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Tribune : pour une campagne BDE et une vie associative propres

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La Péniche donne la parole aux syndicats étudiants, aux sections des partis politiques et aux étudiants souhaitant publier un texte ou une tribune. Nos colonnes leur sont ouvertes pour publier tribunes et droits de réponse dans notre rubrique « Tribunes« . La position  des auteurs de ces tribunes n’engage pas la rédaction de La Péniche.  Aujourd’hui,un collectif d’étudiants et des responsables associatifs signe une tribune pour réclamer plus de transparence dans la gestion financière du BDE et des associations de l’école. 

Tous les ans, la campagne pour l’élection du Bureau des Elèves déchaîne les passions, transcende les masses, transforme d’aimables petits sciences-pistes en une horde de loups prêts à tout pour profiter de ces quatre jours de fête et de joyeux clientélisme. Tous les ans, nous nous retrouvons en Péniche pour des petits déjeuners gratuits, des photomatons, des goodies à gogo… Un temps fort de la vie associative.

Mais, dans l’entremêlement des cris de joie des vainqueurs et des sanglots des déçus, un vague relent subsiste parfois après l’atmosphère enfiévrée de la campagne… comme un germe… un doute dans nos esprits… une remarque en passant, une petite phrase de rien, qui enfle et gronde… La rumeur.

C’est quelqu’un qui m’a dit…

Oui, chaque année les accusations entre les listes sont nombreuses, surtout depuis qu’un plafond de dépenses a été fixé par l’administration. On s’accuse mutuellement d’avoir triché, d’avoir été opaque sur la trésorerie, d’occulter des financements dignes de Bygmalion. Une coutume qui résiste encore et toujours à l’envahisseur de la transparence.

À y regarder de plus près, on voit bien que ce souci ne se limite pas à la campagne BDE. Dans les associations, chaque année, des affaires sont étouffées ou traitées avec légèreté dès lors qu’il s’agit de gestion financière. Nous aurions aimé citer dans cette tribune les affaires que nous avons entendues, au détour d’un couloir, la conversation près de la machine à café avec “des gens bien informés”… mais nous ne dirons rien Nous ne dirons rien car notre but n’est pas d’accuser qui que ce soit. Comme toujours dans ce domaine, la diffamation n’est jamais bien loin, en témoignent les nombreux refus de commentaires et l’absence de preuves tangibles pour nourrir cette tribune.

Car même s’il ne s’agit que de rumeurs, peut-on réellement se permettre d’avoir le moindre doute quant à la régularité des trésoreries des associations dont le financement (bien qu’en baisse ces dernières années) dépend, en partie tout du moins, de Sciences Po ? Financement de Sciences Po permis, entre autres, par nos frais de scolarité et par l’argent public ; alors même que nous sommes, chaque jour, exposés à ces enjeux de transparence et d’honnêteté intellectuelle ? Sciences Po et ses étudiants n’ont-ils pas un droit de regard sur la gestion de la vie associative ?

Pour plus de transparence dans la gestion financière des associations

Loin de nous l’idée de créer un tribunal populaire pour lyncher tout dirigeant associatif qui dérogerait à la sacro-sainte règle de la transparence.

Nous voulons simplement réaffirmer la devise des compagnons du Devoir : “servir sans s’asservir ni se servir”, principe qui a notamment été repris par Annie Podeur, présidente du jury de l’ENA dans son discours de bienvenue (session 2012). À l’heure de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique, peut-on encore, à Sciences Po, faire l’économie de ces vérifications élémentaires ?

Faisons nôtres les principes de déontologie, d’éthique, d’honnêteté intellectuelle ; qu’ils ne soient non plus synonymes de contraintes, mais une source de fierté. À ce titre, nous tenons à saluer la démarche de l’administration et des syndicats étudiants, qui ont déjà fourni des efforts en permettant, depuis la rentrée 2014, aux responsables associatifs de suivre une formation en gestion.

Cependant, force est de constater, face aux rumeurs qui déjà bruissent dans les couloirs, que ces mesures ne vont pas assez loin.

Listes BDE : montrez l’exemple !

