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TRIBUNE: David, François, et le colonisme révolutionnaire

Pour le premier article de cette rubrique Opinions, LaPéniche publie la tribune d’un étudiant au pseudonyme de Julie Daubié. Au menu, ton décalé et parallèle entre David Colon et François Hollande. Annonciateur ?

    On le voyait encore il y a quelques semaines jouer les pères Nöel grotesques au marché du BDA et poster des photos de son chat sur Facebook. Voilà qu’il a bloqué son Mur et ne se contente plus que d’interventions sobres en deux parties deux sous-parties.

    Si certains furent ravis, personne ne fut surpris par la candidature récemment annoncée au poste de directeur de Sciences Po de David Colon, professeur patenté et gai luron émérite.
    Celle-ci nous est apparue aussi attendue, logique et préparée que la candidature de François Hollande à la présidentielle de 2012 et en effet, des affinités troublantes, tant sur le style que sur le fond, apparaissent entre les deux personnages.

      David Colon, le François Hollande de la rue St Guillaume ?

    Le parallèle est tentant. Non pas que nous voudrions lui suggérer un régime et un changement de lunettes, quoique… Comme l’actuel président de la République, le potentiel directeur a profité de revirements inattendus et étranges du destin (un piège peut être, un complot, nous verrons) avant de pouvoir prétendre à la fonction suprême.
    Comme lui, il s’est trouvé l’heureux bénéficiaire du drame d’un hôtel new-yorkais. La mort de Richard Descoing a bien autant secoué la planète Sciences Po que les frasques de DSK ont affligé le Parti Socialiste, bien que la disparition bien réelle du premier soit plus regrettable que l’anéantissement politique du second.
    Comme lui, il a pu profiter des faiblesses de son collègue devenu adversaire, Hervé Crès, au charisme d’apparatchik aussi douteux que celui de Martine Aubry.
    Comme lui, il connait l’appareil, infiltré et noyauté depuis bien longtemps. Rien de ce qui est sciences-piste ne lui est étranger et il maîtrise au moins aussi bien les coulisses du campus parisien que François les arcanes du parti socialiste.
    Peut-on pousser la comparaison plus loin ? Allons.

      David Colon, un directeur normal ?

    L’auteur du mythique XIXème siècle en fiches, David est un homme simple, il l’a toujours été. Certes, il ne vient pas des terres corréziennes qui produisent les grands hommes, mais il revendique un attachement véritable à son village de Saou, assumant sans arrière pensée un provincialisme sain et sincère au milieu de l’odieux snobisme parisiano-sciences piste.
    Avec ses joues bien pleines et son sourire bonhomme, David a tout pour convaincre l’étudiant Dugenou. Loin, bien loin des fastes bling bling de l’ère Descoings, il affirme avoir toujours été, le cœur pur et les mains propres, un modeste et fidèle fonctionnaire du service public et dévoué à l’idée républicaine d’éducation nationale.
    Caustique et populaire comme son homologue élyséen, David aime les gens et serre des mains par milliers, avec pour chacun une petite blague bien sentie, pas toujours du meilleur gout.
    Se conciliant les amitiés des sciences-pistes les plus opposés, patient avec le militant de l’UNEF, cynique avec le futur énarque et queer avec les garces, « le candidat de la maison » a réussi à se ménager, après des années d’enseignement et d’omniprésence dans les couloirs de Sciences Po, une armée d’étudiants dont il est à la fois l’idole et le bouffon.

      David Colon, un flamby en Boutmy ?

    La continuité c’est maintenant : David n’est pas frondeur, il ne révolutionnera pas Sciences Po, ne baissera pas le prix du chocosuisse et ne délocalisera pas le premier cycle en province.
    Sans trancher la gorge des Goliath universitaires, il poursuivra sans doute l’œuvre du Prédécesseur, continuant à répandre la bonne parole de la marque Sciences Po aux quatre coins du village monde, en transformant l’école en campus américain pour répondre aux nouvelles exigences de la concurrence mondiale des universités.
    Son slogan : « Pour une gouvernance exemplaire et une gestion irréprochable ». A noter le double emploi de synonymes pour faire croire à la diversité d’un projet qui finalement se résume en un mot, bien suffisant quand on a lu le rapport de la Cour des Comptes : TRANSPARENCE.

    Et en effet, si l’empire Descoings fut caractérisé par l’efficacité et la multiplicité des réformes, le règne du roi David aurait besoin d’être marqué par la transparence et la stabilité.
    Une « normalisation » au sommet ne ferait pas de mal à une école secouée par les scandales.

    Alors, bien sûr, Berengere n’est pas Trierweiler, Sciences Po n’est pas l’Elysée, et les comparaisons les plus brèves sont souvent les meilleures.
    Mais tout de même, il semble qu’il y a dans la démarche coloniste quelque chose du « hollandisme révolutionnaire », souplesse d’esprit, modération et finesse politique incluses.

    Attention toutefois, David, plaire à tout le monde est plus périlleux qu’on n’oserait le penser, et à chercher trop la collégialité et le consensus, le risque est bien de passer de la stratégie du Boutmy à l’impuissance du Flamby.

    Julie Daubié

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  • 3A

    Oui, enfin ces 260 propositions auraient très bien pu être réduites 100, cela aurait encore été moins surfait! Il y en a beaucoup qui se réduisent à des voeux pieux, et l’on cherche un peu de concret là-dessous. Si ce programme prouve quelque chose, c’est que David Colon est bien de chez nous: sa maîtrise du pipo est exceptionnelle!

  • Alex

    Il ne s’agit pas de prendre qui que ce soit pour le messie, juste de considérer que ses 260 propositions témoignent d’une vraie vision et d’une vraie connaissance de Sciences Po. Et puis sa candidature peut faire souffler un vent nouveau sur l’élite française, qui pourrait enfin se débarasser de ces vieux énarques grabataires qui ont fait tant de mal à notre pays

  • rodolphe atulence

    n’importe quelle personne peut revendiquer le même programme démagogique. copié-collé des articles bien pensants et du programme unef.
    seulement, tout le monde n’a pas la figure charismatique d’un directeur d’école. colon ne l’a pas. et qu’on vienne pas me parler du charisme d’hollande, dont les compétences sont au moins avérées par le parcours d’exception. ce n’est pas le cas de colon.

  • 3A

    Enfin une vision dépassionnée de cette candidature! Rien n’est plus agacant que ces étudiants qui ont l’air de tenir David Colon pour le messie.

    Merci!