Vie du campus

Que la fête commence

Après un long trajet jusqu’à la capitale, une courte nuit dans son appartement, la porte se claque, les verrous se tournent, et que la fête commence. Allons-y gaiement. Allons commencer notre semaine d’intégration à Sciences-Po.
Sciences-Po. Paris. Une ribambelle de choses en même temps. Un sentiment indistinct, trop vif et trop inénarrable. « Ça y est, on y est », les faits sont là, ca y est, on y est.

Sciences Po
On tente de faire les pros en utilisant déjà le langage du Sciences-Piste, mais rien d’admirable à cela, les tentatives sont vaines. Nous restons manifestement pour l’instant des petits oisillons perdus au milieu du flot d’informations. Par tous les moyens on essaye de tout capter, tout écrire, mais là encore, les tentatives sont vaines. Va-t-on s’en sortir ? Un vieux science piste aura quelques heures plus tard la réponse -je précise après quelques bières – : « Votre première année c’est de la branlette. La mienne je l’ai passée à faire la fête et boire. »
Dans sa robe d’un vert assez indescriptible – qui captera mon attention pendant la moitié de la réunion, je dois l’avouer – la responsable du campus de Paris parle, explique, ré-explique, reparle, introduit, reparle, ces discours ponctués par des interventions diverses. Bibliothécaire stressée dépassée par les nouvelles technologies, médecin qui fait des allusions plus ou moins graveleuses, professeur de maths qui ravive dans mon esprit cette phobie des x et des ln.
Et puis il y a le truc qui marque. Chaque esprit. Samedi 31 aout « prise de parole en public ». Sous ce bel intitulé se cachant un effrayant débat sur un sujet inconnu, devant des centaines d’inconnus, avec des critères inconnus.
Les « anciens » se plient en quatre, font des courbettes, nous invitent gentiment à adhérer à leur association. Toujours à l’affut, ils tractent dans les couloirs, nous courent après pour nous affubler de superbes poches LCL, nous prient de nous asseoir pour écouter un tel vanter les mérites de telle association. Chacun prêche pour sa paroisse. Et ça fonctionne, on remplit des formulaires, on est enthousiaste, on les remercie pour leur aide et on va manger de la flammekueche (du moins quelque chose dans le genre).

Photo : Modem Sciences Po

Photo : Modem Sciences Po

Et puis allons tranquillement au Basile. 18h30-20h30, c’est l’équivalent d’un marathon en ce 22 aout, alors, détente oblige, on se rend au QG des Sciences-Pistes. « Mon grand-père fréquentait déjà le Basile, c’est un endroit mythique. » Chacun y ajoute son grain de sel, le Basile prend des airs de compte de fée. Calmons-nous les enfants. C’est un bar aux happy hours plutôt intéressantes, je vous l’accorde.
On fait connaissance, du moins on tente. Dans ce flot de personnes – au moins aussi dense que celui d’informations- plongé dans l’univers sixties du bar, on découvre, on apprend. Nantes ? Banlieue parisienne ? Madagascar ? Mmmh, intéressant. Bicu ? Mono ? Procédure internationale ? Admissibilité sur dossier ? Master en affaires publiques ? Tant de parcours différents.
Les tâches à accomplir s’accumulent, ô rage, ô désespoir, ces deux mois d’irresponsabilités ne nous facilitent pas la tâche. Faire des plannings, adhérer aux associations, trouver une fausse carte pour la fête de vendredi, mener à bien ses inscriptions pédagogiques, réussir à aller au Panthéon sans dommages collatéraux… Et ça n’est que le début.
Alors on s’accroche pour cette semaine qui commence, mitigé entre l’excitation du (re)-nouveau et l’angoisse de l’inconnu. Tout est si ambivalent, contradictoire, que l’on ne sait plus quoi penser. Chacun est taraudé par les mêmes questions, ne vous inquiétez pas les enfants, nous sommes tous dans le même pétrin.
La semaine se déroule sans encombre, le débat s’avère plutôt drôle, les préoccupations futiles, les informations enregistrées. On écoute notre cher nouveau directeur, qui fait sa rentrée de petit nouveau lui aussi, on se bat pour être en Boutmy pour voir Jack Lang, on se plaint des inscriptions pédagogiques, on découvre peu à peu sa triplette. Et allons-y gaiement. Allons commencer notre première année à Sciences-Po.

 

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