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Où est passé le Rap à Sciences Po ?

Lunatic Les jours se suivent et souvent se ressemblent: tu te traînes pour sortir des couloirs de Sèvres-Bab’, tu croises la même crew de serbo-croates qui tous les jours posent leur flow à coup d’accordéon entre deux prises de colle à rustine devant l’affiche du prochain spectacle de Pierre Palmade, tu laisses discrètement choir la monnaie du pain dans leur gobelet et tu tailles la zone, un léger sourire aux lèvres. Mais ce matin de novembre, Pierre Palmade avait disparu. Encore un coup des serbo-croates ? Mieux ! Devant moi, en lettres de feu, barrant de rouge un visage noir buriné par la vie et l’infographisme, une autre affiche proclamait la sortie du nouvel album d’Elie Yaffa, a.k.a Booba, prévue le 22 novembre. Je poursuivis mon trajet en psalmodiant les plus beaux versets de l’œuvre du Duc de Boulogne (« t’écartes les cuisses pour un Filet O’Fish » ; « la honte négro, tu t’rends compte négro ? »). En passant les portes du 27, je songeais déjà à l’effervescence que cette annonce ne manquerait assurément pas d’y provoquer. Je l’imaginais, s’élevant avec fracas le long des piliers de cette vénérable institution, allant résonner dans la voûte et jusqu’aux nuées au cri fraternel de l’amour des Arts et des Lettres. Garde la pêche. Comme à leur habitude, une paire d’anarcho-syndicalistes branlottaient à qui mieux-mieux du bout de leurs doigts gourds de tristes et incolores papelards, tandis que des zonards au teint blafard se traînaient nonchalamment en Péniche en masquant leurs cernes derrière le dernier numéro de Libération. Sur ma droite, un appariteur achevait de tronçonner le cadavre d’un étudiant qui, à l’évidence, était resté trop longtemps à la bibliothèque après le deuxième coup de semonce de 21:17. Une matinée tout à fait banale en somme. Manifestement la parution de « l’album de la maturité » de Bédeuzo en laissait plus d’un indifférent.

63ème Journée Dédicaces: coulisses d’une journée singulière

JD.pngOh, je sais, tu en as entendu parler de la journée dédicaces. Bien sûr, tu as flashé sur le stylo de lettres roses sur fond noir qui trône avec classe en plein cœur des panneaux d’affichage, et tu as déjà vu défiler sur ta Péniche.net portraits et petites annonces qui t’ont mis l’eau à la bouche… Mais matelot, que connais-tu de la 63ème Journée Dédicace ? Que connais-tu de ses organisatrices, de son objectif, de ses attentes et de ses surprises ? Comme d’usage, la journée a choisi son thème. Celui-ci promet d’être renversant car pour les écrivains comme pour les décors, le maître mot sera la singularité ! Le rendez-vous s’annonce donc plein de rebondissements… Espérons seulement que nous n’en sortirons pas déçus. Claire Lefèvre, coordinatrice du projet, affiche en tous cas un sourire des plus optimistes, et l’équipe se plie en quatre pour que cette année ni Sciences Po, ni les partenaires ni les auteurs ne sortent désappointés d’une journée aux aspirations colossales.

Série des Dédicaces (3/4): Pierre Stasse

JD.pngÀ l’occasion de la Journées Dédicaces, organisée par le Bureau des Arts le 4 décembre prochain, le Magazine de LaPéniche vous fait découvrir quatre auteurs qui se prêteront au jeu des signatures et autres petits mots d’amour. Troisième étape: Pierre Stasse, issu de Sciences Po, auteur de « Les Restes de Jean-Jacques ». Bonne lecture.