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La présidentielle à Sciences Po : Macron en tête, Mélenchon second, Le Pen absente

Methodologie

Ce sondage a été construit avec l’outil Google Forms. Il a permis de limiter les participants aux seuls utilisateurs d’adresses @sciencespo.fr (essentiellement étudiants donc). Les adresses n’ont pas été collectées, il est donc entièrement anonyme. Une option limite chaque utilisateur à ne pouvoir répondre qu’une seule fois, elle a été activée.

Le sondage – le lien vers le formulaire – a été lancé par la page Facebook de la Péniche mardi 25 avril à 18h (10 étudiants ont répondu avant pour tester le questionnaire). Il a rapidement été partagé, sur Facebook, sur les groupes de promotions (des groupes généraux, 2020, 2021 ainsi qu’au sein de certains groupes de campus délocalisés et de bicursus notamment) et également par quelques étudiants de manière individuelle. Il a été clôt le mercredi 26 avril à 23h et totalise 1136 réponses.

La direction de la scolarité de l’école, que nous remercions ici, nous a communiqué les chiffres des étudiants français pour chaque cursus. D’abord, la population totale d’étudiants français, donc concerné par ce sondage, est d’environ 7100 étudiants. Notre échantillon ou panel de 1136 étudiants est donc assez important. Cependant, nous avons proportionnellement beaucoup plus de réponses d’étudiants du Collège universitaire que de master (que nous associons aux autres : doctorat, préparation de concours…). Nous avons en effet environ 70 % de réponse (809) venant du Collège universitaire que de master et autres, à environ 30 % (327), alors que les masters et autres représentent plus de 3800 étudiants sur les 7100 étudiants français contre environ 3300 du Collège universitaire. Ce différentiel dans la représentativité de l’étude s’explique par l’influence et la portée de notre journal et de nos partage du sondage, qui impactent bien davantage les étudiants de première, deuxième et troisième année que ceux des années suivantes, souvent loin de la vie étudiante de l’école et des murs Facebook de promotion.

De multiples analyses et recoupements restent à faire, mais nous avons fait le choix de publier rapidement ceux-ci.

Des tableaux récapitulatifs de tous les résultats sont disponibles ici, avec à chaque fois le nombre de sondés concernés par la question.

 

Les résultats du premier tour : Macron à 38%, Mélenchon second, Le Pen absente

premier tourEmmanuel Macron arrive largement en tête à Sciences Po avec 37,9 % des déclarations de bulletins exprimés. Vient ensuite Jean-Luc Mélenchon 10 points derrière à 27,3 % suivi de Benoît Hamon encore dix points à la suite à 18,3 %. François Fillon arrive bon dernier du quarto de tête à 12.8 % des votes déclarés. Les autres candidats font des scores très faibles : Nicolas Dupont-Aignan, Marine Le Pen et Jean Lassalle, dans l’ordre, sont dans un mouchoir de poche autour de 1 %, les suivants font moins.

Il s’agit ici des votes exprimés (1091 sur 1136 sondés) au premier tour, sachant que le sondage s’est déroulé 2 jours après ce premier tour. L’abstention déclarée est de 2.7 %, mais on peut supposer que les abstentionnistes ont proportionnellement moins répondu à ce questionnaire. Quant au vote blanc pour ce premier tour, il est marginal : 1,2 % du total.

intention second tour

Les intentions de vote au second tour sont sans appel : Emmanuel Macron l’emporterai avec 94,5 % des voix contre 5,5 % pour la candidate du Front National, en part des votes certains d’être exprimés. Ce qui représentait, au moment du sondage, seulement 76.6 % des sondés. Plus de 10% des étudiants n’avaient pas encore décidé quel serait leur choix, quand la même part prévoit de voter blanc ou nul (5.8 %) ou de s’abstenir (4.8 %).

Les reports de voix pour le second tour sont très différenciés selon le vote du 23 avril. Ainsi, seulement la moitié des électeurs de Jean-Luc Mélenchon sont certains d’aller glisser un bulletin exprimé dans l’urne dimanche – et à 98 % pour E. Macron. Ils sont plus du quart à ne pas savoir quoi faire pour le second tour, et plus de 11 % à se préparer à voter blanc ou nul. Du côté des étudiants qui ont voté pour le candidat de la droite au premier tour, ils sont deux tiers à être certains d’aller voter, dont seulement 75 % pour le candidat du centre. Ces électeurs fournissent la moitié des maigres voix (48) de Marine Le Pen au second tour, elle qui par ailleurs multiplie par presque cinq le nombre de voix entre le premier (10) et le second tour (48). Pour les soutiens de Benoît Hamon, les reports sont quasi-automatique, plus de 86 % d’entre-eux comptent voter pour le candidat d’En Marche ! dimanche.

