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Benoît Hamon, le « rassembleur » de la gauche ?

 Il y a bientôt un an, nous interrogions Benoît Hamon lors du Grand Oral. Quid du chemin parcouru depuis ?

A l’heure où la gauche est plus divisée que jamais, se pose cependant la question des candidats à la primaire du 17 janvier prochain. Elle mettra en lice la « gauche de gouvernement »‘ qui est constituée du PS, du Parti radical de gauche (PRG) et des écologistes pro-gouvernement, afin de désigner leur candidat à l’élection présidentielle de 2017. Face aux quatre personnalités ayant annoncé leur participation, Benoît Hamon tente de conjuguer désaccord envers les décisions de l’exécutif et ancrage dans la lignée du Parti socialiste. Mission impossible ? La Péniche vous dresse le portrait de celui ayant pourtant l’ambition de « rassembler la gauche » à l’aube de la primaire.

Benoît Hamon lors du Grand Oral, photographie: Yann Schreiber

Benoît Hamon lors du Grand Oral, photographie: Yann Schreiber

 

Un programme centré sur les questions sociales

Tout d’abord, le député des Yvelines propose un certain renouvellement pouvant raviver les espoirs déçus de 2012. Son programme très orienté vers les questions sociales considère que le gouvernement a essuyé un échec concernant leur gestion. Celui-ci parle ainsi de créer un revenu universel d’existence, de réduire le temps de travail mais aussi d’abroger la loi travail qui selon lui « fragilise les salariés ». Il le dit, il souhaite centrer sa campagne sur « des questions importantes comme le chômage ou la pauvreté ».

 

Une volonté de remédier au sentiment de trahison de tout un électorat

Cette aspiration est cohérente avec le désir de regagner la confiance d’une grande partie de l’électorat de gauche qui n’a cessé de se sentir trahi, que ce soit pour la déchéance de nationalité, la loi travail ou encore l’utilisation jugée abusive du 49.3. Benoît Hamon souhaite aujourd’hui reconquérir toute cette frange de la gauche en lui proposant un retour vers davantage de socialisme, proposé comme un changement de cap face aux décisions gouvernementales. Il souhaite ainsi « dépasser l’angoisse identitaire » en se reconcentrant notamment sur les problèmes sociaux cités précedemment.

 

Il n’est aujourd’hui pas le seul à vouloir incarner une gauche différente

Cependant, les similitudes de son programme avec d’autres candidats font qu’il n’est pas aujourd’hui le seul potentiel visage d’un renouvellement des idées au Parti socialiste. On pense notamment à l’ancien Ministre de l’Economie Arnaud Montebourg avec qui il partage un certain nombre d’idées comme celle de refonder le système démocratique. Les deux se positionnant aujourd’hui à la gauche du Parti, ils officient pour un même électorat, pouvant créer d’éventuelles divisions qui nuiraient à leur candidature.

 

Des questions qui restent en suspens

On peut se demander concernant les idées de Benoît Hamon, comment celui­-ci sera capable de les faire valoir face à une droitisation de l’échiquier politique quand la campagne présidentielle s’annonce très axée sur les questions identitaires et de terrorisme. De même, François Hollande, au moment de son élection parlait lui aussi de chômage et de pauvreté. Malheureusement, il a échoué dans sa lutte contre ces derniers. Ainsi, celui-ci pourrait, même s’il est élu, ne pas être en mesure de faire ce qu’il promet et ternir un peu plus les espoirs socialistes.

D’autre part, il est possible de s’interroger sur son souhait de rassembler la gauche et son aspect réaliste. En effet, le Parti est aujourd’hui clairement divisé et les idées des uns et des autres paraissent peu conciliables. On peut ainsi se demander si Benoit Hamon fera le choix d’un consensus pour tenter d’être réellement le candidat de toute la gauche, ne pouvant alors que peu se démarquer du gouvernement en fonction. Ou bien si, au contraire, il décidera d’assumer ses idées jusqu’au bout, symbolisant alors le retour d’une « véritable » gauche sociale.

 

Une candidature en demi-teinte

Au final, c’est une candidature soulageant une partie conséquente de l’électorat qui s’inquiétait de ne voir comme potentiels candidats à la primaire socialiste que des politiques considérés comme « traîtres » à ce qu’ils estiment être la « vraie gauche » (François Hollande, Manuel Valls ou Emmanuel Macron). Néanmoins, comme mentionnées plus haut, certaines incertitudes viennent assombrir l’espoir d’un véritable renouveau. Si « le changement, c’est maintenant » a déjà eu son temps, gageons que l’innovation sera, et devra être au cœur de la campagne de Benoît Hamon pour se démarquer.