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La rentrée des expositions à Paris

Le Mag fait sa rentrée 2017 !
Rien de mieux qu’une exposition pour se replonger dans le bain culturel.
En ce moment, les offres sont nombreuses et variées dans la capitale. Toutefois, le mois de janvier court entre deux saisons artistiques et il ne faut pas manquer des événements clés de la fin 2016- début 2017 avant de découvrir ce que réserve la prochaine saison. Qu’il s’agisse de peintures, de sculptures ou d’une exposition à thème, voici une liste d’idées à saisir pour enrichir ses connaissances et abreuver sa curiosité artistique.

Le musée d’Orsay : Frédéric Bazille, la jeunesse de l’impressionnisme (1841-1870)

Bazille est un nom peu connu de la peinture française. Mis à l’honneur dans un musée aussi prestigieux qu’Orsay, cette exposition retrace la vie fulgurante, heureuse et intense du peintre au destin funeste.
Doté d’un coup de pinceau inédit, ce peintre exprime à travers ses œuvres la fougue de la jeunesse et la soif de découverte. La reconnaissance de son travail n’advient que bien après celle de ses collègues. Mais il est désormais considéré comme un peintre incontournable du mouvement impressionniste.
Jeune artiste débarqué à Paris, son œuvre raconte la naissance d’une génération nouvelle prête à révolutionner les canons de l’art classique. Colocataire d’un studio avec Monet, il évolue dans le bouillonnement artistique du moment et vit en premier plan une révolution esthétique inédite. Il voit grandir des colosses de la peinture du XIXème comme Monet, Manet, Degas, sans jamais atteindre leur prestige.
La raison ? Sa mort dans la fleur de l’âge. Enrôlé dans l’armée lors de la guerre franco-prussienne, il disparaît à l’aube de ses trente ans. Cette mort précoce porte préjudice à l’artiste aux débuts si prometteurs. L’exposition remet en cause cette vision et montre l’apport d’une vie courte, mais remplie de production artistique. L’ œuvre de Bazille baigne dans une jeunesse éternelle qui ravit les sens.

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Une œuvre remarquable est sans doute Scène d’été (1869) aux airs de Déjeuner sur l’herbe (1863) de Manet, pour lequel le peintre a d’ailleurs posé. De jeunes hommes se baignent à l’abri de la végétation. Cette scène propage une atmosphère paisible et bucolique tellement forte qu’elle insère le nu réaliste dans l’esprit lyrique et onirique de l’impressionnisme.

Le musée de l’Orangerie : Les peintres américains des années 1930

L’art américain n’est que peu représenté dans les collections des musées français. Depuis décembre, le musée de l’Orangerie y remédie avec une exposition conçue en coopération avec Chicago art Institute qui met à l’honneur les artistes de la Grande Dépression.
L’avantage de cette collection est son éclectisme. Marsden Hartley, Georgia O’Keeffe, ou Edward Hopper, autant de noms que de styles différents, se rejoignent en un point culminant : l’angoisse. Témoins de l’aube industrielle entre les deux guerres, les peintres réunis proposent une représentation du réel de leur époque à travers le prisme de leurs sentiments et de leurs préoccupations pour l’avenir. Loin de l’atmosphère enthousiaste des Roaring Twenties, les artistes montrent le revers de la pièce avec un spectre plus humain et transcendant, au-delà des apparences de prospérité. L’impression d’accumulation de richesse et de production laisse un vide, un malaise dans l’être humain subjugué par l’envie et le désir de réussite que les artistes remettent en cause avec leurs œuvres. Pourtant, ces œuvres ne gravitent pas qu’autour d’un registre sombre et dramatique, mais usent et abusent de la dérision et des paradigmes de la société de consommation pour dénoncer les excès d’une époque.
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Une œuvre marquante est sans doute le American gothic de Grant Wood de 1930, connue du grand public pour son apparition dans le générique de la série américaine Desperate Housewives. En effet, ce tableau représente le couple modèle de « l’Amérique profonde » en suivant les canons artistiques de l’art gothique, comme en arrière plan une vieille demeure avec une voûte en ogive ou bien un camé sur la chemise de la dame. En revanche, la modernité de la technique utilisée est déconcertante : la forme stylisée des corps et la composition en plan rapproché correspondent à une modernité picturale qui met en avant les paradoxes de cette époque entre conservatisme et innovation.

D’autres expositions conseillées : Tenue correcte exigée au musée d’arts décoratifs ( gratuit pour les moins de 26ans), un parcours des tenues ayant fait scandale au fil des époques, proposant une analyse sociologique et historique des normes d’habillement et de comportement en société ainsi que leurs évolutions contrastées; Cy Twombly, au centre Pompidou, un artiste contemporain quelque peu déconcertant, mais qui mérite le détour pour son audace et sa créativité atypique.

À venir : une saison prometteuse

Pour finir, le Mag vous tient informé des prochains événements et expositions qui laissent présager une expérience artistique inoubliable. Ainsi, le Grand Palais, après le succès de l’exposition sur les peintres mexicains, prépare une exposition modestement nommée Jardins. Le parti pris est de se centrer sur un thème qui traverse les époques et les courants artistiques. Le Jardin est en effet le symbole de la maîtrise de la Nature sauvage par l’Homme, capable de la modeler à son goût. Cette union entre le naturel et l’artificiel crée une atmosphère unique, souvent favorable à l’analyse de sentiments profonds, comme l’indique l’expression « jardin secret » pour désigner le for intérieur de chacun. L’exposition a pour ambition de réussir à recréer la situation privilégiée de l’artiste et de toucher le spectateur dans son intimité au cours de cette promenade bucolique.

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Une autre exposition à retenir par son originalité s’ouvrira au centre Pompidou à partir du 15 mars, Mutations- créations/imprimer le monde. Dédiée aux nouvelles technologies de l’impression 3D, cette exposition annonce un souffle de modernité dans l’art et l’ouverture de nouveaux horizons dans la création artistique qui ne saurait connaître de limites.