Nos analyse du vote du premier tour en fonction d’autres facteurs ne portent uniquement sur les quatre candidats arrivés en têtes, car les scores très faibles des sept autres ne permettent aucune analyse fiable statistiquement.

 

La conviction des votes

conviction vote 1er tour

La répartition de la conviction du vote pour l’ensemble des sondés s’étant exprimé au premier tour.

Nous avons demandé aux étudiants, pour le premier et le second, de place de 1 à 5 leur niveau de conviction de leur vote. Ceux-ci sont relativement différenciés selon les candidats. Pour le premier tour, la moyenne est de 3,9 sur 5. Arrive en tête Benoît Hamon à 4,1, puis Jean-Luc Mélenchon à 4 et suit François Fillon à 3,8 sur 5. Enfin, le candidat arrivé en tête recueille le plus faible score, à 3,5.

Pour le second tour, Marine Le Pen fait a peine mieux (3,5) que Emmanuel Macron (3,3).

 

Un vote genré

Il faut lire nos résultats en fonction du genre avec prudence, car seul 53,5 % de femmes ont répondu au questionnaire alors qu’elle composent 60% des promotions.

Cependant, certains candidats sont très clivés en fonction du genre, au premier desquels le candidat socialiste. Benoît Hamon remporte le double de la part des votes chez les femmes (22,3 %) que chez les hommes (11,3 %). Autrement dit, parmi ceux qui ont voté pour le vainqueur de la primaire de la gauche, 69,2 % sont des femmes pour seulement 29,8 % d’hommes.

L’électorat de François Fillon est opposé : parmi les étudiants de Sciences Po qui ont voté pour lui au premier tour, 63,6 % sont des hommes. Ce score est de 42,1 % pour Emmanuel Macron. Quant au candidat de la France Insoumise, il réunit de manière paritaire les voix des étudiants. Ainsi, les étudiantes votent proportionnellement bien davantage pour B. Hamon et, dans une moindre mesure, pour E. Macron, et votent relativement pour F. Fillon.

 

Les bicursus à gauche, les campus rejettent le vote de droite

Nous avons privilégié la comparaison par cursus qui, après des comparaison, apparaît bien plus clivant que selon les années d’études.

Entre Collège universitaire et master (et autres), la différence est faible et les résultats se recoupent avec l’ensemble des sondés. Cependant, en master, on observe une légère tendance pour E. Macron qui pénalise à la fois B. Hamon et J.L. Mélenchon. Mais c’est au sein de ces catégories qu’il est intéressant de creuser.

Nous avons coupé le Collège Universitaire en trois groupes suffisamment large pour avoir des résultats statistiques fiable : étudiants en campus délocalisés, étudiants du cursus général à Paris et bicursus parisiens. Ces derniers se distinguent par un soutien important au candidat de la France Insoumise, alors que le candidat d’En Marche perd plus de 10 points et descend à 25 % (contre 38,9 % sur l’ensemble de l’école). Le cursus général parisien est très proche des résultats généraux. Quant aux campus délocalisés, ils se distinguent par la faiblesse du score de F. Fillon qui perd environ 5 points à 8,1 %.

Pour les masters et autres (césure, doctorat, préparation de concours…), il nous a paru plus pertinent de recouper par la voie choisie. Au vu du faible nombre de répondants dans de nombreuses filières, le choix a été fait de diviser entre les étudiants de l’école d’affaires publiques (AP) et tout les autres. Ceux-ci placent E. Macron à 43,6 %, dix points de plus que les étudiants en AP, qui eux place F. Fillon au dessus de la moyenne de l’école à 16,8 %, contre 9,9 % pour les masters et autres qui ne sont pas en AP. Dans les deux cas, J.L. Mélenchon est plus bas qu’au Collège Universitaire.

