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Mais qui sont les jeunes pousses de la politique sciencepiste ? (2/2)

Ils sont jeunes, ils sont en première année à Sciences Po et déjà engagés dans une des nombreuses sections politiques de l’école. Têtes d’affiche politiques de la promo 2019, vous les avez forcément vus en péniche, tracter, tenir une table, discuter, et tout laisse à penser que vous les verrez encore pendant quelques années. Après une première salve de portraits, voici la seconde partie de nos portraits des jeunes pousses de la politique sciencepiste.

Constance Maubant (UNEF)

Constance Maubant

Etais-tu  engagée avant d’entrer à Sciences Po ? 

Je viens du Québec, et là bas j’étais engagée dans un parti québecois qui s’appelle Québec Solidaire, mais ce fut un engagement bref, puisque j’ai du partir. En France ce serait un parti très à gauche. Mais qui n’est pour autant pas similaire au Front de Gauche. C’est un parti féministe, écologiste et anti-austérité. 

Pourquoi t’être engagée à l’UNEF ? 

J’ai découvert l’UNEF lors de la visite de découverte organisée au cours de la semaine d’intégration et je m’étais déjà intéressée à leur action lors de leur campagne contre la hausse des frais d’inscription en 2013 qui m’avait beaucoup marquée. J’avais également milité pour cela au Québec. Et puis au fur et à mesure je me suis mise à militer pour eux, de plus en plus, et aujourd’hui je suis élue à la Commission Paritaire. 

Avec du recul, tu te sens chez toi à l’UNEF ? 

Tout à fait! Il y a des divergences à l’Unef, tout le monde n’est pas sur la même ligne, mais chacun peut s’exprimer dans une ambiance de travail commun. Et la ligne majoritaire, qui est très progressiste, me correspond pleinement. 

Tu as bien vécu l’élection syndicale, quelle était l’ambiance ? 

Je pense que c‘est normal qu’il y ait eu des tensions, c’est pourquoi on est train de travailler avec l’UNI sur un règlement commun pour les prochaines élections, donc un effort d’amélioration est fait. Et puis sur certains sujets, nous sommes d’accord : sur la procédure de reconnaissance des associations, nous nous sommes rejoints avec l’UNI. 

Je suppose que tu as participé au dernier Congrès de l’UNEF, quel souvenir en gardes-tu ? 

C’est très enrichissant, ça nous permet de nous concentrer sur des enjeux nationaux, mais aussi de rencontrer énormément de militants de la France entière, ce qui est très convivial, et puis nous avons aussi des formations, beaucoup de débats… Je pense que c’est un moment vraiment important à l’Unef, qui permet de débattre en interne et fixer des objectifs pour les deux années à venir. 

Pourquoi t’être tournée vers un syndicat une fois arrivée en France si tu militais pour un parti au Québec ?

Je ne me suis pas reconnue dans un parti en arrivant ici, la gauche québecoise et la gauche française sont très différentes, donc je réflechis encore à quel parti pourrait me convenir en France. Et ce qui m’a attiré dans l’UNEF c’est que tout en étant un syndicat, elle défend des idées progressistes qui lui sont propres : la lutte contre le racisme, dans le cadre du FECRD, les droits des LGBT… On s’interesse et on prend posisiton sur des questions de société tout en étant apartisan. 

Quels sont tes projets pour l’an prochain ? 

Je suis très contente de ce qu’on a fait du FECRD cette année, et je pense que c’est à développer. Mais aussi occuper davantage l’espace avec des actions sur le féminisme et sur le développement durable. 

L’UNEF fait des scores mirobolants à chaque élection : est-ce le signe que Sciences Po est une école de gauche ? 

Il faut relativiser les résultats des élections: l’UNEF  arrive largement en tête, mais il n’y a que 18% de participation, donc ce n’est pas très représentatif de ce que pense l’ensemble des étudiants. Je pense que c’est une école majoritairement social-démocrate et mesurée, l’extrême droite n’y a pas sa place par exemple. Après il y une certaine dépolitisation oui, les gens ne sont pas toujours réceptifs à des enjeux qui pourtant les concernent directement. C’est aussi notre rôle de pousser à la participation tout simplement. 

