Culture

La Péniche embarque pour la Croisette: reportage sur la Semaine du Cinéma de Sciences Po.

854531855.jpgSemaine_du_cinema_Sciences_Po.jpgJe crois que l’expression consacrée est « Un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’Humanité ». Je crois aussi que cette expression convient, à l’échelle de Sciences Po, à la Semaine du Cinéma, dont la première édition s’est déroulée la semaine dernière, du 28 mars au 1er avril. « L’équipe a sans doute écrit un page de l’histoire de Sciences Po » aurait même dit la directrice adjointe de l’école. Le cinéma manquait-il à Sciences Po ? Certainement, oui. On avait déjà une semaine Queer, une semaine des Arts, une semaine écolo, mais pas de semaine de Cinéma. Certes, il y a le ciné-club, mais qui n’a pas (pour l’instant) l’envergure fédératrice que peut avoir une semaine entière consacrée au 7ème art. La chose est finalement réparée. Une équipe de dix étudiants se monte donc au début de l’année, tous issus de master, pour créer ce festival, avant-gout de Cannes, dans le cadre du projet collectif de quatrième année. Une grande et belle nouveauté avec une péniche décorée en prime (veto en revanche sur l’affiche d’Avatar, mais bon). Les cinéphiles se réjouissent.

Où est passé le Rap à Sciences Po ?

Lunatic Les jours se suivent et souvent se ressemblent: tu te traînes pour sortir des couloirs de Sèvres-Bab’, tu croises la même crew de serbo-croates qui tous les jours posent leur flow à coup d’accordéon entre deux prises de colle à rustine devant l’affiche du prochain spectacle de Pierre Palmade, tu laisses discrètement choir la monnaie du pain dans leur gobelet et tu tailles la zone, un léger sourire aux lèvres. Mais ce matin de novembre, Pierre Palmade avait disparu. Encore un coup des serbo-croates ? Mieux ! Devant moi, en lettres de feu, barrant de rouge un visage noir buriné par la vie et l’infographisme, une autre affiche proclamait la sortie du nouvel album d’Elie Yaffa, a.k.a Booba, prévue le 22 novembre. Je poursuivis mon trajet en psalmodiant les plus beaux versets de l’œuvre du Duc de Boulogne (« t’écartes les cuisses pour un Filet O’Fish » ; « la honte négro, tu t’rends compte négro ? »). En passant les portes du 27, je songeais déjà à l’effervescence que cette annonce ne manquerait assurément pas d’y provoquer. Je l’imaginais, s’élevant avec fracas le long des piliers de cette vénérable institution, allant résonner dans la voûte et jusqu’aux nuées au cri fraternel de l’amour des Arts et des Lettres. Garde la pêche. Comme à leur habitude, une paire d’anarcho-syndicalistes branlottaient à qui mieux-mieux du bout de leurs doigts gourds de tristes et incolores papelards, tandis que des zonards au teint blafard se traînaient nonchalamment en Péniche en masquant leurs cernes derrière le dernier numéro de Libération. Sur ma droite, un appariteur achevait de tronçonner le cadavre d’un étudiant qui, à l’évidence, était resté trop longtemps à la bibliothèque après le deuxième coup de semonce de 21:17. Une matinée tout à fait banale en somme. Manifestement la parution de « l’album de la maturité » de Bédeuzo en laissait plus d’un indifférent.

« Visca Catalunya Lliure! » (Vive la Catalogne libre!)

catalogne_inline.jpgÇa vous a peut être échappé, mais la Catalogne traverse une période décisive pour son histoire, et avec elle l’Union Européenne, qui jouera peut être un rôle nouveau qui fera jurisprudence.

En effet, voici la question qui a été posée à 700,000 électeurs catalans le 13 décembre : « Etes-vous favorable à ce que la Catalogne soit un Etat souverain, social et démocratique, intégré dans l’Union européenne ? ». 171 communes ont participé à ce référendum symbolique (rien d’officiel pour le moment) et, sans surprise, le Oui l’a emporté à 94,8%.