Richard Thil, banquier d’affaires

il y a 7 mois par dans Après St Guillaume, Et après ?

 

Chronologie : 

1976 : Diplômé de SciencesPo, section Service Public

1978 : Mariage et entrée dans le groupe Rothschild

1982 : Nationalisation du groupe Rothschild en France

1984 : Retour dans le groupe, refondation autour de David de Rothschild

1996 : Devient Associé du groupe, domaine de la fusion acquisition

 

Portrait Chinois, si j’étais ….

-Un instant :  un matin à la chasse 

-Une association : l’équipe de foot de Sciences Po, j’ai de merveilleux souvenirs de mes années rue Saint-Guillaume 

-Une œuvre d’Art : un masque Africain, j’ai habité près de vingt ans là bas car mon père était diplomate. 

-Une réussite :  le redressement économique de l’Allemagne qui m’a beaucoup impressionné.

-Un investissement :  spontanément, celui mené pour le Tiers Monde. 

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Le groupe Rothschild offre une entrée de prestige dans un immeuble du VIIIème arrondissement de Paris. Confortablement installée dans un salon, La Péniche.Net a rencontré l’un des associés de la banque d’affaires, Richard Thil. Témoignage d’un science piste ayant fait carrière dans le monde du conseil financier.

RUE SAINT GUILLAUME

Richard Thil a effectué un master en Service Public, « le plus prestigieux». Lors de ses études, il a côtoyé des professeurs de renom, Jean-Baptiste Duroselle pour un cours de relations internationales depuis 1930 et René Rémond en Histoire. Si le banquier s’est autant plu au sein de l’institut c’est grâce à l’incroyable mélange culturel qu’il y a trouvé. « Le SciencesPo actuel est bien différent, on était un club fermé à l‘époque, un centre de réflexion social démocrate derrière les grosses portes de la rue Saint Guillaume». Il a gardé des souvenirs marquants de cette période privilégiée, « merveilleuse » même.  Il appartenait alors à un microcosme de gens heureux de discuter des grands problèmes politiques et stratégiques. Monsieur Thil parle aussi avec une certaine émotion d’Ali, le vendeur de journaux posté tous les jours devant l’institut, nombreux étaient ceux à s’arracher Le Monde auprès de lui.

Richard thilC’est aussi le hall de La Péniche qu’il porte encore dans son cœur. Mais il avoue avoir été « triste de voir que les vestiaires avaient disparu». Dans les années 1970, les élèves allaient à SciencesPo en mobylette, et il était possible de ranger les casques dans le hall derrière les appariteurs en costume bleu revêtant un badge « IEP » (et non l’actuelle fameuse cravate rouge). On lui a raconté qu’avant la guerre les étudiants avaient l’habitude déposer chapeaux melons et parapluies dans ces vestiaires. Et au sous sol se trouvait alors une salle de gym. Le professeur avait un sweatshirt estampillé SciencesPo, renforçant l’esprit corporatiste.

 

Il reconnait que les étudiants étaient un peu coupés du reste de la société, mais il ne peut pas regretter d’avoir fait partie de ces jeunes gens impliqués. Par la suite Monsieur Thil a tenu à garder contact avec SciencesPo. Il a notamment fait partie des premiers jurys de la troisième voie d’admission (convention ZEP), lancée sous l’ère Descoings. « J’étais des plus enthousiastes à l’idée de participer à cette formidable ouverture et je suis heureux de voir que la mesure continue et soit même devenu un grand succès. » 

CARRIÈRE AU SEIN DU GROUPE ROTSCHILD

A la fin des années 1970, la conjoncture économique permettait de trouver facilement du travail. Après quelques mois passés à Oxford pour parfaire sa connaissance de l’anglais Richard Thil s’engage dans le secteur de la Banque, qui était une voie classique à la sortie de SciencesPo. Il a ainsi mené toute sa carrière au sein du groupe Rothschild, et en est associé depuis une quinzaine d’années. Ce groupe familial est attaché à délivrer des conseils « éthiques » au niveau mondial. «Une maison de conseil ne peut vendre que ce qu’elle a dans sa tête, chez Rothschild nous faisons tout pour que le conseil soit le plus propre et le plus exigent possible en conformité avec ce qu’a toujours été la maison ». 

Le groupe doit notamment faire face à la concurrence accrue d’autres maisons de conseil comme Goldman Sachs et à la crise économique. Néanmoins Monsieur Thil insiste sur la solidité du groupe: « La qualité de la prestation ne changera jamais, il y a toujours besoin d’établissements dont le conseil est la pure finalité. Et chez Rothschild nous avons un esprit de long terme, cela me plait beaucoup ». La maison a aussi une facilité d’adaptation, « notre force est que nous ne sommes ni mono-produit ni mono-conseil ». 

Richard Thil s’occupe plus précisément de la branche fusion acquisition. Il conseille ainsi des groupes industriels ou familiaux qui veulent procéder à des opérations de cession, fusion, acquisition. « C’est un métier passionnant » confie-t-il, « car c’est intervenir à un moment vital d’un groupe, un moment de tension extrême où il faut aller vite et traiter plusieurs sujets à la fois : la comptabilité, les relations publiques et boursières, les méthodes d’évaluation … ». 

 

DES QUALITÉS INCONTOURNABLES

Avec du recul, Richard Thil est convaincu que la formation de SciencesPo est très utile pour devenir banquier d’affaires. Lors des sessions de recrutement, il ne fait pas la différence avec des étudiants sortant d’HEC. Sur les quinze collaborateurs recrutés par an dans le groupe, environ 25% sortent de SciencesPo.

La qualité essentielle qu’il reconnaît à la formation est bien l’esprit de synthèse. « La manière de présenter un sujet par un plan construit, dans  un temps minuté oblige d’aller à l’essentiel. Dans ce métier c’est une qualité immense.». 

L’année d’échange à l’étranger est pour lui l‘une des plus grandes avancées dans la formation. L’ouverture sur l’international devient primordiale, car les collaborateurs recrutés sont amenés à partir à l’étranger tout au long de leur carrière. L’apprentissage des langues est devenu incontournable : « A l’époque nous n’avions qu’un labo de langues au fond du jardin, on apprenait dans espèces de cabanes de chantier avec des casques ». 

 

Il termine en soulignant qu’être banquier d’affaire est comme être un chef d’orchestre. Il doit agir de manière discrète, rapide, fiable grâce à une vision globale.


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Lorraine Gaucher-Petitdemange

Etudiante en 2A, Lorraine a décidé de rejoindre LaPéniche.net à la rentrée dans la rubrique «Et Après?» pour partir à la rencontre des anciens de SciencePo.

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Une réponse à “Richard Thil, banquier d’affaires”


géographie de paris 101
15 avril 2014 Répondre

Rothschild dans le 13ème, vraiment?

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