieurs étudiants se sont regroupés devant le 28, rue des Saints-Pères. Crédits photo : Pierre-Alexandre Bigel

A la mi-journée, Sciences Po a fait parvenir à l’ensemble de ses élèves un communiqué de presse, déclarant que sa priorité était d’assurer la « sécurité des étudiants, des enseignants et des personnels ». L’établissement condamne les tentatives de blocus au 28 rue des Saints-Pères et 13 rue de l’Université et appelle à une « participation au débat public libre pour tous ». A cette fin, l’assemblée générale réclamée par les bloqueurs depuis 9 heures ce matin va être rendue possible à condition d’être ouverte à tous.

Enfin, une dispense d’assiduité pour la journée du 19 avril a été décidée pour l’ensemble des élèves à partir de 12 heures 30, et Sciences Po a déclaré s’apprêter à mettre en place une « grande consultation en ligne » comme celle de l’université de Strasbourg, en souhaitant que le plus grand nombre y participe. Cette consultation a effectivement été publiée dans l’après-midi. Un e-mail a été envoyé aux étudiants de l’IEP, mail dans lequel ces derniers sont invités à se prononcer sur l’occupation. L’objet dudit mail est  » Sondage occupation des lieux / Survey on building occupation « . 

Le mouvement Sciences Po en lutte a réagi à ce message par un contre-communiqué de presse dans lequel il réaffirme sa volonté de vouloir entrer en « négociation avec l’administration », son choix de bloquer l’accès aux bâtiments et non pas de les occuper, et annonce la tenue de l’assemblée générale ce soir à 19 heures en amphithéâtre Boutmy – rebaptisé amphithéâtre Adama Traoré par le mouvement de lutte.

La situation reste tendue et évolue très rapidement, et reste retransmise sur les réseaux sociaux même si beaucoup d’élèves témoignent de ne pas parvenir à suivre l’enchaînement des événements. La suite donc en AG ce soir, pour un débat qui sera expliqué et commenté par La Péniche !