Quelles sont les qualités d’un bon militant et d’un bon représentant syndical ?

De la patience et de la tolérance et de la détermination: c’est difficile d’aller voir, à 8h du matin, des étudiants qui ne sont pas toujours réceptifs aux messages que tu cherches à faire passer. Il faut donc être très convaincu de tes idées et être un collectif soudé pour faire avancer ensemble le syndicat.

Quels sont les trois mots que tu choisirais pour décrire tes valeurs?

Egalité et éducation, le troisième dépend des jours.

Jan Bediat (Les Républicains)

Jan_Bediat

Etais-tu  engagé avant d’entrer à Sciences Po ?

C’est mon premier engagement associatif oui, mais ce n’est pas mon premier engagement. Auparavant pendant 5 ans j’ai été aux jeunes sapeurs pompiers, c’était quelque chose d’assez fort, avec une discipline militaire, et c’était une passion.

Mais j’avais déjà envie de m’engager en politique dès ma majorité, je savais quelles étaient les idées que j’avais, et c’est en partie pour ça que je suis rentré à Sciences Po, pour me battre pour mes idées.

Et même si j’ai du arrêter de servir auprès des pompiers aujourd’hui, cette expérience m’a apporté une certaine vision de l’Etat et du service public et une camaraderie que l’on retrouve assez peu autrement finalement.

Pourquoi avoir choisi les Républicains et l’UNI ?

J’y avais longtemps réfléchi, je savais que je voulais servir mon pays, me battre pour des causes, mais politiquement, je me cherchais un peu. J’ai vite compris que mon enjeu, c’était les classes moyennes et les toutes les valeurs qu’elles portent. Au fond, c’est elles qui font le creuset républicain. De ces classes moyennes découlent un certain nombre de valeurs : libre entreprise, égalité des chances, mérite, famille…

Au bout d’une réflexion sur la mondialisation, le vote populaire, la France Périphérique, je me suis dit que la droite républicaine était la seule à même de défendre cette cause là. Je viens du gaullisme social, et je crois que les familles de la droite et du centre, je pense à la démocratie chrétienne en particulier, peuvent converger vers cette ambition là. 

Le premier engagement concret que j’ai mené était sur la bourse au mérite, et c’est vraiment un sujet qui me touche : premièrement, le mérite républicain c’est un sujet très fort dans ma mythologie personnelle, et deuxièmement elle est donnée aux gens issus de milieux modestes, qui ont travaillé dur.

Préparer un concours quand on vient d’un milieu modeste ce n’est pas facile, je le sais, j’en ai fait l’expérience, mon père est ouvrier et ma mère employée. Et donc je suis très fier de m’être engagé. Pour moi c’est vraiment dire aux jeunes : que vous soyez de milieu modeste ou pas, vous pouvez y arriver si vous travaillez dur, l’Etat vous aide, l’Etat est là pour ça.

Par ailleurs au fur et à mesure de mes engagements à l’UMP comme à l’UNI je me suis rendu compte que mes idées avaient une dynamique, une force, électorale comme au sein de l’appareil partisan : l’Etat fort, la défense des classes moyennes, des classes populaires et du travail deviennent de plus en plus importantes, je pense qu’elle est même en train de devenir majoritaire au sein des Républicains.

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Jan Bediat et Omar Ben Abderahmen au Congrès des Républicains le 30 mai avec NKM.

Au sein de l’UNI, les enjeux sont différents. Tout d’abord il faut préciser que l’UNI, et c’est très important, n’est pas un syndicat, c’est un mouvement étudiant qui a une vision politique à porter. De plus elle est indépendante des futurs Républicains : on défend des visions communes, des valeurs de droite clairement assumées : les classes moyennes, le mérite, le travail, l’effort, la République. Mais à l’UMP l’objectif est de conquérir le pouvoir politique et d’appliquer nos mesures. A l’UNI, on veut se concentrer sur les sujets étudiants et, au plan national, mener la bataille culturelle. C’est à dire conquérir les esprits et conquérir les corps intermédiaires, puisque c’est ça qui, pour moi, à toujours empêché la droite d’appliquer sa politique.

