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Sciences Pause : l’art de la sieste made in Sciences Po

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« Faire du sport c’est très important, faire la sieste l’est tout autant » se plait à répéter Adrian Dambrine, l’un des fondateurs de Sciences Pause.

En étant sur le pont dès 8h et parfois jusqu’à 21h15, le sciencepiste doit faire face à un environnement hostile au sein duquel il s’efforce tant bien que mal de survivre. Luttant pour rendre le paper d’économie qu’il aurait dû envoyer la veille, s’arrachant les cheveux pour finir son exposé de science politique à présenter dans la demi-heure qui suit, résistant pour ne pas s’endormir en amphi le lundi matin, il repousse sans cesse la frontière du repos. Et finit bien souvent la journée avec une demi-douzaine de cafés consommée.

Ce bref portrait du sciencepiste – il est vrai un poil exagéré – dissimule une sombre vérité : à Sciences Po, les étudiants ont souvent sommeil. Les nuits sont parfois courtes, et il n’est pas rare que la bibliothèque prenne des allures de dortoirs. Qui ne rêverait de pouvoir s’offrir quelques minutes de sommeil réparateur dans une journée bien (trop) remplie ?

 

La « start-up » du sommeil

Quatre étudiants de master, Adrian (5A en affaires publiques), Héloïse (4A en master Economics and Business), Martin (4A en master Urban policy) et Clément (4A en master Finance et stratégie) ont peut-être eu l’idée qui révolutionnera le rapport des élèves de Sciences Po au repos : Sciences Pause. Derrière cet habile jeu de mot se cache un ambitieux projet : offrir la possibilité au sciencepiste éprouvé par sa dure vie de labeur de fermer les yeux quelques minutes.

Parti de ce cours dans lequel se sont retrouvés les quatre membres de l’équipe, ce projet est l’idée de Martin. Il est ensuite rejoint par Héloïse, Adrian et Clément. Sciences Pause se distingue des autres projets par son aspect plus altruiste : l’équipe ne souhaitait pas créer une start-up comme la plupart des élèves le font, mais cherchait plutôt à répondre à un besoin. Et pour cela elle est partie d’un constat très simple : « Le besoin premier des étudiants à Sciences Po, c’est la sieste. Et nous, nous voulions faire quelque chose qui soit utile aux étudiants, c’est ce qui nous motive », explique Héloïse. Le projet a un but bénéfique : « il ne s’agit pas de dormir deux heures », mais d’offrir à chacun(e) une vingtaine de minutes de repos.

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© Page Facebook de Sciences Pause

Il ne fut cependant pas simple de mettre en place ce projet. L’équipe aura dû faire face à des obstacles administratifs pour obtenir une salle. Aujourd’hui, elle procède encore à des essais de lieux, d’organisation et de communication. S’il fallait donc qualifier le projet à l’heure actuelle, le terme « artisanal » serait tout à fait approprié. C’est l’aveu même d’Héloïse. « On amène notre propre matériel pour faire la sieste » confie Adrian. Par exemple, pour la première session, le projet a reçu « une petite aide du BDA : des fatboys ». In fine, tout en étant encore en phase de test, les salles sont accueillantes et les conditions de repos excellentes.

Le projet entrepreneurial est informel et sans budget pour l’instant. Mais les quatre amis entendent bien le développer pour qu’il soit prolongé et amélioré l’an prochain. En outre, l’idéal à terme serait de «  développer ce concept pour les facs, pour les entreprises, de montrer que la sieste est bénéfique et qu’il faudrait l’installer partout ». Et pourquoi pas faire reconnaître l’initiative l’an prochain par l’administration, comme l’évoquent Héloïse et Adrian.

 

Les sciences ou la pause ?

Les premiers retours sont positifs, que ce soit sur les réseaux sociaux ou du côté des personnes interrogées. Par exemple, Gautier (5A) était tout à fait conquis par le projet. Il déclarait d’ailleurs à la fin de sa sieste que Sciences Pause « tient toutes ses promesses d’une sieste réparatrice », montrant fièrement une joue où l’on distinguait encore la trace de l’oreiller.

Il reste toutefois un obstacle à surmonter : la culpabilité des élèves. Nombreux sont ceux qui n’osent pas franchir le pas. « La sieste n’est pas forcément bien vue, donc les étudiants n’osent pas venir «  siester », mais c’est quelque chose qui devrait être bien vu parce que ça fait partie de leur bien-être » commente Héloïse, ajoutant : « Parfois les étudiants décident de ne pas venir au dernier moment, mais peut-être qu’ils auraient été beaucoup plus productifs en dormant un peu au lieu de continuer à travailler coûte que coûte ».

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© Page Facebook de Sciences Pause

Sciences Po est connu pour ses horaires décousus et sa vie associative très riche et trépidante. Alors, se demande Adrian, parmi toutes les associations proposées aux étudiants, « pourquoi y aurait-il une association sportive et pas une association de sieste ? ». Ainsi, « (la sieste) pourrait devenir à terme un service essentiel à Sciences Po, comme le sont le BDA, le BDE ou l’AS », conclut-il.