Vous avez dit « SMASS »?

il y a 9 mois par dans Vie du campus

« Ce qui manque à Sciences Po, c’est les maths ». Voilà ce que répond Valentin, tout juste arrivé en première année et étudiant en double cursus Sciences Po – Paris I, dès lors qu’on le questionne sur ses motivations pour avoir choisi cette voie, communément appelée « SMASS ». « Les sciences sociales ne dispensent pas, à mon avis, une formation assez complète. Je voulais faire Sciences Po depuis longtemps déjà, mais l’aspect non scientifique me déplaisait, je craignais de me fermer des portes. SMASS a été pour moi la solution parfaite : pas de compromis à faire entre les maths et les sciences sociales, grâce à ce double cursus je fais ce que j’avais exactement envie de faire » complète Marc-Antoine, un autre étudiant du bi-cursus.

Source : http://www.smass.org

Source : http://www.smass.org

S.M.A.S.S. est le sigle du double cursus : S pour Sciences Po, MASS pour la licence de Mathématiques Appliqués aux Sciences Sociales dont les cours sont dispensés à Paris I. Les étudiants dépendent donc des deux institutions : ils suivent le tronc commun à Sciences Po, et en même temps, les cours de mathématiques, mais aussi d’informatique à Paris I. Forcément, les emplois du temps sont plus complets : environ une trentaine d’heures par semaine (cela dépend des semestres) qui paraissent un monde en comparaison avec la vingtaine d’heures des étudiants en cursus normal à Sciences Po. Mais cet engagement supplémentaire n’est pas vain et est récompensé par l’obtention, au terme des trois années, du Bachelor de Sciences Po mais aussi de la licence MASS délivrée par Paris I. Les étudiants profitent également de tout les avantages qui peuvent être liés à l’une ou l’autre des institutions : ainsi, les bi-cursus SMASS partent, comme tous les étudiants de Sciences Po, passer leur troisième année d’études à l’étranger. Valentin rajoute également : « C’est sûr que l’investissement est plus intense qu’en cursus normal, la charge de travail est double. Mais au final, tout est double: double charge de travail, pour double diplôme, pour doubles débouchés. On y gagne ! Il suffit de faire preuve de rigueur dans son organisation et de rester motivé » .

 

Double diplôme ou prépa ?

Mais alors, ce double diplôme ne se rapprocherait-il pas dangereusement de la classe prépa ? A l’unanimité les deux étudiants répondent : « Non. Avec SMASS on peut avoir un engagement associatif, continuer à pratiquer le sport qu’on aime ou faire de l’art… Évidemment que notre temps libre n’est pas illimité, mais évidemment aussi que nous en avons. » Valentin ajoute alors une petit anecdote « Je suis dans un foyer à Paris. Je sors fumer une clope l’autre soir et arrive une étudiante de prépa. Elle fume sa cigarette à toute allure en me disant qu’elle a pas le temps de s’éterniser… Je la regarde amusé et continue à prendre mon temps, et me disant que je suis vraiment content d’avoir été reçu en SMASS ! ». SMASS apporte aussi une ouverture culturelle et intellectuelle que ni la classe prépa, ni l’université, ni Sciences Po n’apporte : le fait d’être sur plusieurs sites, par exemple. « D’accord Sciences Po, dans le 7ème, on peut pas rêver mieux pour étudier, mais ça fait aussi du bien de sortir et de se rendre compte que le 7ème c’est pas forcément représentatif de tout Paris, et de prendre du recul par rapport au confort inimaginable que l’on peut avoir à Sciences Po ! Les locaux ne sont vraiment pas comparables entre Paris I et Sciences Po…et c’est tant mieux ! » commente Marc-Antoine.

 

Sciences Po ou Paris I ?