Maintenant donc je suis élu avec Léo (Castellote, responsable de l’Uni), qui me cédera sa place lorsqu’il partira en 3A. Ça me fait très plaisir, d’abord parce que je me suis beaucoup battu pour l’UNI donc c’est une preuve de reconnaissance et aussi parce j’ai envie de prendre les problèmes à bras le corps et de les traiter concrètement, de participer au débat. J’ai envie de montrer, au sein du conseil de direction notamment, que la droite a une vision du social qui est particulière, et de l’appliquer. Toujours pour défendre les classes moyennes, comme nous l’avons fait cette année pour le vote du budget, nous acceptons l’augmentation de frais de scolarité puisqu’elle ne porte que sur les plus riches et qu’elle épargne les boursiers et les classes moyennes. Faire payer les plus fortunés, ça a du sens.

Mais pour pallier aux baisses des dotations de l’Etat il faut aussi se tourner vers le mécénat : que les entreprises aident Sciences Po, sans avoir la main sur les programmes, cela développerait des ponts avec le monde du travail.

Est-ce que Sciences Po est dépolitisé à tes yeux ?

Oui, de manière générale la jeunesse est dépolitisée. Elle ne croit plus à l’idéologie, du moins plus en sa capacité à changer les choses, et pour cela elle se tourne davantage vers l’entreprenariat ou les contre-pouvoirs, comme les médias. Surtout elle fait de la politique autrement, pas seulement au sein des partis, au sein d’associations sur des sujets concrets.

Après sur le fond idéologique de Sciences Po, il oscille entre centre-droit et centre-gauche, c’est un espèce de centrisme giscardien à la mode. Mais il existe une dynamique à droite, car il y a eu beaucoup de travail de la part des organisations de droite et parce que nous sommes dans l’opposition mais aussi parce que, c’est mon impression, la France devient de plus en plus de droite. Beaucoup de valeurs de droite se répandent : la frontière, l’autorité, le mérite…  

Quels sont tes projets pour l’année à venir avec les Républicains  et l’UNI ?

Il y a eu un énorme boulot cette année c’est vrai, mais il y a toujours des progrès à faire. Un point à améliorer est la formation militante pour les débats. On pourrait faire un partenariat avec une des associations d’art oratoire de Sciences Po pour préparer les militants aux débats inter-partis.

Il faudrait aussi développer le pôle argumentation, il fait déjà du bon boulot mais il faudrait développer des idées claires sur des sujets précis. Des idées propres aux Républicains Sciences Po qui seraient ensuite diffusées par tracts, des notes mensuelles sur des sujets précis.

Pour l’UNI, le principal est de poursuivre le travail. Il faut montrer qu’on est toujours de droite, avec des valeurs claires, mais en restant vraiment centré sur les étudiants. Il faut montrer que l’on va changer la vie étudiante concrètement sans faire de grands discours idéologiques. On se concentre sur les bibliothèques, les bourses, les salles libres… Le deuxième point c’est qu’il faut qu’on soit toujours là pour les étudiants dans chaque moment de leur scolarité, les aider au quotidien pour leur permettre de réussir.  

Enfin, il faut que l’UNI soit un espace, un cadre où les étudiants vont se rencontrer, développer une convivialité. Cette convivialité est très présente au sein de l’Uni. On va essayer de l’ouvrir à tous les étudiants en général.

Quels sont les trois mots que tu choisirais pour décrire tes valeurs?

Liberté, égalité, fraternité : on n’a jamais fait mieux depuis.

Aurélien Froissart (Ecolos Sciences Po)

Photographie : Capucine Personnic

Photographie : Capucine Personnic

Etais-tu  engagé avant d’entrer à Sciences Po ?

J’étais chez les Jeunes Ecolos depuis mes 15 ans et je suis avec EELV depuis un an : je n’ai pas attendu d’être à Sciences Po pour m’engager. Je connaissais Lucas Wicky, chargé de com des Jeunes Ecolos au niveau national et on a essayé de relancer l’écologie à Sciences Po car EELV ne fonctionnait pas très bien l’an dernier. On a voulu s’appeler “Ecolos SciencesPo” pour vraiment parler d’écologie politique en alliant le coté institutionnel d’EELV et le “politique autrement” des Jeunes Ecolos.