 

Les primaires

Plus de la moitié des étudiants interrogés ( 53,8%) n’ont voté à aucune primaire, 20,4 % a voté à au moins un des deux tour de la primaire de la droite et du centre, 17,6 % ont voté à celle de la gauche et 8,2 % autres ont voté aux deux.

primaire droite 1er tour

310 étudiants (27,3%) déclarent avoir voté au moins à un tour de la primaire de la droite. Au premier tour, en incluant dans le total ceux qui n’ont voté qu’au second tour ou qui ont voté blanc ou nul (16,1%), Alain Juppé arrive largement en tête avec 38,7 %. Vient ensuite Nathalie Kosciusko-Morizet à 19,7 % et François Fillon à 17,4 %, Nicolas Sarkozy ne recueillant que 3,5 %.

primaire droite 2nd tour

Au second tour, la participation est légèrement plus élevée avec 13,2 % qui n’ont pas pris part à ce scrutin. En incluant cette non-participation, Alain Juppé l’emporte très largement avec 62,3 %, François Fillon ne totalisant que 24,5 %.

Pour la primaire de la gauche, 286 étudiants (25,2%) déclarent avoir voté à au moins un tour. Au premier, en comptant les 17,8 % de non-participation, 52,1 % ont voté Benoît Hamon, 11,2 % Vincent Peillon, 8 % ont voté Manuel Valls, 6,3 % pour François de Rugy et 3,5 % pour Arnaud Montebourg. Au second tour, en comptant les 15,4 % qu’y on pas voté, Benoît Hamon remporte 72,6 % des suffrages et Manuel Valls cumule 11,9 %.

primaire gauche 1er tour

primaire gauche 2nd tour

Nous n’avons pas encore croisé les résultats des primaires avec les votes déclarés au premier tour, cela arrive d’ici la fin de la semaine.

 

Les déterminants du vote

Nous avons demandé, quel que soient les déclarations de vote au premier tour, quel étaient les déterminants du vote. Une première question interroge les thèmes qui ont déterminés le choix des sondés ; inspirée du sondage Opinionway pour le printemps de l’économie (mars 2017), nous avons ajouté des thèmes mais, mea culpa, en avons oublié certains d’importance, tel l’immigration. Le nombre de réponse n’était pas limité.

thèmes

Le thème le plus fréquemment cité est la construction européenne, cochée par 63 % des sondés. Vient après l’éducation (62%), les inégalités sociales (56%), l’environnement (53%), la protection sociale (53%) et enfin l’emploi (50%). En queue de peloton, on retrouve le logement (11%), la sécurité (18%) et le pouvoir d’achat (19%).

La seconde question porte sur les qualités attendues par les sondés pour un Président de la République. Les propositions, inspirées du sondage Elabe/Europe 1 du 21 avril 2016, sont limitées à trois.

qualités président

Très loin devant, l’honnêteté est attendue par 58 % des sondés, précédant la détermination (44%) et le réalisme (41%). Les qualités les moins attendues sont l’humour (4%) et la simplicité (8%).

Dernière question à propos de la détermination du vote : la confiance dans l’avenir. De même que l’adhésion pour le vote, nous avons demandé aux sondés de noter leur confiance dans l’avenir de la France de 1 (très peu confiant) à 5 (très confiant). La moyenne est à 2,8 sur 5, répartie de manière assez équitable de part et d’autre de la moyenne.

De même, nous n’avons pas encore croisé ces données avec les votes du premier tour, mais cela ne saurait tarder.

Nous vous rappelons que vous pouvez consulter l’ensemble des résultats précis ici.

Merci beaucoup à Tom Février, Pierre-Alexandre Bigel et Gabrielle Radet pour leur aide.

 

  • Réflexion

    Ceci n’est PAS UN SONDAGE. Il faut arreter avec ce genre « d’étude » stupide qui n’ont aucune portée. Même si le nombre de votes semble important, il n’est en rien représentatif ni du Master, ni du collège.Qui vous dit que les répondants ne sont pas biaisés politiquement ? Qui vous dit que les hommes ayant voté Hammon n’ont pas boycotté votre sondage ? Peut-être qu’un masse importante d’étudiants a voté Lassalle, mais n’a pas vu votre « sondage ». Rien… rien du tout. Car ceci est construit à la volée : votre échantillon n’est pas représentatif, pas de marge d’erreur… Vous feriez mieux d’affiner votre étude avant de publier « au plus vite » des conclusions fallacieuses a faire bondir des sondeurs sérieux.