Bien qu’ils soutiennent être satisfaits de l’ouverture que peut apporter le double cursus, Valentin et Marc-Antoine ne nient pas non plus se sentir tout de même plus Sciences Po que Paris I. « Déjà, quand on arrive ici, on est tout de suite mis dans le bain de Sciences Po avec le stage d’intégration, les premières soirées étudiantes… Et puis nous, en double cursus, on a droit a une intégration très spéciale ! » raconte Marc-Antoine. Le mystère sur cette intégration exceptionnelle est vite levé : chaque étudiant en première année de bi-cursus a un parrain en deuxième année. Des journées d’intégration sont aussi organisées uniquement pour les double cursus. Valentin sourit à l’évocation de cette journée « Je ne pensais pas que j’allais gagner de l’argent, et puis finalement si. On était dans le bois de Vincennes, on devait aller voir les passants avec des tartes à la crème et leur demander deux euros pour qu’ils nous l’explosent au visage…c’est là qu’on se rend compte à quel point ça doit être drôle, on a récolté une sacré somme ! » L’ambiance est réputée pour être très bonne au sein du double cursus, l’esprit de triplette étant encore renforcé par les cours à Paris I, et par les difficultés supplémentaires auxquelles il faut faire face. Par ailleurs, l’esprit Sciences Po est renforcé par le fait que la plupart des étudiants SMASS sont admis par la procédure Sciences Po : admission à l’écrit ou sur dossier puis admission à l’oral. Cette année, sur trente-huit étudiants admis, sept seulement sont passés par Paris I.

 

Un précieux sésame

Les débouchés sont multiples : cependant les étudiants sont tout de même disposés à continuer leurs études dans l’économie. Grand nombre de masters peuvent leur correspondre à Sciences Po, tels que  « economics and public policy » ou encore « finance et stratégie ». Les masters à Paris I leur sont aussi ouvert. Prenant conscience que l’économie est tout de même la voie prédéterminée, Sciences Po et Paris I ont créé un double master entre les deux institutions, recrutant pour l’essentiel des promotions des étudiants issus de la double licence. La première année se déroule dans le cadre du « Master Quantified Economics Methods » à Paris I, avec un semestre à l’étranger, alors que la deuxième année est suivie dans le « Master in Economics » à Sciences Po. Comme pour la licence, à l’issue des deux ans, les étudiants sont diplômés des deux institutions. Le double diplôme est la voie royale pour travailler dans la rechercher en économie. Néanmoins, ce n’est absolument pas un prolongement obligatoire à la licence. Par ailleurs, SMASS étant un cursus créé il y a seulement cinq ans, il est difficile d’établir une étude précise sur le cursus type d’un étudiant de la filière. Environ la moitié de la seconde promotion envisage de poursuivre en double master. Le cursus SMASS est dans tous les cas un cursus en expansion : les quatre premières promotions comptaient une vingtaine d’étudiants chaque année. Pour cette année 2013-2014, c’est trente-huit étudiants qui ont été admis, soit le double. Très demandé, le cursus prend de l’ampleur.

 

Lorsqu’on leur demande ce qui, d’après eux, les a différenciés des autres, Valentin et Marc-Antoine répondent : « On voulait faire Sciences Po tout en faisant des maths. On était vraiment motivés… on s’est dit que fallait tenter, on a tenté, on est ici. Et on est vraiment satisfaits ».

 


Similaire à

Les MOOC, ou comment Sciences Po tente de s’imposer dans « l’espace mondial »

 « L’innovation pédagogique actuellement, se déroule sur les MOOC » annonce Dominique Boullier, coordinateur scientifique du MediaLab , dans une vidéo mise en ligne sur le site de Sciences Po. Le ton est donné : bientôt vous ne pourrez ignorer le sens du mot MOOC sans être marqué du sceau de la ringardise la plus absolue. Les MOOC (acronyme de […]

Eve Aubisse

Etudiante en première année, cursus normal.

  • Published: 5 articles

4 Réponses à “Vous avez dit « SMASS »?”


Antoine
10 octobre 2013 Répondre

Appréciation :

Les ENSAE/SciencesPo et les SMASS sont les seuls réellements équipés pour le monde de demain.
Désolé pour les autres.

(je ne suis ni l’un, ni l’autre)

Matthieu
10 octobre 2013 Répondre

Appréciation :

Intéressante ton appréciation. Mais tu pourrais m’expliquer ce que c’est que le monde de demain?

Scube
15 octobre 2013 Répondre

Appréciation :

@Antoine, nope il y a les scubes aussi ! Ils peuvent même valider une licence de maths !

Jean
22 octobre 2013 Répondre

Appréciation :

Il n’y a pas qu’ENSAE et smass qui dispensent ce genre de compétences, et il y en a de bien plus connus ! Par exemple les Masters de mathématiques appliqués à la finance à Paris VI ou VII.

Laisser un commentaire