Un an après, le bilan est-il satisfaisant ?

On a réussi à réunir des gens qu’on ne connaissait pas forcément. On a un bureau à 7 et on est que 3 à être encarté chez EELV ou les  Jeunes Ecolos :  les quatre autres sont très impliqués aussi.

En interne, je me suis occupé de la co-organisation de l’évènementiel, c’est moi qui cherche les invités, qui gère la gestion des salles avec Ninnog Louis. C’est assez autogéré, on s’occupe chacun d’un peu de tout, dès que quelqu’un a du temps libre, il prend des responsabilités. L’an prochain, j’aurais un peu moins de temps car je devrais avoir des responsabilités à l’exécutif national des Jeunes Ecolos.

Est-ce que tu milites également hors de la section sciencepiste ?

Je milite à Hénin Beaumont, je suis chargé de communication pour le groupe local du bassin minier  : comme je partais à Paris cette année, j’ai laissé la place de coordinateur que j’occupais l’an passé à un autre militant. Mais je reviens encore régulièrement à Hénin pour tracter notamment.

J’essaye d’avoir un pied à Paris, à Sciences Po, et un pied dans le local, c’est ce qui me plait. D’autant que suite aux résultats des départementales dans le canton d’Hénin-1, on peut vraiment  espérer devenir la deuxième force politique de la ville, devant le PS.

Les Ecolos Sciences Po pendant la conférence avec Pascal Canfin et Cécile Duflot.

Sciences Po est une école de gauche, avec beaucoup de mouvements qui portent les idées écologistes, est-ce que ce n’est pas un frein à la mobilisation des étudiants pour les Ecolos Sciences Po ?

Je ne sais pas si SciencesPo est une école de gauche : tout dépend de la frontière que tu définis entre la gauche et la droite. Si tu considères que le gouvernement est à gauche, alors oui Sciences Po est à gauche !

Clairement, ça nous empêche de mobiliser des gens car l’écologie est aussi portée au Front de Gauche et au PS. Mais d’un autre coté, ça montre qu’on a réussi à gagner culturellement, qu’on est écouté un peu partout.  Je ne considère pas que le parti soit une fin en soi : nos idées doivent être portées un peu partout dans la société, c’est ça la priorité !

L’UMP a organisé récemment une conférence avec NKM intitulée : “Peut-on être écologiste et de droite ?”. Quelle réponse apporterais-tu à cette question ?

Je ne vois pas tellement en quoi NKM peut se prononcer. Je ne vois pas ce qu’elle a apporté à l’écologie. J’aimerais juste citer une phrase de son mentor Nicolas Sarkozy : « l’écologie, ça commence à bien faire ».

Je crois en fait que l’écologie est de gauche fondamentalement : l’écologie doit être populaire et de gauche ou ne doit pas être. Si on parle d’écologie, on doit parler d’écologisme, on doit avoir toute une réflexion politique tournée autour de l’écologie. Il faut avoir une loupe teintée en vert et regarder tous les éléments de la société pour voir ce qu’on peut faire au prisme de l’écologie.

En économie, l’écologie c’est la défense d’alternatives au capitalisme qui sont basées sur le tout croissance, le productivisme qui sont incompatibles avec les enjeux climatiques et environnementaux qu’on traverse.  On a pas la même culture politique que d’autres organisation comme le Front de Gauche mais on a un logiciel commun à la gauche.

Que penses tu des divergences entre l’aile gauche du parti et l’aile droite qui aimerait revenir au gouvernement ?

On a essayé de partir au gouvernement avec Duflot et Canfin, ça n’a pas marché. On s’est fait avoir sur les accords interprofessionnels, on s’est fait avoir sur la loi de transition énergétique, on s’est fait avoir sur Sivens, on s’est fait avoir sur Notre Dame des Landes et maintenant, je ne considère plus que le PS soit compatible avec l’écologie. Le gouvernement actuel n’est même pas plus de gauche. Donc on ne peut plus vendre notre logo à n’importe qui, on ne peut pas servir de faire valoir écolo à un gouvernement qui n’est plus écolo.

Quels sont les trois mots que tu choisirais pour décrire tes valeurs?

Solidarité, localisme, mieux-vivre.