Nous encourageons donc les listes BDE en lice pour cette année à initier le mouvement pour une campagne “propre” afin de mettre la transparence au goût du jour à Sciences Po. Nous leur proposons de s’engager à :

  • Respecter solennellement le plafond maximal de la campagne qui s’élève à 12 000€ 
  • Mettre en ligne les factures, les conventions des partenariats établis dans le cadre de leur campagne ainsi que les relevés de comptes 
  • Déclarer et chiffrer rigoureusement les activités “hors les murs” de la campagne qui sont plus facilement susceptibles à la fraude (ex: petits déjeuners, boissons, etc.) 
  • Associer les trésoriers des listes à la vérification de la régularité des comptes par la Commission Paritaire 
  • Publier, une fois élu, le budget du BDE pour chaque semestre.
  • Par ailleurs, nous souhaitons engager une réflexion de long terme avec les responsables associatifs afin qu’ils rendent public l’état de leur trésorerie, suivant le principe de l’ ouverture des données (open data). Nous suggérons également que l’administration apporte des réponses plus fermes face aux cas litigieux
  • Que les responsables d’associations subventionnées par Sciences Po fournissent chaque semestre (contre chaque année actuellement, et ce pour assurer un meilleur suivi et une tenue à jour des registresà l’administration un justificatif de l’état de leur trésorerie corroboré par un relevé de compte détaillant recettes et dépenses.

Nous espérons très sincèrement que cette remise en question sera engagée à Sciences Po par tous les acteurs de la vie associative, et que la commission mixte paritaire voudra bien reconsidérer le plafond des dépenses de la campagne BDE à la baisse. Nous comptons sur les listes BDE pour lancer ce mouvement et jouer pleinement le jeu de la transparence durant cette campagne.

Signataires (par ordre alphabétique) :

Perrine Gernez & Tancrède Wattelle, co-auteurs

David Abdelkader-Corrihons, campus de Paris

Lina Alaeddine, secrétaire générale du BDE SciencesPo

Stan Barthélémi, trésorier de l’UMP Sciences Po

Manon Bellon, campus de Paris

Victor Ben-Ayed Delgrange, campus de Paris

Camilla Benghezal, campus de Paris

Guillaume Casel, co-respo chroniqué ciné La Péniche

Anouch Carracilly-Phillips, campus du Havre

Manon Chonavel, secrétaire de section du PS Sciences Po

Joséphine de Leusse, responsable communication numérique de La Péniche, ex-membre de liste BDE

Paul-Émile Delcourt, ancien rédacteur en chef de La Péniche, CrossWorlds

Marine Denis, présidente de l’UDI Sciences Po

Mathilde Duclos, présidente du « BDE » des PSIA, trésorière de Scoubidoo

Ariane Forgues, responsable communication de l’UDI Sciences Po

Alex Gadré, Écolos Sciences Po

Marion Germa, présidente et fondatrice d’Aide & Conseils Sciences Po

Laura Green, campus de Poitiers

Paola Grondin Duboscq, 2è Prix du Prix Philippe Séguin 2015, ex-membre de liste BDE

Ewen Huet, MJS Sciences Po

Caroline Jeanmaire, présidente de Sciences Po Environnement

Alexandre Larroque, ex-rédacteur en chef du Mag de La Péniche

Marie Legrand, Sciences Polémiques

Charles-Hugo Lerebour, co-fondateur de France Po 

Quentin Navaro-Auburtin, SPIV

Mona Oiry, ancienne secrétaire générale du BDA

Marie-Camille Olivier, présidente de Scoubidoo

Thomas Papin, responsable musique de La Péniche, pôle communication de SoundSystems Sciences Po

Caroline Robert-Alligier, campus de Dijon

Davy Rodriguez de Oliveira, co-fondateur de CRE

Juliette Savie, ex-présidente de liste BDE

Pierre Schlegel, trésorier de l’UNICEF Sciences Po, Centre Saint-Guillaume

Sacha Straub-Kahn, responsable vie étudiante « Sciences Po TV », ex-membre de liste BDE

Camille Tchounikine, MJS Sciences Po

Nicolas Thervet, SPIV

Luca Vergallo, campus de Paris

Loïc Wable, ancien président de SciencesPoker

 

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  • farfelurence

    En réalité, que ce soit pour le BDE, pour les listes, ou pour toute autre association, l’administration ne vérifie pas que la gestion financière se fait correctement, elle s’en fiche complètement. Il existe des fraudes qui ne respectent pas le règlement établi par Sciences Po, voire carrément la loi.
    Il faudrait, donc, que j’explique à mes parents que quelqu’un m’a dit que leur argent est détourné et sert des fins personnelles. Ils sont sympas ces personnes qui se présentent devant l’amphi Boutmy en gardant la tête haute alors que, la veille, notre argent leur servait à consommer de l’alcool en boîte.