Marie Milly-Delas (Front de Gauche)

Marie Milly-Delas

Etais-tu engagée avant d’entrer à Sciences Po?

J’avais déjà des convictions avant d’entrer à Sciences Po, c’est certain, mais je n’avais pas franchi le cap d’entrer dans un parti. J’étais dans un lycée de province où je n’avais pas cette opportunité, et c’est en rentrant à Sciences Po que j’ai eu le déclic. En assistant à des conférences du Front de Gauche, je me suis rendue compte que je pouvais franchir le cap aussi bien au niveau local que national.  

Comment s’est passée ton intégration au sein du Front de Gauche SciencesPo?

Je suis arrivée au Front de Gauche par les conférences tout d’abord, puis j’ai pu participer aux débats internes au Front de Gauche qui étaient très intéressants, et j’ai pas mal discuté en Péniche avec des militants d’autres partis. Et puis j’ai assisté à la conférence de Clémentine Autain au début de l’année et c’est là que j’ai vraiment su ce que je voulais faire, que c’est cela qui me plaisait.  

Je n’ai pas pris de responsabilités, j’ai surtout participé aux manifestations communes, aux débats, aux assemblées générales (…), et c’est la que je me suis rendue compte que ce qui était très intéressant au Front de Gauche Sciences Po c’est que toutes les composantes sont unies. Nous sommes nombreux à être engagés au sein d’une composante du Front de Gauche au niveau national, je le suis à Ensemble par exemple, mais nous menons des actions au nom du Front de Gauche dans son ensemble.  

Pourquoi le Front de Gauche ?

J’ai des convictions ancrées très à gauche depuis longtemps, elles se sont forgées petit à petit, mais c’est vraiment l’évolution dans la politique gouvernementale actuelle qui m’a révoltée.

Moi j’ai découvert le Front de Gauche en 2012, lors du débat entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, où il lui avait dit qu’elle était semi-démente. Et j’ai trouvé qu’il était le seul à oser à lui dire tout ce que tout le monde pensait tout bas. C’est vraiment ce qui m’a amené au Front de Gauche.  

Je ne suis pas d’accord avec tout ce qu’on propose, mais au bout d’un moment si on veut faire changer les choses il faut s’engager quelque part, il faut un cadre. Et j’ai trouvé ce cadre au Front de Gauche. Un choix que je ne regrette vraiment pas, car même si des désacords existent il y a toujours moyen d’avoir un vrai dialogue et on a vraiment l’impression de servir à quelque chose.

Quels sont tes projets pour l’année prochaine ?

Nous avons cette année organisé trois grandes conférences autour de trois grandes personnalités : Clémentine Autain, Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent qui représentent les trois composantes du Front de Gauche, et je pense que c’est une très bonne chose, donc il faut le renouveler l’année prochaine. Il serait sans doute bien d’inviter des jeunes cadres du Front de Gauche également.

Le principal objectif est de rester paritaire. Par ailleurs il faut continuer à développer nos formations et bien sur être en contact avec les enjeux nationaux que ce soit pour les régionales ou les présidentielles. Enfin il me semble intéressant d’organiser des conférences communes et des débats, notamment avec les Ecolos Sciences Po avec qui nous partageons beaucoup d’idées.

Est-ce que tu envisages de t’engager en politique plus tard ?

Mon engagement politique, c’est un engagement politique de conviction :  je me sens révoltée par ce que je vois, par ce que j’entends, donc je m’engage.

A haut niveau, je pense que la politique n’a rien à voir, je pense que ce ne sont plus les mêmes compétences, les convictions comptent moins, peut-être même plus du tout malheureusement, et ce n’est vraiment pas ce qui m’intéresse.

Moi la politique je ne veux pas en faire mon métier, je veux que ça reste une histoire de convictions, je pense que la majorité des militants à Sciences Po le voient comme ça aussi : les qualités essentielles ce sont les valeurs et les convictions.

Quels sont les trois mots que tu choisirais pour décrire tes valeurs?

Égalité, solidarité, conviction. 

Alexandre Louradour (Nouvelle Donne)

Alexandre Louradour

Etais-tu engagé avant d’entrer à Sciences Po?

Non pas du tout, j’ai découvert Nouvelle Donne au moment des élections européennes. Je n’avais pas vraiment d’affiliation partisane auparavant, l’offre politique ne correspondait pas à ma demande. Je pense que dans tout ce qui nous est présenté dans le spectre politique aujourd’hui, il y a peu de choses dans lesquelles je me reconnais.

Le clivage droite/gauche n’a plus de sens par exemple : ça fait 40 ans d’alternance que l’on nous dit que la croissance va revenir et on ne le voit pas. D’autre part cela fait aussi 40 ans que l’on nous dit que la France est en crise alors que je pense que beaucoup de solutions sont possibles. Je me suis engagé à Nouvelle Donne parce que j’y ai vu une alternative pérenne dans la Vème république.

Dans quelle personnalité politique te reconnais-tu le plus aujourd’hui ?

Nous ne sommes pas du tout dans cette logique à Nouvelle Donne, on ne cherche pas forcément à trouver quelqu’un qui puisse représenter nos idées. On défend avant tout un processus de co-construction des idées par le débat. On ne cherche pas une personne dont on accepte le discours pour le recracher ensuite. Donc il n’y a pas de personnalité politique qui correspond à mon engagement, c’est le parti qui y correspond.

Qu’est-ce qui démarque Nouvelle Donne des autres partis de gauche ?

Je pense que ce qui nous démarque le plus, c’est la méthode que l’on met en place. Nouvelle Donne est un parti très jeune, il a un an d’existence, et il part de 20 propositions très concrètes sur divers sujets pour apporter des solutions dans ce contexte d’urgence.

Nous apportons une nouvelle vision de la politique, l’abandon de la carrière, mais aussi la co-construction, ce n’est pas un comité d’expert qui élabore un programme ensuite proposé aux adhérents. Ce sont des bouleversements de ce qu’est la politique aujourd’hui. Je pense que ni à gauche ni à droite on ne retrouve ces logiques là.

Quel était ton rôle au sein de la section ?

J’avais un engagement de découverte au premier semestre, puis j’ai commencé à faire des choses plus concrètes : une interview, un débat avec Sciences Po Environnement, une sortie à Rouen que j’ai organisée pour découvrir l’économie sociale et solidaire.

Je me suis bien plus engagé au deuxième semestre et j’ai envie de continuer l’année prochaine. Mais je m’intéresse également à d’autres associations, notamment Coexister. (…)

Après ce qui s’est passé avec Charlie Hebdo je me suis dis qu’il fallait agir pour améliorer le dialogue entre les différents segments de la société. (…) J’ai donc participé à la Divine Comédie, un débat inter-religieux pour essayer de mieux comprendre l’autre.

Est-ce que tu envisages de faire de la politique ?

Tout dépend de ce que l’on entend par “faire de la politique” : carrière ou vie politique? A Nouvelle Donne nous rejetons la professionnalisation des hommes politiques. Je pense que c’est ce qui tue la démocratie et provoque la quête de la réélection continue. (…)

Mais j’ai envie d’avoir des responsabilités : je pense que si les idées que je porte peuvent avoir un impact positif sur la société et développer le débat alors c’est intéressant de faire de la politique.

Mais pour l’instant je n’ai pas de projet clair sur mon avenir, je sais simplement que c’est engagement me plaît et que j’ai envie de le poursuivre.

Quels sont tes projets au sein de la section pour l’année prochaine?

Notre plus gros défi est le recrutement de nouveaux membres (…):  il va donc falloir trouver une stratégie pour donner plus de visibilité à Nouvelle Donne à Sciences Po.

Je pense qu’il faut aussi développer les débats inter-partis sur des sujets qui nous touchent particulieèement comme le chômage, la réduction du temps de travail, la fraude fiscale, le climat, l’Europe…  

Le but de la section est vraiment d’ancrer les idées et la structure de Nouvelle Donne à Sciences Po, la journée des gauches par exemple, est une bonne occasion pour le faire.

Quels sont les trois mots que tu choisirais pour décrire tes valeurs?

Respect, progrès, audace. 

Qui est le meilleur candidat selon toi pour 2017 ?

Pas ceux qu’on nous propose. Au deuxième tour tout dépendra de l’offre.